Port-Louis, Maurice, 14 janvier 2026 — Greenpeace Afrique a officiellement lancé son bureau à Maurice, la Fondation Greenpeace Afrique, marquant une expansion stratégique dans la région de l’océan Indien et un engagement de long terme aux côtés des communautés et partenaires mauriciens pour protéger les écosystèmes marins, renforcer l’application des lois environnementales et faire avancer la justice océanique.

Ce lancement intervient à un moment charnière de la gouvernance mondiale des océans, alors que le Traité des Nations unies sur la haute mer (Traité mondial sur les océans / BBNJ) devient opérationnel cette semaine.

S’exprimant lors de la cérémonie officielle organisée à l’Hennessy Park Hotel, à Ébène, la Dr Oulie Keita, Directrice exécutive de Greenpeace Afrique, a souligné que l’ouverture du bureau de Maurice traduit un engagement fort en faveur des États insulaires et des communautés côtières dont les moyens de subsistance dépendent directement de la santé des océans.

« Cette journée marque une étape majeure. L’ouverture d’un bureau à Maurice représente l’engagement de Greenpeace Afrique envers l’océan Indien, les États insulaires et les millions d’Africains dont la vie dépend d’écosystèmes marins en bonne santé. L’océan ne reconnaît pas les frontières, et l’injustice environnementale non plus. Ce qui se joue ici aura un impact durable sur l’avenir de la protection des océans et de l’action climatique, bien au-delà de ces rivages.  »

La cérémonie officielle a réuni la ministre junior de l’Environnement, Joanna Berenger, plusieurs hauts responsables gouvernementaux, de nouveaux volontaires mauriciens de Greenpeace Afrique, le personnel de GPAf ainsi que des partenaires environnementaux.

Le Traité des Nations unies sur la haute mer offre aux États un cadre juridique pour coopérer afin de protéger la biodiversité dans les zones situées au-delà des juridictions nationales. Pour Maurice, État insulaire dont l’économie, la sécurité alimentaire et la résilience climatique dépendent fondamentalement de la santé des océans, il s’agit d’une opportunité historique.

« Pour la première fois, nous disposons d’un mécanisme juridique permettant de contester l’exploitation minière en haute mer et de demander des comptes aux gouvernements sur ce qui se passe au-delà de leurs eaux territoriales », a déclaré Dr Aliou Ba, responsable de la campagne Océans et Directeur des Programmes de Greenpeace Afrique. « Maurice nous offre une plateforme pour tester des stratégies de mise en œuvre du Traité que nous pourrons reproduire dans l’ouest de l’océan Indien et au-delà. Les enseignements tirés ici pourront être déployés à l’échelle du continent.  »

Dans son discours inaugural, la ministre junior de l’Environnement, Joanna Berenger, a salué ce partenariat.

« Le gouvernement mauricien accueille favorablement les partenariats qui renforcent notre capacité à protéger notre patrimoine marin et à développer une économie bleue résiliente. L’entrée en vigueur du Traité mondial sur les océans représente une opportunité majeure pour Maurice d’exercer un leadership en matière de gouvernance régionale des océans et de veiller à ce que les engagements internationaux se traduisent par des protections concrètes au bénéfice des communautés et des écosystèmes, aujourd’hui et pour les générations futures. »

Le lancement a également donné lieu à une activation culturelle publique au front de mer de Port-Louis, où l’artiste muraliste mauricienne de renom Daphne Doomun a dévoilé une œuvre destinée à mobiliser le soutien du public en faveur des sanctuaires marins.

« L’art raconte des histoires que les statistiques ne peuvent pas transmettre. Cette fresque est ma lettre d’amour à l’océan qui nous nourrit, nous rafraîchit et nous relie. C’est aussi un avertissement : nous sommes en train de le perdre et nous devons nous battre pour le protéger  », a confié l’artiste.

Près d’un quart du PIB de Maurice dépend d’océans en bonne santé. Pourtant, les écosystèmes marins sont confrontés à des menaces croissantes : pollution plastique, réchauffement des eaux, pêche illégale et risque imminent de l’exploitation minière en haute mer. Le Traité mondial sur les océans ouvre une nouvelle voie juridique pour protéger des zones écologiquement cruciales en haute mer, notamment le banc de Saya de Malha, situé sur le plateau des Mascareignes, qui abrite la plus grande prairie de zostères au monde et constitue un important puits de carbone.

Shumirai Zizhou, chargée de campagne réactive à Greenpeace Afrique, a souligné :

« C’est dans l’écart entre les politiques et leur mise en œuvre que prospère la destruction de l’environnement. Maurice dispose de lois solides sur le papier. Notre rôle est de veiller à leur application effective et à ce que les entreprises qui profitent de la pollution soient tenues responsables. Nous n’hésiterons pas à citer des noms si nécessaire.  »

Le bureau de Maurice devient ainsi le hub de Greenpeace Afrique pour l’océan Indien, avec pour mission de travailler en partenariat avec le gouvernement et la société civile locale afin de renforcer l’application des lois environnementales, promouvoir la création d’aires marines protégées et tenir les industries polluantes et extractives responsables de leurs impacts.

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Notes aux rédactions

  • Greenpeace Afrique est une organisation environnementale indépendante, dirigée par des Africains et basée à Johannesburg, en Afrique du Sud. Elle mène des campagnes sur les océans, le climat, les forêts et la justice environnementale à travers le continent.
  • Adopté en 2023 dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), le Traité des Nations unies sur la haute mer (formellement l’Accord sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale – BBNJ) est un accord international juridiquement contraignant. Il permet la création d’aires marines protégées, la réalisation d’évaluations d’impact environnemental et le renforcement de la coopération internationale en haute mer. Le traité entrera en vigueur le 17 janvier 2026 et soutient l’objectif mondial de protéger 30 % des océans d’ici 2030.
  • La Responsabilité Élargie du Producteur (REP) est un cadre politique qui rend les producteurs responsables de la gestion de leurs produits en fin de vie, y compris les coûts de collecte, de recyclage et d’élimination. Elle incite les entreprises à réduire les déchets d’emballages et à passer à des systèmes réutilisables.
  • Le banc de Saya de Malha est un plateau submergé situé sur la dorsale des Mascareignes, entre Maurice et les Seychelles. D’une superficie d’environ 40 000 km², il abrite la plus vaste prairie de zostères au monde et constitue un habitat essentiel pour la biodiversité marine ainsi qu’un important puits de carbone.