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L’oléoduc Énergie Est

TransCanada souhaite construire l'oléoduc Énergie Est qui permettrait aux pétrolières d’augmenter drastiquement la production et l’exportation du pétrole issu des sables bitumineux. Objectif : acheminer 1,1 million de barils de pétrole brut par jour depuis les sables bitumineux de l’Alberta et l’Ouest du continent vers l’Est du Canada et les ports d’exportation. Ce projet implique de convertir un gazoduc de 3000 km et vieux de 40 ans à certains endroits en un oléoduc en plus de construire un nouveau, long de 1600 km qui partirait près de la frontière ontarienne pour traverser le Québec et se rendre à un terminal maritime à Saint John, au Nouveau-Brunswick (Baie de Fundy).

Un port pétrolier devait également être construit à Cacouna dans le Bas-Saint-Laurent, mais le projet a été abandonné grâce à la forte mobilisation citoyenne pour protéger la population des bélugas qui s’y trouve. Toutefois TransCanada veut toujours exporter jusqu’à 270 000 barils de pétrole par jour depuis le Québec, le reste le serait à partir de Saint-John au Nouveau-Brunswick.

D’une longueur totale de 4600 km, l'oléoduc Énergie Est traverserait 6 provinces et deviendrait l’un des plus longs au monde, plus long et plus large encore que le projet Keystone XL qui a été rejeté aux États-Unis.

 

Carte du tracé

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Source : Transcanada

Principales préoccupations

Incompatibilité avec les objectifs climatiques du Québec et du Canada

  • À lui seul, cet oléoduc permettrait d’augmenter la production des sables bitumineux de près de 40%, soit l’équivalent d’ajouter sept millions de véhicules au Canada et de balayer du revers de la main les efforts qui sont faits dans la lutte aux changements climatiques.

  • Selon une étude parue dans la revue Nature, 85% des réserves de sables bitumineux du Canada devront rester sous terre pour que le Canada fasse sa juste part pour limiter le réchauffement climatique à 2°C.

  • Le Canada s’est engagé à réduire ses émissions de 17% par rapport au niveau de 2005 d’ici 2020, mais il prévoit plutôt atteindre une maigre réduction d’à peine plus de 1%.

  • Si rien n’est fait le Canada passera aussi à côté de son très timide objectif de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre de 30% (par rapport au niveau de 2005) d’ici 2030 et l’industrie des sables bitumineux sera la grande responsable.

  • Si le Canada est sérieux dans son objectif de maintenir le réchauffement climatique sous la barre des 2°C par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5 C par rapport aux niveaux préindustriels, il doit refuser l’oléoduc Énergie Est.

Un projet mauvais pour l’économie du Québec

  • Cet oléoduc serait essentiellement voué à l’exportation. Environ 80% du brut qu’il transportera sera acheminé sans raffinage vers des pétroliers pour être exporté en Inde, en Europe et aux États-Unis.

  • Énergie Est ne sera pas avantageux pour les économies locales. Selon TransCanada, seulement 15 emplois directs à long terme seraient créés au Québec.

  • En acceptant d’être un intermédiaire pour les sables bitumineux, le Québec verrait surtout augmenter ses externalités négatives sur les plans de l’environnement et des risques.

  • Les coûts associés à un déversement de cet oléoduc qui passe à proximité de grandes populations pourraient aller jusqu’à 10 milliards de dollars. Or, la limite de responsabilité en l’absence de preuve de faute ou de négligence est établie à seulement un milliard de dollars pour les compagnies exploitant des oléoducs.

  • Les risques de déversement sont importants et entraîneraient des conséquences quasi-irréversibles, que ce soit pour nos sources d’eau potable, pour les communautés autochtones, pour les écosystèmes touchés, pour l’industrie de la pêche et du tourisme ou pour nos terres agricoles.

Des risques de déversements beaucoup trop importants

  • Le projet de pipeline Énergie Est de TransCanada menace la qualité de l’eau potable de plus de cinq millions de Canadien(ne)s, dont plus de trois millions de Québécois(es).

     

  • Énergie Est traverserait 155 communautés des Premières Nations au Canada et 830 cours d’eau uniquement sur la section québécoise de son tracé.

  • Du Manitoba au Nouveau-Brunswick, près de 3 000 lacs, cours d’eau et aquifères dont dépendent des millions de Canadiens pour s’approvisionner en eau potable seraient menacés de déversements d’hydrocarbures.

  • Un déversement de pétrole en présence de glaces mouvantes, comme on connait sur le Saint-Laurent, rendrait la récupération du pétrole presque impossible.

  • Énergie Est transporterait du pétrole sous forme de bitume dilué (dilbit), qui est beaucoup plus visqueux, qui coule dans le fonds de l’eau, qui serait beaucoup plus difficile à récupérer en cas d'accident et qui multiplie les difficultés de nettoyage par 10.

  • En cas de déversement dans la rivière Etchemin, l’oléoduc pourrait déverser jusqu’à 3,6 millions de litres de pétrole. Au total, 348 kilomètres de rives seraient souillés par le pétrole, dont plus 200 sur le Saint-Laurent.

  • Seulement 17% des fuites sont identifiés via les salles de contrôle des oléoducs. Ce sont paradoxalement les membres du public et les intervenants d’urgence qui sont les plus susceptibles de détecter les fuites.

  • Selon le  Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST), les oléoducs ne sont pas plus sécuritaire que les trains pour transporter le pétrole.

  • Le système de détection automatique d’Énergie Est serait en mesure de détecter les fuites à partir d’une taille de 1,5% à 2% du débit. Une fuite de 1,5 % du débit risquerait donc de ne pas être décelée par le système et pourrait continuer à fuir pendant des jours, voire des semaines.

Énergie Est n’est pas socialement acceptable

  • 71% des Québécois croient que la protection du climat est plus importante que la construction d’Énergie Est et l’expansion des sables bitumineux
  • Six Québécois(es) sur dix s’opposent à Énergie Est.

  • 25 000 personnes ont pris part à la marche Action Climat en avril 2015 à Québec pour dire « Oui au climat. Non aux sables bitumineux! »

  • Plus de 250 000 signatures ont été récoltées sur les pétitions de Greenpeace, Équiterre, Nature-Québec et d’autres organismes environnementaux dans l’opposition à Énergie Est.

  • Près de 300 municipalités du Québec se sont déjà prononcées contre le projet.

Si ce projet est accepté, cela participera à consolider la rentabilité et les perspectives d’expansion des sables bitumineux. En refusant Énergie Est, le Canada facilitera la recherche de solutions de rechange à l’expansion des sables bitumineux.

Greenpeace croit que nous sommes à un point tournant et devons faire des choix déterminants quant à notre modèle de développement.

La seule raison d’être des projets comme Énergie Est est de maximiser les profits de l’industrie pétrolière en dépit des risques environnementaux et de l’aggravation des changements climatiques.

Nous devons dire NON à leurs énergies sales et OUI aux énergies renouvelables !

 

Plus d’infos / Ressources  

Rapport: « Énergie Est : La menace des sables bitumineux dans l’Atlantique »
Mémoire Enquête et audience publique sur le projet d'oléoduc Énergie Est de Transcanada
Rapport : "Énergie Est : une menace à l’eau potable"
Mémoire de Greenpeace  sur le projet Énergie Est présenté à la Commission environnement de la Communauté Métropolitaine de Montréal
Rapport “Ce que vous devez savoir sur la venue du pétrole de l’Ouest au Québec
Transport et traitement du pétrole brut des sables bitumineux au Québec : enjeux économiques
TransCanada exagère largement la capacité d’Énergie Est à réduire les importations pétrolières d’outre-mer
10 raisons de s’opposer à Énergie Est
Énergie Est : les implications climatiques  (en anglais)
L’Oléoduc Énergie Est de TransCanada, un projet voué à l’exportation qui n’apporte RIEN à l’économie nationale
Mise en service de l’oléoduc Énergie Est de TransCanada :  Impacts d’un déversement sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal
Énergie Est : Quand le pétrole et l’eau se rencontrent
Portrait des personnes affectées par l’oléoduc
Le Saint-Laurent, artère pétrolière?
Guide du CQDE sur les enjeux juridiques de l'implantation d'un oléoduc au Québec
Un désastre en double : Le transport du bitume tiré des sables bitumineux menace le lac Saint-Pierre et le fleuve Saint-Laurent
Étude de la revue Nature sur l’impact du projet d’oléoduc Keystone XL sur l’augmentation de la consommation mondiale de pétrole et les émissions de gaz à effet de serre (en anglais)