Les faits rapportés ci-dessous concernent les pensionnats indiens au Canada et peuvent être difficiles à lire. La ligne d’écoute nationale des pensionnats indiens offre en tout temps un soutien aux survivant·es des pensionnats et aux personnes touchées. Pour y accéder, composez le 1-866-925-4419.

Des chaussures d'enfants ont été placées devant une église de Kahnawake, en mémoire des 215 enfants dont les restes ont été retrouvés sur le site du pensionnat de Kamloops, en Colombie-Britannique. (Chloe Ranaldi/CBC)
Des chaussures d’enfants ont été placées devant une église de Kahnawake, en mémoire des 215 enfants dont les restes ont été retrouvés sur le site du pensionnat de Kamloops, en Colombie-Britannique. (Chloe Ranaldi/CBC)

215 enfants. 215 enfants etrouvés dans une fosse commune non marquée sur le terrain de l’ancien pensionnat indien de Kamloops. La Première nation Tk’emlúps te Secwépemc en a fait la découverte après avoir fouillé la propriété à l’aide d’un radar à pénétration de sol. Le site funéraire comprend les corps d’enfants âgés d’à peine trois ans.

Cette nouvelle a suscité choc, tristesse et colère dans tout le Canada et à l’international. Retrouver les restes de 215 enfants sur le terrain d’un ancien pensionnat est horrible. Mais ce n’est pas une surprise.

Depuis des décennies, les survivant·es des pensionnats ont parlé de ces cimetières. Il y a six ans aujourd’hui, la Commission de vérité et de réconciliation (CVR) publiait son rapport final. La CVR a estimé que jusqu’à 6 000 enfants sont morts dans les pensionnats, et que beaucoup de ces décès n’ont pas été documentés. Cela représente 1 enfant sur 25 sur les 150 000 enfants ayant séjourné dans ces établissements.

Le jour où la nouvelle est tombée, le premier ministre Justin Trudeau a déclaré sur Twitter qu’il s’agissait d’« un triste rappel de ce sombre chapitre de notre histoire ». Mais il ne s’agit pas là d’un simple « chapitre de l’histoire ». C’est un traumatisme bien présent et bien réel pour nombre de personnes et de familles autochtones. Le chapitre n’est pas clos.

En ce jour, il y a six ans, la Commission de vérité et de réconciliation (CVR) publiait une feuille de route et des recommandations pour que le Canada commence à guérir les cicatrices laissées par les pensionnats indiens et à s’attaquer à cet héritage d’injustice. Pourtant, le gouvernement fédéral et d’autres institutions ont fait bien peu pour répondre aux appels à l’action de la CVR. En l’état actuel des choses, seule une poignée des 94 recommandations de la CVR ont été pleinement mises en œuvre (seulement 10 recommandations sur 94 selon la CBC).

Les pensionnats ne sont qu’une partie d’un génocide continu qui s’étend sur plus d’un siècle. Après avoir consulté des juristes et des experts internationaux, l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a conclu que le terme génocide était approprié pour décrire l’expérience des peuples autochtones au Canada :

« Ce génocide a été favorisé par les structures coloniales, comme en témoignent notamment la Loi sur les Indiens, le Sixties Scoop, les pensionnats et les violations des droits humains et des droits des Inuits, des Métis et des Premières nations, ce qui a conduit directement à l’augmentation actuelle des taux de violence, de décès et de suicide dans les populations autochtones. »

De nombreux faits témoignent de la poursuite de ce génocide. La surreprésentation des enfants autochtones dans le système de protection de l’enfance. La disparition continue des femmes, des filles et des personnes 2SLGBTQQIA autochtones. La lutte que mène le gouvernement fédéral contre les survivant·es des pensionnats indiens devant les tribunaux. Les avis d’ébullition d’eau qui durent depuis des décennies. Et dans les nombreuses tentatives actuelles d’exclure les peuples autochtones de leurs terres afin d’en extraire les ressources par la destruction de l’environnement.

Ensemble, nous devons faire en sorte que la découverte de 215 enfants soit le point de départ d’une transformation afin que les peuples autochtones au Canada obtiennent justice. Passé le choc, honorer ces vies perdues doit nous encourager à nous éduquer, nous informer et réfléchir aux structures qui ont permis et permettent ENCORE la violence, l’oppression et la discrimination — dans la quasi indifférence — de tout un pan de la population au Canada. Nous pensons notamment à Joyce Echaquan et à sa famille pour laquelle une marche de solidarité est organisée aujourd’hui à Trois-Rivières, aux centaines de femmes autochtones disparues ou assassinées, et à tant d’autres vies brisées.

Si notre gouvernement à la responsabilité de faire mieux dans le travail de réconciliation, n’oublions pas la nôtre.

Voici comment vous pouvez agir :

Envoyez un tweet au Premier ministre Justin Trudeau pour soutenir les appels lancés par les autochtones en faveur de la mise en œuvre intégrale des appels à l’action de la CVR :

., il ne s’agit pas seulement d’un «chapitre sombre de l’histoire». Il est temps que votre gouvernement mette pleinement en œuvre les appels à l’action de éritéetRéconciliation

Voici les six appels à l’action qui n’ont pas encore été menés à bien en ce qui concerne les enfants disparus et les informations sur les sépultures :

  • 71. Nous demandons à tous les coroners en chef et aux agences provinciales de statistiques vitales qui n’ont pas fourni à la Commission de vérité et de réconciliation du Canada leurs dossiers sur les décès d’enfants autochtones confiés aux autorités des pensionnats de mettre ces documents à la disposition du Centre national pour la vérité et la réconciliation.
  • 72. Nous demandons au gouvernement fédéral d’allouer des ressources suffisantes au Centre national pour la vérité et la réconciliation pour lui permettre de développer et de maintenir le Registre national des décès d’élèves des pensionnats établi par la Commission de vérité et de réconciliation du Canada.
  • 73. Nous demandons au gouvernement fédéral de collaborer avec les églises, les communautés autochtones et les anciens élèves des pensionnats indiens afin d’établir et de tenir à jour un registre en ligne des cimetières des pensionnats indiens, y compris, si possible, des cartes indiquant l’emplacement des enfants décédés dans les pensionnats indiens.
  • 74. Nous demandons au gouvernement fédéral de travailler avec les églises et les dirigeants des communautés autochtones pour informer les familles des enfants décédés dans les pensionnats du lieu d’inhumation de l’enfant, et de répondre aux souhaits des familles concernant les cérémonies et les marqueurs commémoratifs appropriés, et la réinhumation dans les communautés d’origine, le cas échéant.
  • 75. Nous demandons au gouvernement fédéral de travailler avec les gouvernements provinciaux, territoriaux et municipaux, les églises, les communautés autochtones, les anciens élèves des pensionnats et les propriétaires fonciers actuels afin d’élaborer et de mettre en œuvre des stratégies et des procédures pour  l’identification, la documentation, l’entretien, la commémoration et la protection continus des cimetières des pensionnats ou d’autres sites où les enfants des pensionnats ont été enterrés.
  • 76. Nous demandons aux parties engagées dans le travail de documentation, d’entretien, de commémoration et de protection des cimetières des pensionnats d’adopter des stratégies conformes aux principes suivants : i. La communauté autochtone la plus touchée doit diriger l’élaboration de ces stratégies. ii. Les survivants des pensionnats et les autres gardiens du savoir doivent être consultés lors de l’élaboration de ces stratégies. iii. Les protocoles autochtones doivent être respectés avant toute inspection et investigation technique potentiellement invasive d’un site de cimetière.

Faites un don aux organisations autochtones

Faites un don à la Première Nation Tk’emlúps te Secwépemc : [email protected]
Faites un don pour soutenir les services de conseil et autres services destinés aux survivant·es des pensionnats et à leurs familles : Indian Residential School Survivors Society (en anglais seulement)
Faites un don pour soutenir les organismes de services à l’enfance et à la famille des Premières nations : Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations
Faites un don pour soutenir la défense des droits des femmes, des filles et des personnes de sexe différent autochtones : Association des femmes autochtones du Canada
Faites un don pour soutenir les communautés autochtones qui mènent des batailles juridiques pour leurs terres et leurs droits : Raven Trust

Approfondissez vos connaissances sur le passé et le présent colonial du Canada.

En français :
Les rapports de la Commission de vérité et réconciliation.
Les balados de Oser s’en parler.
Les vidéos de Wapikoni Mobile >> L’enfance déracinée / Femmes autochtones disparues et assassinées
Les contenus et ateliers de Mikana qui a pour mission de sensibiliser différents publics sur les réalités et perspectives des peuples autochtones.
La BD « C’est le Québec qui est né dans mon pays! » de l’autrice Emmanuelle Dufour qui explore la non-rencontre entre autochtones et allochtones au Canada.
Cette vidéo de l’émission RAD et les enquêtes de Radio-Canada.

En anglais:
Ce condensé indispensable de ce que vous devez savoir à propos des pensionnats.
Des liste de lecture. Des balados. Des Films/Documentaires
Le Tedx Talks de Ginger Gosnell-Myers, une des membres du conseil d’administration de Greenpeace Canada.
Le cours en ligne gratuit Indigenous Canada (MOOC) qui explore l’histoire des peuples autochtones et les principaux problèmes auxquels ils sont confrontés aujourd’hui.
Les ressources d’apprentissage sur la page Settlers Take Action du projet On Canada.