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Communiqué de Presse

Kinshasa, le 11 février 2021 – Greenpeace Afrique demande au Président de la République d’ordonner l’annulation immédiate de quatre contrats de concession forestière illégaux signés le 11 juin 2020 par le ministre de l’Environnement et Développement Durable, Claude Nyamugabo. Greenpeace Afrique demande au procureur de la République de se saisir de l’affaire.

Alors qu’une action en justice initiée par la société civile contre le ministre est pendante devant le conseil d’Etat pour sa cession illégale il y a un an de près de deux millions d’hectares aux sociétés chinoises, Greenpeace Afrique découvre qu’en juin 2020 il a attribué illégalement quatre concessions, couvrant 777 639 ha, à une entreprise congolaise, Groupe Services.

Si selon son site web, Groupe Services n’a aucune expérience dans l’exploitation forestière et se dit « leader national dans la maîtrise et l’exécution des tâches de nettoyage courant », son pdg André Boluka Bomoh Lokolo est ancien actionnaire de la Société Kiroise de Bois (SOKIBOIS). Le directeur du département agriculture et développement forestier de la firme est Louison Ngwo Ekolonga, ancien ministre provincial de l’Environnement de la province de Bandundu.

L’attribution des quatre contrats représente une violation du moratoire institué en 2002 sur l’attribution de nouvelles concessions forestières industrielles. En plus ils dépassent de plus de 400 000 ha la limite légale attribuable par signature ministérielle  et de plus de 200 000 ha la limite des forêts attribuables « à une même personne, en un seul ou plusieurs tenants ».

Deux semaines après son forfait, Claude Nyamugabo a été l’invité d’honneur de la 16e réunion du Conseil d’administration de l’Initiative pour la Forêt de l’Afrique centrale (CAFI), une cohorte de bailleurs de fonds menée par la Norvège qui a noyé plus de 150 millions d’euros dans la “réforme” du secteur forestier depuis 2016.  Ces amis du Congo prient leur hôte de « partager sa vision ».  Il leur vend « son engagement à concilier les objectifs de développement et de préservation des forêts tout en s’assurant que ce secteur contribue à l’économie du pays ».

En effet, dans sa reprise, le 2 juin 2020, des quatres concessions à refourguer à M. Boluka – dont trois dans la province de Mai-Ndombe et une dans la province du Bas-Uélé – le ministre a pris pour prétexte une exigence de la CAFI. La lettre d’intention signée avec la RDC en 2016 stipule que toute concession sans plan d’aménagement approuvé « ou tout au moins soumis formellement » devra être restituée à l’Etat au plus tard l e 1er janvier 2019.

Irène Wabiwa Betoko, chef de projet international pour la campagne forêt de Greenpeace Afrique déclare : « Le Président Félix Tshisekedi devrait être vigilant dans la constitution du nouveau gouvernement. Le choix de ses ministres et autres acteurs doit être méticuleux et cette charge étatique réservée aux personnes qui vont servir réellement l’intérêt de la nation ».

La découverte de ces contrats secrets intervient après l’annonce le 29 janvier dernier par le ministre des Hydrocarbures de la mise aux enchères de dix-neuf blocs pétroliers à travers le pays. Le 11 janvier dernier Félix Tshisekedi s’est posé en grand défenseur de l’environnement dans une adresse par visioconférence au sommet One Planet à Paris.  

FIN

Contact

Irène Wabiwa Betoko, chef de projet international de la campagne forêt du Bassin du Congo, pour Greenpeace Afrique

Téléphone: +243 976 756 102, Email: [email protected]

Tal Harris, coordinateur des communications internationales pour Greenpeace Afrique

Téléphone: +221 785 36 62 70, Email: [email protected]