Mardi dernier, pendant que la controverse enflait autour de la stratégie de relations publiques de TransCanada, des panneaux publicitaires déclarant « Le soleil est le principal facteur de changement climatique. Pas vous. Pas le CO2. » et signé Friends of Science (Les Amis de la science) ont fait leur apparition sur le bord des autoroutes au Québec. Rapidemment partagé sur les médias sociaux, ce message a suscité une vague de réactions pour le moins négatives.

Cette histoire nous pousse encore une fois à considérer l’influence de l’industrie du carbone et l’argent qu’elle emploie dans ses tentatives désespérées de nuire à l’émergence de solutions qui mettraient ses profits à risque.

Nombreux sont ceux qui se demandent aujourd’hui qui se cache derrière l’organisation Friendsofscience.org. Ce groupe de Calgary, fondé en 2002 par la Société canadienne des géologistes pétroliers (Canadian Society of Petroleum Geologists) annonce la couleur en clamant sur la page d’accueil de son site (graphique à l’appui) que « le réchauffement s’est arrêté naturellement il y a 17 ans ». Son principal objectif : la remise en question du réchauffement climatique et du rôle de l’activité humaine dans ces changements. Jusque là, rien de nouveau du côté des climato-sceptiques.

Mais l’affaire devient plus intéressante quand on se penche sur le cas de la société d’affichage Pattison Outdoor.

En 2012, cette entreprise basée elle aussi à Calgary, avait refusé à Greenpeace d’afficher un message vantant l’énergie solaire en Alberta.

« Un déversement d’énergie solaire s’appelle une belle journée. Des emplois verts, pas des déversements pétroliers. »

Cette publicité faisait suite au déversement de pétrole des sables bitumineux dans la rivière Red Deer, près de la ville de Sundre en Alberta. À l’époque, Pattison avait évité de donner les raisons de son refus, mais notre petit doigt nous dit que la compagnie ne souhaitait pas offenser l’industrie pétrolière.

Ceci dit, Greenpeace n’est pas la seule à avoir essuyé un refus. La compagnie Pattison est coutumière du fait et a aussi refusé d’afficher des publicités de groupes tels que Inquiry Canada (qui promeut l’athéisme) ou Voters Taking Action on Climate Change. Elle accepte en revanche d’afficher sur écran géant à cristaux liquides les messages nauséabonds de climato-sceptiques notoires. Un parti-pris qui ne devrait pas arranger les affaires de TransCanada après des révélations sur des détails de sa stratégie de relations publiques.

Au moins, on vous aura prévenu : les sales tactiques de campagne à l’américaine arrivent au Québec.

 

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