Nous sommes à un tournant dans l’action climatique. Le principal terrain d’action au Canada se focalise sur l’exploitation des sables bitumineux. Et avec raison : c’est le secteur énergétique ayant la plus forte croissance d’émission de gaz à effet de serre au pays.

Produire et transporter du pétrole des sables bitumineux nécessite des investissements massifs, faisant du secteur bancaire au Canada et dans le monde l’un des premiers partenaires de cette bombe climatique.

Financer l’énergie de demain

Si nous voulons maintenir un climat viable, il est primordial de ne pas dépasser un réchauffement global de 1,5 ˚C. Pour cela, il nous faut investir dans la transition énergétique et celle-ci ne pourra s’opérer tant que les institutions bancaires continueront de financer ou d’investir dans les compagnies et les projets liés aux énergies fossiles. Or nous savons que les financements d’aujourd’hui façonnent le modèle énergétique de demain.

Pour cette raison, Greenpeace passe à l’action partout dans le monde pour demander aux grandes banques de désinvestir des projets qui alimentent la crise climatique. Barclays, JP Morgan Chase, Citi, Deutsche Bank, Toronto Dominion ou Banque Royale du Canada sont parmi les 12 banques sur lesquelles nous faisons pression pour qu’elles s’engagent :

  • à retirer leur participation des projets de pipelines de sables bitumineux;
  • à produire un calendrier de sortie des énergies fossiles;
  • à faire preuve de transparence quant à leur financement.
Action at TD Bank in Toronto. © Ian Willms / Greenpeace

Manifestation devant les locaux de Toronto Dominion dans le centre-ville de Toronto. © Ian Willms / Greenpeace

Pourquoi cibler Desjardins au Québec?

Au Québec, le Mouvement Desjardins fait office de précurseur en matière d’investissements responsables. Il s’est par exemple positionné pour un retrait total du charbon d’ici le 31 décembre 2020. Or, l’institution continue d’entretenir des liens d’affaires avec les compagnies de pipelines de sables bitumineux, comme TransCanada et Enbridge — qui portent les projets de construction des pipelines Keystone XL et Ligne 3. Il serait difficile d’argumenter favorablement sur la responsabilité environnementale ou sociale d’autoriser de tels financements.

Divest The Globe Protest at Desjardins Bank in Montreal. © Jacques Lebleu / Greenpeace

Rassemblement organisé par des groupes citoyens et environnementaux à l’appel des Premières Nations, au Complexe Desjardins à Montréal, pour appeler le Mouvement Desjardins à cesser de financer les pipelines de sables bitumineux.
© Jacques Lebleu / Greenpeace

L’urgence climatique exige un désinvestissement massif des secteurs énergétiques qui nous mènent droit dans le mur. Cette semaine encore, les Nations Unies ont publié un rapport alertant sur les records de chaleur atteint dans les océans. En désinvestissant, Desjardins pourrait se démarquer en devenant la première grande institution bancaire canadienne à ne plus financer de projets destructeurs pour le climat.

Signez la pétition

 

Désinvestir, c’est possible

À l’heure actuelle, plusieurs institutions financières, telles que, ING, BNP Paribas, Natixis et le Crédit Agricole, (mais aussi AP7, US Bank, AXA, BBVA, Aegeon et Royal Bank of Scotland (RBS)) ont déjà adopté des politiques limitant ou excluant le financement aux projets de sables bitumineux.

C’est pourquoi nous manifesterons demain lors de l’Assemblée générale annuelle du Mouvement Desjardins. Pour rappeler à ses dirigeants que 35 Caisses ont adopté des résolutions demandant de mettre fin de façon permanente au financement et aux investissements dans les pipelines de sables bitumineux, représentant plus de 700 000 membres.

Le chef de direction et président du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, dit reconnaître la responsabilité du secteur financier dans la lutte aux changements climatiques et la protection des droits humains. Il a lui-même souligné vouloir « montrer l’exemple et encourager la transition énergétique ». Il est temps d’allier les actes à la parole en prenant un engagement fort en faveur du désinvestissement total des pipelines de sables bitumineux.

Si vous êtes à Montréal ce samedi, nous vous invitons à vous joindre à notre comité d’accueil. Confirmez votre présence à notre événement en cliquant ici.