Montréal – Selon le plus récent rapport d’experts des Nations unies, la protection et la restauration des forêts ainsi que la réorganisation urgente du système alimentaire mondial, par le biais de changements à notre régime alimentaire, sont les principales solutions à la crise croissante de la nature et du climat. 

Le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) révèle que, depuis la période préindustrielle, la température au-dessus des superficies terrestres a augmenté de 1,53°C par rapport à la moyenne totale de 0,87°C tenant compte de l’air au-dessus de l’océan et des terres. L’augmentation de la température a un impact sur la sécurité alimentaire et entraîne la désertification et la dégradation des terres.

«Ce rapport confirme qu’en réduisant notre consommation de viande, nous pouvons réduire considérablement nos émissions de gaz à effet de serre, lutter contre l’insécurité alimentaire et protéger nos sols, a déclaré Yasmeen Peer, chargée de campagne Nature et alimentation chez Greenpeace Canada. Notre impact sur les sols est principalement causé par l’agriculture industrielle et la production de viande. L’agriculture animale est à l’origine de 14% des émissions mondiales. Défendre et restaurer nos forêts tout en modifiant notre système alimentaire et en mangeant moins de viande, contribuera à transformer la crise du climat et de la biodiversité en un nouvel espoir pour la nature et les êtres humains.»

Le rapport spécial sur les changements climatiques et l’utilisation des terres du GIEC indique que plus du quart des terres subissent une « dégradation causée par l’homme », mais rappelle aussi que de nombreuses solutions peuvent stimuler à la fois l’atténuation et l’adaptation.

«Le défi est de taille, mais les solutions sont nombreuses. Changer la façon dont nous produisons les aliments et ce que nous mangeons protégera notre climat et favorisera la sécurité alimentaire. En adoptant et encourageant des pratiques agricoles écologiques plus saines, accessibles et plus axées sur les plantes, nous pouvons libérer des espaces vitaux actuellement utilisés pour l’alimentation animale et le pâturage et inverser la tendance. Les conseils du nouveau Guide alimentaire canadien sont un pas dans la bonne direction. Le rôle des gouvernements est maintenant d’encourager cette tendance vers une alimentation plus diversifiée et moins basée sur la viande, un choix sain et meilleur pour le climat et la nature », a déclaré Marie-Josée Béliveau, chargée de campagne Nature et alimentation chez Greenpeace Canada.

Autres conclusions du rapport du GIEC:

  • 23% des émissions de gaz à effet de serre issues des activités humaines proviennent de la déforestation, des incendies et de l’agriculture, mais des sols en meilleure santé peuvent également servir de puissant puits de carbone pouvant atténuer les effets les plus graves des changements climatiques.
  • Bien sûr, une meilleure utilisation des terres ne suffira pas à elle seule à arrêter les changements climatiques. Repousser l’abandon des combustibles fossiles en mettant en place des mesures d’atténuation sur les terres augmenteraient les risques d’impact négatifs sur le climat et sur l’insécurité alimentaire.
  • Les émissions de gaz à effet de serre du système alimentaire dans son ensemble, y compris la production et la consommation, représentent jusqu’à 37% des émissions totales de GES d’origine humaine.
  • La consommation de viande a plus que doublé au cours des 60 dernières années et les terres ont été convertie à des fins agricoles à un rythme sans précédent dans l’histoire de l’humanité.
  • Il y a environ 2 milliards d’adultes en surpoids ou obèses, mais 821 millions de personnes sont encore sous-alimentées, ce qui souligne la nécessité de réformer le système alimentaire mondial.

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Mojgan Mohammad, conseillère aux communications, Greenpeace Canada mojgan.mohammad@greenpeace.org, +1 514 400-3313

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