En réponse à l’annonce du premier ministre Mark Carney selon laquelle le pipeline de la côte Ouest (maintenant appelé Pacific Link) est désigné comme projet d’intérêt national en vertu de la Loi visant à bâtir le Canada, voici la réaction de Greenpeace Canada :

«Pendant que le premier ministre Carney passe le rouleau compresseur sur les lois environnementales et les droits des peuples autochtones, l’Europe et l’Asie installent massivement des panneaux solaires et des éoliennes pour se sevrer des énergies fossiles. Le Québec n’a pas demandé ce pipeline et n’aura pas son mot à dire, mais Ottawa va quand même demander aux Québécois·es de payer une partie de ce projet qu’aucune entreprise privée n’était prête à porter seule. Mark Carney démontre ainsi un réel mépris des intérêts du Québec, alors qu’il préfère remplir les poches des pétrolières plutôt que de miser sur une économie tournée vers l’avenir» a déclaré Louis Couillard, responsable de la campagne Climat et Énergie, Greenpeace Canada

«Les projets d’intérêt national commencent à ressembler davantage à une feuille de route élaborée pour détruire la nature canadienne et faire abstraction des droits des peuples autochtones. La construction d’un pipeline menant à l’estuaire du fleuve Fraser – un habitat essentiel pour la faune – ferait entrer davantage de pétroliers dans la fragile mer de Salish, exposant ainsi à un risque des animaux déjà menacés, tels que le saumon et les orques résidentes du sud. Puisque M. Carney refuse d’écouter les scientifiques, les nations autochtones, les écologistes ou les milliers de personnes qui s’opposent à son agenda politique destructeur de la nature, et qu’il impose un pipeline que même l’industrie ne veut pas payer et que les contribuables devront financer à leurs dépends ; la question se pose : en quoi tout cela relève-t-il de « l’intérêt national » ? 

Protéger la nature et préserver les espèces ne sont pas des mesures contraires au développement; ce sont les conditions mêmes d’une économie stable, de communautés en santé et d’un avenir viable. La nature est également au cœur de l’identité des Canadien·nes ; nous ne devrions pas avoir à choisir entre l’économie et un environnement sain, et nous attendons de notre gouvernement qu’il parvienne à concilier ces deux objectifs. 

Un nouveau pipeline ne rendra pas la vie plus abordable pour les Canadien·nes ; nous exigeons au contraire des mesures de protection de la nature plus strictes, qui garantissent la gouvernance des peuples autochtones, restaurent la nature et ouvrent la voie à un avenir où les humains prospèrent et où la nature s’épanouit.» a renchérit Salomé Sané, responsable de la campagne Biodiversité, Greenpeace Canada

Notes: 

Deux jours plus tôt, le premier ministre Carney a annoncé un investissement de 1,2 milliard de dollars pour la protection des océans, dont l’accroissement des capacités de la Garde côtière canadienne, le renforcement de l’application des règles en matière de pêche et la mise en place d’un nouveau cadre pour la restauration environnementale. Cette annonce rappelle celle faite par Justin Trudeau en 2016, lorsqu’il avait dévoilé le Plan de protection des océans, de 1,5 milliard de dollars, peu avant d’approuver le pipeline Trans Mountain.

« Mais on ne peut pas prétendre protéger les océans tout en ouvrant la voie à un nouveau pipeline vers le fragile estuaire du fleuve Fraser. Une véritable protection des océans passe d’abord par l’abandon des projets qui aggravent les crises du climat et de la biodiversité. » a ajouté Sien Van den broeke, responsable Océan et Biodiversité, Greenpeace Canada.

Pour plus d’informations, contactez: 

Patou Oumarou, conseillère aux communication, Greenpeace Canada
[email protected], +1 (418) 431-0263