20 avril 2018  (MONTRÉAL) –  Greenpeace dévoile aujourd’hui un rapport d’inspection de puits de pétrole et de gaz inactifs et-ou abandonnés qui a été réalisé en 2015 par l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA).

Ce rapport a été financé par le gouvernement du Québec qui a toujours refusé de le rendre public, malgré les demandes réitérées de plusieurs groupes. Greenpeace a d’ailleurs demandé ce rapport au MERN en vertu de la loi sur l’accès à l’information, mais la demande a été refusée. Greenpeace l’a néanmoins obtenu et a décidé de le divulguer, car les informations qu’il contient sont préoccupantes et sont d’intérêt public.

Ce faisant, Greenpeace exhorte le gouvernement à rendre public ce rapport et toutes ses annexes, incluant les formulaires d’inspection, les photos, les vidéos et tous les autres documents connexes qui lui ont été remis par l’AQLPA. Voici quelques extraits et résultats préoccupants contenus dans le rapport de l’AQLPA :

  • Sur “121 puits sous investigation, seulement 18 étaient visibles sans creuser”.
  • 31,4% des puits (soit 38 puits, incluant “34 puits qui ont dû être creusés et 4 puits qui étaient apparents sans creuser”) présentaient “des indices de fuites ou de problèmes” et nécessiteraient “un suivi plus attentif de la part des autorités responsables”.
  • Parmi les 57 puits qui ont été “trouvés et identifiés sans l’ombre d’un doute suite au creusage, […] 34 présentaient des signes de problèmes allant de signes de contamination du sol au pourtour, à du bouillonnement évident, ou un test de bulle de savon concluant. (34/57 = 59%). C’est là un taux alarmant venant confirmer hors de tout doute l’importance de creuser pour documenter l’état réel des puits sur le territoire et la pertinence du travail fait, et à poursuivre, sur le terrain.
  • “Pour 12 des 38 puits, il s’agissait de signes visuels très évidents de fuites, où du bouillonnement  parfois important qui a été observé”. “Pour d’autres, ils ont été jugés problématiques parce qu’ils nécessitent un suivi de la  part du MERN soit parce qu’ils ont été endommagés (tuyau arraché par les propriétaires) et/ou parce que leur intégrité semble menaçée.”
  • “21 puits ressortent du lot par l’importance présumée des fuites qu’ils présentent”.
  • “51 puits ne se trouvaient pas aux coordonnées GPS enregistrées au SIGPEG” et nécessitaient des corrections en ce sens
  • “22 puits se sont révélés être sous du cadre bâti (maison, route, édifice)”
  • Seulement 13 des 121 puits investigués étaient identifiés adéquatement sur le terrain par une pancarte, contre 92 qui ne l’étaient pas.

À la lumière de ces constats, Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace Canada s’est insurgé, « pourquoi le gouvernement cache-t-il ce rapport alors qu’il l’a entre les mains depuis 2016? Est-ce parce qu’il n’a pas fait son travail et que les vérifications qu’il aurait dû faire rapidement n’ont jamais été faites? Il est troublant de constater que le gouvernement Couillard semblait vouloir attendre que les élections soient passées avant de divulguer ce rapport qui démontre de nombreux problèmes et des fuites. Ce rapport soulève d’importantes questions sur la capacité et surtout sur la volonté du gouvernement à gérer les puits abandonnés. »

Transparence exigée

Pour Greenpeace, la transparence totale est de mise quand on parle de puits pétroliers et gaziers abandonnés. « Plus de 50% des puits qui ont été creusés présentaient des problèmes et le gouvernement semble vouloir mettre le couvercle sur la marmite. Comment se fait-il que ces résultats n’aient pas été divulgués? Est-ce que le gouvernement voulait éviter d’informer la population pour ne pas nuire à l’adoption de ses règlements qui ouvrirait les vannes pour l’exploitation pétrolière et gazière au Québec? Les gens sont en droit de connaître ce qui se passe avec les puits abandonnés au Québec, de connaître leur existence et leur état et d’être informés s’il y a de possibles enjeux de sécurité. », a déclaré M.Bonin.

Plusieurs organisations ont demandé à ce que le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN) rende le rapport public, mais sans succès. Greenpeace avait d’ailleurs demandé ce rapport au MERN en vertu de la loi sur l’accès à l’information, mais il a refusé en mentionnant que le rapport serait rendu public dans les six mois, ce qui pourrait mener après les élections. Greenpeace exhorte le gouvernement à rendre ce rapport et toutes ces annexes publiques, incluant les formulaires d’inspection, les photos, les vidéos et tous les autres documents pertinents.

32 puits localisés sur 191 déclarés « conformes » par le MERN

La publication de ce rapport par Greenpeace se fait dans la foulée  des révélations récentes à l’effet que le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN) n’aurait localisé que 32 des 191 puits pétroliers et gaziers qui ont été déclarés « conformes » par son service d’inspection en 2017. Forcé de constater que les équipes d’inspection de l’AQLPA semblaient plus aptes à localiser et à documenter les puits abandonnés que le MERN lui-même si l’on se fie au rapport. Pourquoi alors avoir mis fin abruptement à ce partenariat? Selon le MERN, au Québec, “plus de 950 puits pétroliers ou gaziers ont été forés depuis 1860. De ce nombre, environ 900 ont été fermés définitivement.”

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Rapport de l’AQLPA

Réponse du MERN à la demande en vertu de la loi sur l’accès à l’information présentée par Greenpeace

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Loujain Kurdi, Conseillère aux communications Greenpeace Canada, loujain.kurdi@greenpeace.org, 514.577.6657