La surpêche

Publication - 7 mai, 2008
La surpêche est l’une des plus grandes menaces qui pèsent sur les écosystèmes marins. Notre appétit pour les poissons et fruits de mer est largement supérieur à la capacité de régénération des océans, ce qui a des conséquences désastreuses sur les écosystèmes marins, la sécurité alimentaire et la survie des 200 millions d’êtres humains qui travaillent au sein de l’industrie de la pêche.

La surpêche est un cycle autodestructeur, alimentée par la demande mondiale sans cesse croissante pour les poissons et fruits de mer. Cette demande ainsi que le développement technologique permettant aux navires de poursuivre et pêcher un nombre sans précédent d’espèces marines ne laissent presque plus aucun refuge aux les poissons.

La pêche moderne se résume à une industrie qui s’impose par des navires de pêche dépassant de loin la capacité de Mère Nature à régénérer les stocks de poissons. De nos jours, les immenses flottes commerciales sont surtout des usines flottantes, équipées pour extraire d’énormes quantités d’espèces marines, pouvant les transformer et les emballer, avant même qu’elles n’aient atteint le port. Les poissons n’ont simplement aucune chance face aux systèmes de repérage sophistiqués, aux méthodes de pêche irresponsables et à la très grande capacité de stockage des bateaux.

Pour aggraver la situation, la dynamique des populations de poissons est souvent mal comprise et il est quasi impossible de gérer efficacement les eaux internationales. Surgissent alors des problèmes tels que la pêche illégale, le transbordement (la décharge des prises d’un navire à un autre en mer) et la déclaration banalisée des prises.

Les espèces ayant la plus grande valeur marchande sont généralement les grands prédateurs comme le thon, le marlin, la morue et l’aiglefin. Une fois ces stocks épuisés, l’industrie se tourne vers les espèces qui sont à la base de la chaîne alimentaire et pêche ainsi de plus petits poissons.  L’écosystème tout entier en est bouleversé ainsi que le fragile équilibre établi depuis des centaines de milliers d’années d’évolution. Cette situation entraîne la prolifération des plus petits organismes. Dans certaines parties de l’océan Pacifique, par exemple, les oursins ont complètement dévasté les groupements d’algues marines (laminaires), conséquence de la surpêche de leurs prédateurs. Verra-t-on dans nos assiettes des poissons de plus en plus petits?

À travers le monde, les répercussions sociales de la surpêche se sont fait sentir dans les communautés côtières où la pêche est à la base de l’économie et donc de leur survie. Par exemple, les flottes européennes, après avoir épuisé les stocks de leurs propres eaux, ont envahi celles de l’Afrique de l’Ouest, passant des accords avec plusieurs gouvernements nationaux pour y pêcher. Les communautés côtières qui vivent de la pêche traditionnelle, et pour qui le poisson représente la plus grande source de protéines, sont démunies face à la soudaine baisse de leurs prises. Une fois les eaux vidées des espèces les plus lucratives, les flottes commerciales continuent leur chemin, laissant derrière eux les petites communautés, leurs filets et leurs ventres vides.

Au Canada, l’effondrement de la pêche à la morue de Terre-Neuve et le moratoire qui a suivi ont entraîné de graves répercussions sur l’économie locale et provinciale. Ce cas est loin d'être isolé et risque de se multiplier de par le monde si l'industrie continue de fermer les yeux et de ne s'intéresser qu'à ses profits à court terme.

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