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Le Québec peut encore choisir de ne pas adopter les OGM pour
des raisons, non seulement de sécurité alimentaire et de précaution pour
l’environnement et la santé publique, mais aussi comme stratégie
économique originale et viable de développement. Des choix similaires ont déjà
été faits au Québec dans le passé, comme celui de ne pas développer l’énergie
nucléaire.
Dans le contexte d’une division internationale du travail et de spécialisation,
il est important de faire des choix technologiques qui soient prometteurs et
porteurs à moyen et long termes au niveau économique, social et
environnemental. Dans ce cas, l’adoption et la spécialisation autour d’une «
grappe » agroalimentaire entièrement non-OGM comme développement économique et
durable semble bien plus approprié et judicieux pour le Québec que celle des
OGM agroalimentaires. Il ne faut pas se laisser imposer les OGM au nom d’un
quelconque déterminisme technologique dont les bases économiques sont ailleurs.
Le Québec doit éviter que les erreurs du gouvernement fédéral dans le secteur
des OGM agroalimentaires nuisent au développement économique et social du
Québec et à son environnement. Comme la nationalisation de l’électricité a été
un enjeu électoral dans les années 60, le développement de l’agroalimentaire
sans OGM doit être un des enjeux majeurs pour le Québec. La tenue d’une enquête
générique sur les OGM par le BAPE pourrait approfondir le débat entamé par les
consultations actuelles de la Commission de l’agriculture des pêches et de
l’alimentation. Mais, fondamentalement, c’est à nous tous, comme citoyens et
consommateurs, d’agir dès maintenant pour que l’on ait encore le droit de
choisir librement et rationnellement ce que nous mangeons et mangerons.