Une panoplie d’annonces ont causé un véritable tremblement de terre dans le monde financier, démontrant que la fin de l'industrie pétrolière et gazière se rapproche alors que le rythme de désinvestissement s'accélère.

 

La journée a commencé avec l’annonce d’AXA, le troisième plus grand assureur au monde, qui annoncé le quadruplement de ses investissements verts à 12 milliards d’euros en 2020 en plus d’annoncer plus de trois milliards d’euros de désinvestissements supplémentaires des compagnies de charbon et de sables bitumineux- incluant les pipelines et TransCanada, Enbridge et Kinder Morgan! Aussi, AXA n’assurera plus AUCUN projet de construction de centrale à charbon ni d’entreprise d’extraction de sables bitumineux et de pipelines. De son côté, la Banque Mondiale a annoncé qu’elle ne financera plus l’exploration et l’exploitation de pétrole et de gaz après 2019! À ces deux annonces s'ajoutent également une panoplie d'autres annonces récentes allant dans le même sens!

La mobilisation porte fruit

Avec son annonce, AXA établit un nouveau standard mondial pour les acteurs de l’industrie financière qui se disent préoccupés par le respect de l’Accord de Paris et des droits humains. Étant la huitième institution financière à se distancer des sables bitumineux, AXA prouve que l’effet domino du désinvestissement des pipelines et des sables bitumineux s’accélère dans le monde. La mobilisation des communautés et des groupes porte ses fruits avec les institutions financières qui sont de plus en plus nombreuses à abandonner ces projets à hauts risques pour leur réputation et leurs finances.

Desjardins traine de la patte 

L’annonce d’AXA nous rappelle que Desjardins doit revoir sa décision de continuer à financer les projets à hauts risques que sont les pipelines des sables bitumineux comme le projet d’expansion de Trans Mountain de Kinder Morgan. La coopérative tire de patte et se retrouve désormais derrière les nombreuses institutions financières qui ont désinvesti. En effet, c’est une nouvelle preuve que l’intérêt envers le pétrole le plus polluant du monde et les projets de pipelines qui y sont dédiés diminuent à vue d’oeil. Ces projets n’ont pas d’avenir dans un monde qui se doit d’être sobre en carbone et de respecter les droits des Premières Nations.

Même la Banque Mondiale largue les fossiles

Souhaitant s’aligner sur les objectifs de l’accord de Paris, la Banque Mondiale a pour sa part annoncé qu’elle ne financera plus l’exploration et l’exploitation de pétrole et de gaz après 2019! Après l'annonce historique du fonds souverain de la Norvège, la Banque mondiale - l'une des institutions financières les plus puissantes au monde – exprime un vote de non-confiance à l’industrie des combustibles fossiles. Rappelons qu’en novembre, la Banque de Norvège, qui gère le plus gros fonds souverain du monde, avait aussi déclaré souhaiter “limiter la vulnérabilité du royaume aux évolutions rapides des cours des hydrocarbures” et sortir du gaz et du pétrole pour protéger les générations futures.  Les institutions financières comme Desjardins et la Caisse de dépôt et placement doivent en prendre bonne note et décider si leur financement va faire partie du problème ou de la solution. Pour l'instant, ils font partie du problème.

Les sables bitumineux, parmi les premières victimes

Bien que leurs mesures manquent d’ardeur, la Société Générale et Natixis ont aussi respectivement annoncé leurs propres mesures vendredi dernier et hier, précédées par celles du Crédit Agricole jeudi, et se sont toutes trois engagées à renoncer au financement des projets de pétrole des sables bitumineux. Avant elles aussi, en novembre, la U.S. Bank  avait décidé de retirer son financement des pipelines de sables bitumineux et en octobre, la banque française BNP Paribas avait déclaré qu’elle « cesse ses relations avec les acteurs dont l’activité principale est le  pétrole issu des sables bitumineux ». En juin, la banque néerlandaise ING avait confirmé qu’elle exclurait le financement des pipelines de sables bitumineux et le plus important fonds de pension suédois (AP7) avait  aussi annoncé qu’il désinvestit de TransCanada en raison du fait que les pipelines qu’elle propose sont incompatibles avec l'Accord de Paris.

Il est plus que temps que Desjardins et la Caisse de dépôt et placement rattrapent leur retard.

Appelez ou écrivez à Desjardins pour leur dire de laisser tomber les pipelines!

Demandez à la Caisse de dépôt de sortir du carbone!