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Le New Deal Vert

Greenpeace Canada fait partie d’une coalition de travailleurs et travailleuses, d’artistes, de leaders autochtones, de scientifiques, de jeunes et de gens directement touchés par la…

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Inondations et incendies historiques. Le rapport final de l’Enquête nationale  sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées(FFADA)  établit un lien direct entre l’extraction de ressources et la violence contre les femmes, les filles et les personnes bispirituelles autochtones. Inégalités économiques croissantes. L’échec de notre gouvernement à répondre aux exigences de la Commission Vérité et Réconciliation ou à appliquer pleinement la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones. Cette conjoncture des crises appelle à un changement systémique. C’est pourquoi plus de 100 groupes se sont réunis en 2019 pour lancer le New Deal Vert.

Le New Deal Vert rassemble une coalition d’organisations avec la volonté commune de porter un plan ambitieux pour réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d’ici 11 ans, conformément au savoir autochtone et à la science du climat,  de créer plus d’un million d’emplois et des communautés inclusives. Cette vision audacieuse, fondée sur la justice sociale et raciale, rassemble déjà des milliers de personnes, parce qu’elle répond aux multiples crises auxquelles nous sommes confronté·es.

Depuis le lancement du New Deal Vert, le 6 mai 2019, les organisations membres de la coalition se sont données comme objectif  d’écouter les Canadien·nes, d’un océan à l’autre, pour écouter ce que le New Deal Vert représente pour eux·elles.

En moins d’un mois, plus de 150 assemblées citoyennes ont été organisées bénévolement dans les provinces et territoires du pays afin de s’entendre sur un ensemble de principes communs pour un New Deal Vert.

De ces 150 événements, environ la moitié ont eu lieu dans de grandes communautés (plus de 100 000 personnes) et l’autre moitié dans de plus petites communautés (moins de 30 000 personnes). Les organisateurs·trices que nous avons sondé·es ont organisé des assemblées allant de quatre personnes à Iqaluit à plus de 300 à Edmonton. Au total, plus de 7 000 personnes ont participéles assemblées citoyennes du New Deal Vert dans leurs communautés. Ont été représenté·es dans ce processus des groupes environnementaux, des syndicats, des groupes confessionnels, des partis politiques, des conseils municipaux, des regroupements communautaires, des organisations autochtones, des organisations de femmes, des coalitions jeunesse, des médias locaux, etc.

Nous avons collaboré avec des analystes afin d’extraire les thématiques principales ressorties des discussions en plénière, pendant lesquelles se sont exprimées des personnes attristées, en colère, mais aussi porteuses d’espoir. Les participantsdevaient organiser  leurs réflexions autour de deux axes : les solutions que le New Deal Vert doit inclure (lignes vertes) et les problématiques ou les pratiques qui n’ont plus lieu d’être (lignes rouges). Ce qui suit est un résumé de certaines de ces grandes thématiques. Ce n’est pas une analyse complète ou un rapport exhaustif. Il reste beaucoup de travail à faire pour aller chercher les avis des personnes qui n’ont pas pu assister  aux assemblées publiques, mais aussi, pour laisser le temps d’entendre d’autres groupes et veiller à ce que les voix marginalisées soient entendues et écoutées.

Lignes rouges  et Lignes vertes 

Méthodologie

Le processus d’assemblées citoyennes ne visait pas à parvenir à un consensus sur des politiques spécifiques ou à trouver le libellé parfait. Mais plutôt, il s’agissait  de d’inviter des milliers de personnes à faire connaître leur point de vue sur le New Deal Vert, d’identifier des convergences et élaborer des propositions spécifiques.

Les participant·es ont été invité·es à discuter de leurs lignes rouges, soit les éléments qui ne devraient absolument pas figurer dans le New Deal Vert et de leurs lignes vertes: soit les éléments qui doivent absolument faire partie du New Deal Vert. 

Les participant·es ont partagé 8900 lignes rouges et vertes. Il y avait presque trois fois plus de lignes vertes que de lignes rouges, ce qui suggère que les participant·es désirent se concentrer sur une vision positive de l’avenir. Certains thèmes clairs sont ressortis de l’exercice, comme présenté dans les sections suivantes.

Voici un réusmé de ce que nous avons entendu.

Lignes vertes

Les réponses des assemblées citoyennes ont été classées dans douze catégories de lignes vertes : économie et gouvernement, infrastructure verte, nature, agriculture, justice sociale, démocratie, plastique, science du climat, travail, souveraineté autochtone, dette climatique et droits. 

Il apparaît clairement que des changements systémiques et radicaux sont nécessaires pour transformer les systèmes et les institutions qui perpétuent les inégalités, le racisme, la xénophobie et la violence coloniale.

Souveraineté autochtone

Un New Deal Vert doit inclure la pleine mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones (DNUDPA), du Consentement Préalable, donné Librement et en Connaissance de Cause (CPLCC) et des 94 appels à l’action de la Commission  Vérité et Réconciliation. Les participant·es ont souligné l’importance du savoir autochtone et du respect du titre autochtone et de la relation à la terre. La décolonisation doit aller de pair avec le New Deal Vert. 

Les recommandations spécifiques incluent:

  • Reconnaissance complète du titre et des droits autochtones;
  • Mettre pleinement en œuvre la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones et du Consentement Préalable, donné Librement et en Connaissance de Cause (CPLCC);
  • Mettre pleinement en œuvre les 94 appels à l’action de la Commission Vérité et Réconciliation;
  • Mettre pleinement en œuvre les appels à la justice dans le rapport final de l’enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

 

Économie et gouvernement

À maintes reprises, nous avons entendu dire que la transformation de l’économie permettrait de solutionner la dégradation de l’environnement et la crise climatique. Les participant·es des assemblées citoyennes sont prêt·es à ce que les gouvernements amorcent cette transition de nombreuses manières: en appliquant  la tarificationcarbone, en subventionnant les initiatives vertes, par le biais d’investissements publics dans les énergies renouvelables et les infrastructures, en apportant des modifications radicales au système économique lui-même et en redéfinissant ses priorités.

Les recommandations spécifiques incluent:

  • Établir un objectif climatique juridiquement contraignant pour le Canada, conformément à la science établissant que le réchauffement planétaire doit être maintenu en dessous de  1,5℃;
  • Créer un million de bons emplois bien rémunérés grâce à un plan d’emplois verts garantissant aux travailleur·ses de l’industrie des combustibles fossiles   la formation et le soutien nécessaires pour un travail de qualité et digne dans les emplois verts, Accroître la syndicalisation et mettre en œuvre les droits des travailleur·ses, notamment un salaire minimum de 15 dollars, l’équité salariale, les congés d’urgence payés, la sécurité de l’emploi, la protection des travailleur·ses migrant·es et le droit de s’organiser et de se syndiquer;
  • Accorder des subventions personnelles et publiques pour les technologies vertes, y compris les logements abordables écoénergétiques et les transports.

 

Infrastructures vertes

S’agissant des infrastructures pour une société équitable et durable, les participant·es ont cité les énergies renouvelables et le logement social comme les principales thématiques de réflexion.

Les recommandations spécifiques incluent:

  • Faire des investissements publics considérables dans les infrastructures pour construire une économie basée sur 100% d’énergies renouvelables – incluant la production d’électricité, l’efficacité énergétique, les transports publics, le logement social, la justice alimentaire, l’agriculture écologique et locale, et les industries propres.
  • Assurer des transports en commun durables, financièrement et physiquement accessibles par tout le monde.
  • Donner la priorité et encourager la génération d’énergies renouvelables locales, en particulier pour les bâtiments de service public.

 

Justice sociale

La crise climatique ne peut être résolue de manière isolée. Les participant·es ont établi des liens entre les problèmes environnementaux et les nombreuses luttes menées depuis plusieurs années par les communautés à la pointe du racisme et de l’économie extractive: migrants, communautés autochtones, villes et villages, personnes pauvres et de la classe ouvrière et personnes handicapées. Les participant·es ont également noté le renforcement du leadership des jeunes, dont la vie et l’avenir sont en jeu, et qui doivent être inclus dans le processus de prise de décision.

Les recommandations spécifiques incluent:

  • Promouvoir la justice et l’équité en se concentrant sur l’amélioration des services aux communautés marginalisées dans notre économie actuelle. Cela signifie s’attaquer aux torts passés et actuels qu’ont subi les communautés autochtones, les communautés noires, la communauté canadienne-française, les communautés de couleur, les personnes LGBTQ, les migrant·es, les réfugié·es et les sans-papiers, les communautés rurales, les pauvres, les travailleurs à faible revenu, les femmes, les personnes âgées et les personnes handicapées.
  • Assurer une éducation postsecondaire accessible et gratuite pour toutes et tous.
  • Assurer l’accès  complet à des services publics de qualité, notamment les soins de santé, l’éducation, la sécurité du revenu, le logement,  la garde d’enfants, l’assurance-médicaments, les soins dentaires, les pensions, etc., pour tous.
  • Statut pour toutes et tous: statut de résident·e permanent·e et une unité familiale pour toutes et tous les migrant·es et réfugié·es ici. Pas de détention, pas d’expulsion.
  • S’assurer que le Canada paie sa juste part de la dette liée au climat envers les pays du Sud touchés par les pratiques et les décisions prises au Canada, et veiller à ce que les sociétés établies au Canada ne portent pas atteinte au climat et à l’environnement ailleurs, contribuant ainsi à créer des conditions qui forcent les gens à émigrer (guerres, activités minières injustes, pollution, etc.).

 

Lignes rouges

Les participant·es à la séance plénière ont parlé de mettre un terme aux industries, institutions et pratiques qui mettent en péril notre avenir et accélèrent la destruction de l’environnement. Certaines des lignes rouges qui ont été évoquées ont traité des combustibles fossiles, de l’extraction, de la pollution, du plastique et d’une démocratie défaillante.

 

Combustibles fossiles

Les participant·es à la séance de discussion ont fortement soutenu non seulement la prévention de la croissance future de l’industrie des combustibles fossiles – par des mesures telles que l’arrêt de la construction et de l’expansion des infrastructures de l’industrie fossile et la fin des subventions gouvernementales – mais aussi l’élimination progressive des infrastructures du secteur des combustibles fossiles. 

Recommandations spécifiques:

  • Un plan visant à éliminer complètement l’industrie des combustibles fossiles et à passer à 100% d’énergie renouvelable d’ici 2040 (au plus tard) doit être élaboré et mis en œuvre (y compris un plan visant à soutenir pleinement les travailleurs tout au long de ce processus);
  • Geler la construction et / ou l’approbation de tous les nouveaux projets d’extraction et de transport de combustibles fossiles – nous ne pouvons pas résoudre le problème si nous l’aggravons en même temps;
  • Les subventions des gouvernements fédéral ou provinciaux aux combustibles fossiles devraient être immédiatement supprimées et réaffectées afin de faciliter la transition vers une économie propre.

 

Protéger la biodiversité et la nature

Les participant·es ont mis l’accent sur l’importance de mettre fin à l’extraction de l’eau, à la pollution de l’eau et à d’autres activités mettant en péril la santé et la durabilité de l’environnement.

Les recommandations spécifiques incluent:

  • Promulguer des lois qui garantissent la protection des forêts et de nos étendues d’eau, ainsi que la création d’une charte des droits environnementaux;
  • Mettre un terme au déversement des déchets (municipaux ou industriels) dans des masses d’eau;
  • Assurer une plus grande protection de la biodiversité et des zones naturelles critiques;
  • Garantir collectivement le droit de toutes les personnes à un air pur, à une eau salubre, à une nourriture saine et à un environnement sûr, fondés sur la connexion et la communauté;
  • Assurer la protection d’au moins 30% des terres et des eaux du Canada d’ici 2030.

 

Plastiques

Les participant·es ont exprimé leur soutien à l’arrêt de la production de plastique à usage unique et ont insisté sur l’importance de mettre fin à notre dépendance à l’égard du plastique jetable.

Les recommandations spécifiques incluent:

  • Développer des alternatives aux sacs en plastique, aux pailles et autres articles en plastique à usage unique pour résoudre le problème des déchets en plastique, tout en trouvant une alternative  adéquate;
  • Mettre fin aux avis d’ébullition de l’eau dans les communautés autochtones;
  • Légiférer sur la réduction des emballages excessifs.

 

La démocratie

Les participant·es ont établi des liens systémiques entre les problèmes environnementaux actuels et la nécessité de mettre fin au lobbying des entreprises.  Il faut transformer les systèmes et les institutions démocratiques qui ont contribué à créer les multiples crises auxquelles nous sommes confronté·es. Ainsi, les participant·es ont indiqué qu’ils·elles aimeraient qu’il n’y ait plus de scrutin majoritaire à un tour après les élections.

Les recommandations spécifiques incluent:

  • Honorer la promesse de faire du Canada une démocratie avec un système de représentation proportionnelle.

 

Prochaines étapes:

Les communautés et les organisations représentées par les personnes ayant assisté aux assemblées publiques se sont étendues au-delà de la «bulle verte» qui se limite généralement auxévénements environnementaux traditionnels. Cela étant dit, il y a encore beaucoup à faire pour se rapprocher  du mouvement syndical, des mouvements de justice sociale, des peuples autochtones et des personnes marginalisées, sachant qu’elles sontles plus touchées par les méfaits actuels et historiques qu’un New Deal Vert pourra enfin corriger. 

À l’avenir, les consultations se poursuivront et les groupes et organisations sont encouragés à présenter leurs visions, solutions et idées pour un plan de transition juste. De nombreuses assemblées citoyennes sont prévues à ce jour. Certains groupes préparent encore leurs propres soumissions spécifiques; et ainsi, les recommandations ci-dessus devraient être considérées comme un document évolutif qui continuera de se développer et d’être mis à jourà mesure que de nouvelles voix s’ajouteront à  la conversation.

Merci pour vos paroles et votre participation. Continuons à travailler pour obtenir un New Deal Vert pour toutes et tous!