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1. Les supermarchés regorgent de poisson. Pourquoi Greenpeace affirme-t-elle que les stocks de poisson sont en déclin?
Les flottes de pêche industrielle pêchent de plus en plus loin et dans des eaux de plus en plus profondes, à l’aide d'équipement de haute technologie et souvent de façon illégale afin que nos supermarchés et restaurants aient du poisson à vendre. Les étals sont pleins de ce qui pourrait être les dernières espèces de produits de la mer… si cette pression continue. Ne vous laissez pas duper : des étals pleins ne signifient pas des océans pleins.
2. Qu’est-ce que le chalutage de fond? Pourquoi Greenpeace s’y oppose-t-elle?
Le chalutage de fond est une méthode de pêche où de grands filets sont traînés tout au fond de l’océan, perturbant tout sur son passage y compris des coraux délicats, des étoiles de mer, des crabes, des oursins et des éponges de mer. Parce que cette méthode est non sélective, elle capture aussi des quantités importantes d’autres espèces marines, dont certaines sont en danger. Ces poissons sont jetés à la mer, habituellement morts ou mourants, et constituent ce qui s’appelle les prises accessoires. Le chalutage de fond est aussi extrêmement coûteux en carburant, puisque le poisson pêché avec cette méthode affiche le bilan d’utilisation de carburant fossile le plus élevé par unité.
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3. L’aquaculture fournit beaucoup d’emplois au Canada. N’est-ce pas une solution d’avenir? N’est-ce pas la solution au déclin des stocks de poissons?
Non. L’aquaculture a fait l'objet de promotions de la part de l'industrie de la pêche et des gouvernements comme la solution au déclin constant des stocks de poissons dans nos océans. Cependant, dans la plupart des cas l’aquaculture ne fait qu'aggraver le problème! Voici pourquoi :
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4. Y a-t-il des produits de la mer biologiques ou certifiés qu'il est préférable d’acheter? Y a-t-il un type d’étiquetage pour les produits de la mer que Greenpeace recommande?
Il n’y a pas d'étiquetage vraiment écologique que les consommateurs peuvent rechercher pour les produits de la mer, comme cela est le cas pour les produits du bois qui portent le logo FSC (Forest Stewardship Council), lequel permet d’identifier les produits récoltés de manière durable. À ce jour, il n'y a pas de programme d'étiquetage équivalent pour les produits de la mer.
Le MSC (Marine Stewardship Council) offre un programme d'étiquetage qui « certifie » qu’une pêcherie utilise des méthodes de pêche qu'elle juge durables ou que celle-ci fait des efforts pour devenir durable. Greenpeace ne reconnaît pas à l’heure actuelle le programme MSC parce que, selon ses critères, certaines pêcheries qui utilisent toujours des méthodes non durables (même si elles font des efforts pour s'améliorer) peuvent recevoir le logo MSC. Greenpeace et plusieurs autres groupes activistes travaillent avec le MSC pour tâcher de résoudre cette situation.
5. Pourquoi Greenpeace cible-t-elle les supermarchés? Ne serait-ce pas l'industrie de la pêche qui a besoin de changer?
Collectivement, les supermarchés vendent une quantité massive de produits de la mer. En travaillant de manière ciblée avec les fournisseurs, nous pouvons avoir une influence massive sur la façon dont les produits qu’ils vendent sont pêchés et produits. Si les grands supermarchés cessent de vendre les espèces qui sont le plus en difficulté et qu’ils se mettent à vendre du poisson pêché de manière durable, l’industrie de la pêche et les politiciens seront obligés d'agir afin d'assurer que les pratiques de pêches sont améliorées.
6. Quel message voulez-vous envoyer à toutes les communautés côtières de pêcheurs du Canada? Quelles seraient les répercussions économiques pour elles?
Les pratiques de pêche dommageables ne contribuent qu’à faire disparaître à jamais les poissons des océans. S’il n’y a plus de poisson, nous sommes tous perdants. Mais si nous instaurons dès aujourd’hui de bonnes politiques et pratiques, nous pourrons avoir des océans et une industrie de la pêche en santé. Les répercussions économiques de la mise en place de mesures visant à assurer des stocks de poisson et des habitats en santé sont bien minimes à comparer aux impacts de l’effondrement des pêcheries. L’effondrement de la pêche à la morue à Terre-Neuve en est un bon exemple et la dernière chose dont nos communautés côtières ont besoin est une autre crise comme celle de la morue.
7. Est-ce que Greenpeace est contre l’industrie de la pêche?
Non. Greenpeace croit qu'une industrie de la pêche durable peut fournir une source appréciable de protéines et générer des revenus importants, notamment pour les communautés côtières où ces besoins sont grands. Greenpeace souhaite assurer qu’il y aura du poisson pour les générations futures et c'est en mettant en place une pêcherie durable tout de suite que nous pourrons atteindre cet objectif. S'il devait ne plus y avoir de poisson, l'industrie de la pêche serait en bien mauvaise position, et nous voulons donc la même chose – beaucoup de poissons dans les océans.
8. Si je ne dois pas manger de poissons sur la liste rouge, quels sont les produits de la mer que je dois manger?
Identifier quels poissons proviennent de sources durables est extrêmement complexe en raison des difficultés à évaluer précisément les populations de poissons et parce qu'il est très difficile d’assurer la traçabilité de l'approvisionnement des poissons de la mer jusqu’au magasin. Acheter des produits de la mer pêchés de manière durable est difficile parce qu'il n'y a pas de systèmes d’étiquetage clair permettant d’informer les consommateurs.
De manière générale, les gens devraient consommer moins de poisson et, lorsqu’ils en achètent, rechercher les espèces sauvages ayant un plus faible impact, tel que le poisson attrapé au trident ou au harpon et les crevettes prises à la nasse, ainsi que les espèces herbivores et les coquillages élevés en aquaculture.
9. Et que signifie « non durable » exactement?
Le terme « non durable » a plusieurs interprétations, mais dans le contexte des pêcheries, il signifie les méthodes de pêche ou d’aquaculture qui tirent des espèces ou des ressources de l'environnement en quantité telle que cela dépasse leur capacité naturelle à répondre à la demande.
10. Qui gère les pêches et les océans canadiens?
Pêches et Océans Canada est responsable de la conservation et de la protection de l’environnement et des ressources marines ainsi que de réglementer les échanges et le commerce maritimes. POC effectue aussi des études scientifiques dans les trois océans canadiens (Atlantique, Arctique et Pacifique) et est responsable de la Garde côtière.