14 Décembre 2018 (Katowice, POLOGNE) – Deux mois après la publication du rapport spécial 1,5 du GIEC et le cri d’alarme des scientifiques, les Etats réunis à la COP24 n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur une révision à la hausse de leurs efforts climatiques nationaux (NDCs). La COP24 échoue ainsi à remettre les Etats sur une trajectoire compatible avec un réchauffement à 1,5°C d’ici la fin du siècle, pourtant prévu par l’Accord de Paris. La France a, quant à elle, brillé par son absence en Pologne.

Les Etats ont même été incapables de trouver un consensus pour accueillir favorablement ce rapport du GIEC, qu’ils avaient pourtant eux-mêmes commandé lors de la COP21, et faire de la science l’arbitre de leurs décisions.

La directrice internationale de Greenpeace Jennifer Morgan a dit:

« 2018 a été l’année de désastres climatiques et d’avertissements terribles de la part des scientifiques les plus réputés au monde. Malheureusement, les gouvernements ont choisi de laisser tomber les peuples et d’ignorer la science et la détresse des plus vulnérables. Il ne suffit pas de reconnaître qu’il y a urgence climatique et d’adopter des règles pour l’action sur le climat pour lutter contre les dérèglements climatiques qui menacent des nations entières. Sans action immédiate, les meilleurs politiques ne serviront à rien. C’est ça que les gens voulaient mais les gouvernments n’ont pas assumé leurs responsabilités. C’est immoral, et ils doivent livrer des objectifs bien plus ambitieux au Sommet de l’ONU De 2019.  »

Le responsable de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace Canada, Patrick Bonin, soulève:

« C’est essentiel pour s’assurer qu’il y ait de la confiance entre les pays et que les pays arrivent à se doter d’objectifs encore plus ambitieux. Si les pays en développement n’ont pas l’impression que les pays développés sont en train d’atteindre leurs objectifs, c’est certain qu’eux ne voudront jamais faire davantage d’efforts ».

Par contre Greepeace déplore l’absence d’un plan crédible au Canada pour atteindre les cibles que le pays s’est fixées avec l’accord de Paris : « Ce n’est de toute évidence pas en achetant des pipelines et des trains pour acheminer et exporter le pétrole des sables bitumineux et en augmentant la production de pétrole et de gaz naturel comme il le prévoit que le Canada atteindra ses cibles », déclare M. Bonin.

Le fait que les Etats aient pu, malgré tout, adopter des règles d’application minimales pour l’Accord de Paris montre qu’une forme de multilatéralisme autour de l’enjeu climatique reste possible. Hélas, sans l’ambition nécessaire, cette diplomatie risque de perdre peu à peu de sa consistance.

Greenpeace demande aux Etats de se ressaisir rapidement et de renforcer drastiquement leurs efforts diplomatiques et politiques pour lutter contre le changement climatique et protéger les populations vulnérables. Ils doivent se présenter au Sommet Spécial des Nations Unis sur le climat, le 23 septembre 2019, avec de nouvelles feuilles de route revues à la hausse (NDCs) et des promesses de financement adéquates.

De nombreuses discussions de couloirs de la COP se sont focalisées sur la crise des gilets jaunes et la France a fait figure de contre-exemple pour son incapacité à mettre en œuvre une transition juste. La crédibilité française sur l’agenda climatique s’érode également du fait de ses mauvais résultats nationaux, avec des émissions en hausse et des objectifs en baisse. Jusqu’à maintenant, Emmanuel Macron manque à ses responsabilités, à savoir placer l’enjeu climatique au cœur d’un véritable projet de société.

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