Alors que le monde célébrait , 21 novembre, dernier la Journée mondiale  de la  pêche, Greenpeace a choisi cette date symbolique pour publier son rapport : « Le coût de la destruction des océans »

Un coût inestimable ! Tellement les dégâts sont nombreux et difficilement quantifiables.

De la pêche autorisée à la pêche illégale non déclarée et non réglementée (INN), on retrouve toute sorte d’activités dans les eaux ouest africaines, parfois sous le regard complice et/ou impuissant des autorités chargées de la surveillance des pêches de leur pays. Aujourd’hui, dans ces eaux, des  navires de pêche de tout type et d’origines diverses (étrangers et nationaux) se livrent à toutes formes de pêche. Chalutiers, navires frigorifiques,  senneurs, pirogues artisanales… s’adonnent à diverses activités dans le seul but de faire encore plus de profits.

Ils y pratiquent : la pêche aux céphalopodes (poulpe, seiche, calamar) ; la pêche aux espèces de poissons démersaux qu’elles soient profondes ou côtières (dorade, mérou, sole, raie et requin, rouget, merlu, etc.) ; la pêche aux crustacés (crevettes de haute mer, écrevisses et crabes profonds) ; la pêche aux mollusques bivalves ; la pêche aux petits pélagiques (sardinelle, sardine, chinchard, maquereau, ethmalose, anchois, petit thon, mulet,) ; et la pêche aux principales espèces de thons tropicaux (albacore, patudo et listao).

Même si la liste des captures semble longue et variée, cette ressource est en danger du fait d’une forte pression. Une variété de stock qui, bien entendu, pour le moment, conforte ces  navires véreux dont la mission principale est de se remplir les poches à tout prix et à tous les prix.

Ils se comportent pratiquement tous, comme si les stocks étaient inépuisables !

Au vu des chiffres alarmants, on est en droit de se demander si ces activités seront pérennes.  Selon  certaines  estimations, près de 40 % du poisson pêché dans les eaux de l’Afrique de l’Ouest sont illégaux et environ 54 % de des stocks qui s’y trouvent sont surexploités. Une situation inquiétante, qui a justifié la présence du navire de Greenpeace, MY Esperanza,  en mars 2017, dans les eaux des Etats membres de la Commission Sous-Régionale des Pêche (CSRP).

Du Cabo Verde à la Mauritanie, en passant par la République de Guinée , la Guinée Bissau la Sierra Leone et le Sénégal,  le navire Esperanza y a mené une expédition dénommée« Espoir en Afrique de l’Ouest» afin de jeter sous les projecteurs la situation écologiquement et économiquement insoutenable qui règne dans ces eaux considérées parmi les plus fertiles au monde.

Sans exagération, le constat est presque le même dans tous ces pays : chacun y pratique, à sa guise et pour son intérêt, des activités de pêche légales et illégales: pour certains, le respect du cahier de charge signé avec les gouvernements est important, pour d’autres, la politique du «no man’s land » est un sport favori. Pendant les activités de surveillance conjointe menées en collaboration avec les autorités des pays côtiers, des infractions variées allant du transbordement non autorisée, à l’utilisation d’engins de pêche prohibée, au prélèvement d’ailerons de requin, et  à la non possession de journal de bord de pêche… ont été constatés. Des délits qui parfois, malgré les sanctions administrées par les autorités compétentes, sont devenus monnaie courante.

Quel Coût pour les caisses de ces Etats !

Des comportements illégaux dont les coûts sont inestimables pour les économies nationales, l’environnement et les générations actuelles  et futures qui en dépendent pour leur survie et leur sécurité  alimentaire.

Joindre les efforts,  pour lutter contre ce fléau qui met en péril les moyens de subsistance des millions d’individus, est le cri d’alarme de Greenpeace et d’autres partenaires rencontrés lors de cette expédition. Il est désormais plus qu’urgent que les gouvernements de cette région, qui sont garants de cette richesse commune, prennent leurs responsabilités en main et se mettent ensemble pour gérer les ressources halieutiques que les pays partagent. Il s’agit d’un héritage commun, qui mérite une attention commune. C’est seulement en conjuguant les efforts que les pays de la sous-région pourront préserver cette ressource jadis abondante !