Ces dernières semaines et mois le monde s’est arrêté. Malgré l’appel à la distanciation physique, nous avons vu les gens reprendre contact avec leurs proches. En réalisant ce qui compte vraiment, beaucoup ont redécouvert un amour et un lien avec le plein air. Le printemps est là, les oiseaux gazouillent, les fleurs fleurissent, mais qu’en est-il des forêts?

Eh bien, il semblerait que les forêts du Canada soient encore plus importantes pour notre climat que nous ne le pensions – selon une nouvelle recherche financée en partie par Greenpeace Canada. En 2017, nous nous sommes efforcés de mieux comprendre les impacts climatiques de la coupe à blanc dans la forêt boréale canadienne. Ainsi, nous avons chargé le Dr Jay Malcolm, professeur et scientifique à l’Université de Toronto, de mettre en lumière cet important sujet. Les résultats sont maintenant disponibles et publiés dans la revue savante Climatic Change. Voici ce que vous DEVEZ savoir:

Forêt et changement climatique – 5 constatations clés

Constatation 1: La coupe à blanc des forêts naturelles crée une grosse dette de carbone

Une forêt naturelle (ou «primaire») abrite une grande diversité d’arbres, de végétation et d’animaux sauvages. Selon la recherche, ces forêts contiennent également plus de carbone qu’une forêt exploitée. Ainsi, lorsque nous abattons ces forêts, nous perdons un carbone important qui prendra des décennies, voire des siècles, à récupérer. C’est ce qu’on appelle une «dette carbone». Nos vieilles forêts sont mieux équipées pour nous aider à lutter contre les changements climatiques – nous devons donc les laisser faire.

Clear-cutting of Alberta Boreal Forest
Ces billes empilées témoignent de l’importante coupe à blanc de la forêt boréale qui a pour but de développer les sables bitumineux dans le nord de l’Alberta. © Colin O'Connor

Constatation 2: La coupe à blanc des forêts naturelles aggrave les changements climatiques – peu importe la façon dont les arbres sont utilisés

La recherche souligne que la coupe à blanc des écosystèmes forestiers naturels a toujours entraîné une dette de carbone, quel que soit le type de forêt ou le produit final – énergie, papier ou matériaux de construction.

Constatation 3: Brûler du bois pour remplacer les combustibles fossiles est mauvais pour le climat et la faune

La combustion de granulés de bois pour la production d’électricité (énergie biomasse) afin de remplacer le charbon, pétrole ou gaz naturel, aggrave en fait le réchauffement climatique pour les générations futures. La dette carbone pourrait mettre des siècles à rattraper. C’est aussi une mauvaise nouvelle pour la faune. La recherche indique que la foresterie entraîne une baisse du bois mort et des débris (biomasse), qui sont des habitats fauniques essentiels pour des centaines d’espèces – du pic-bois à des champignons.

Collecte mécanique de biomasse forestière

Constatation 4: Une forêt riche en carbone est également riche en vie

L’étude souligne qu’une forêt qui contient beaucoup de carbone est plus susceptible d’être riche en faune d’un bout à l’autre. Cela est particulièrement vrai lorsqu’une forêt peut vieillir. Ici, nous trouvons une plus grande variété d’espèces d’arbres et de végétation (en particulier les forêts de conifères), d’animaux (caribous, carcajous et pics), d’insectes, de champignons et de micro-organismes. La protection de la faune, tout comme la protection des forêts riches en carbone, est mutuellement bénéfique.

Constatation 5: La protection des forêts naturelles est la meilleure stratégie pour lutter contre les changements climatiques

Les forêts intactes sont de plus en plus rares à travers le monde, et le Canada détient une bonne partie de ce qui reste dans sa forêt boréale. Ces forêts riches en carbone sont essentielles pour lutter contre les changements climatiques. Selon la recherche, la majeure partie de la perte continue de forêts intactes au Canada est due aux opérations forestières. Entre 2000 et 2013, 60% de la perte de forêt intacte du Canada se trouvait dans des zones soumises à l’exploitation forestière. La meilleure stratégie pour lutter contre les changements climatiques est de laisser ces forêts tranquilles et debout. Ni plus ni moins !

Marais de la forêt boréale – Val-d’Or, Québec, Canada.

Notre travail chez Greenpeace s’appuie sur les connaissances scientifiques les plus récentes et les meilleures disponibles pour façonner nos campagnes. Dans le cas des forêts, cette science nous dit de ralentir et de laisser la nature prendre soin de nous. La prospérité des forêts naturelles est vitale pour notre santé – et notre survie.

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