Yaounde, 13 mai 2026 – Le Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) a porté à 91 le nombre d’essences interdites d’exportation en grumes, et ramène à 23 celles qui restent autorisées sous statut d’essence de promotion, moyennant une surtaxe. Cette décision a été rendue publique par l’arrêté n° 0023/MINFOF du 28 avril 2026 portant actualisation de la classification des essences forestières relativement à l’exportation sous forme de grumes. Cette mesure s’inscrit dans la trajectoire devant aboutir à l’interdiction totale de l’exportation des grumes au 1ᵉʳ janvier 2028, conformément à la décision du Conseil des Ministres de la CEMAC du 23 février 2024.
Greenpeace Afrique salue cette initiative mais rappelle toutefois que pour assurer l’efficacité de cet arrêté, des mesures d’accompagnement doivent être mises en œuvre sans délai. L’échéance d’interdiction a déjà été repoussée à deux reprises, soit en 2022 et 2023.
Stella Tchoukep, chargée de campagne Forêt chez Greenpeace Afrique, a déclaré:
« Cette actualisation constitue une avancée majeure pour une gestion plus durable des ressources forestières du Cameroun et de la sous-région. Faire passer de 76 à 91 le nombre d’essences interdites d’exportation en grumes, et maintenir dans cette liste des espèces emblématiques comme l’Iroko, le Moabi, le Doussié rouge, l’Ayous/Obéché ou le Sapelli, c’est envoyer un signal clair : l’avenir de la filière bois camerounais se joue dans la transformation locale, pas dans l’exportation de la matière brute.»
Au-delà des enjeux de conservation, cette orientation pourrait également avoir des retombées économiques importantes pour le pays. « La transformation locale du bois peut générer plus d’emplois qualifiés, plus de recettes fiscales, plus d’expertise nationale et davantage de valeur ajoutée sur le territoire. Elle réduit dans le même temps la pression sur la ressource, en allongeant la chaîne de valeur de chaque tronc abattu,” ajoute Stella Tchoukep.
L’organisation rappelle toutefois que cette réforme ne produira des résultats durables que si elle s’accompagne de mesures concrètes pour soutenir les acteurs locaux de la filière bois. Cela passe notamment par des investissements dans la transformation industrielle, l’accès à l’énergie, les infrastructures et l’accompagnement des petites et moyennes entreprises du secteur. Greenpeace Afrique souligne également l’importance de garantir que cette transition profite aux communautés locales et autochtones qui dépendent directement des ressources forestières pour leurs revenus et leur sécurité alimentaire.
Parmi les essences interdites d’exportation, le Moabi maintient sa place. Son exploitation intensive avait fortement affecté les communautés locales et autochtones qui tirent une part substantielle de leurs revenus de la cueillette et de la commercialisation de ses fruits.
Au regard des enjeux, l’arrêté du Ministre des forêts ne produira d’effets réels que si l’État met en place, sans délai, les conditions structurelles d’une transformation locale digne de ce nom. “Le Cameroun a un choix historique à faire : celui de passer d’une économie d’extraction à une économie de transformation, de l’exportation de troncs à l’exportation de produits finis à forte valeur ajoutée. La signature de cet arrêté est un signal politique fort. Il appartient maintenant à l’État d’en faire un succès industriel, social et environnemental” conclut Stella Tchoukep.
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Stella Tchoukep, Chargee de la Campagne Foret. [email protected] , +237 6 94 59 06 79
Luchelle Feukeng Tabo, Chargée de la Communication et du storytelling, Greenpeace Afrique [email protected]/+237656463545


