Thiès, le 30 mars 2026 – Alors que le monde entier célèbre les droits des femmes en ce mois de Mars, le Réseau des Femmes de la Pêche Artisanale du Sénégal (REFEPAS) interpelle les autorités sénégalaises sur l’urgence de reconnaître officiellement leur métier. Actrices essentielles de la chaîne de valeur halieutique, ces femmes dénoncent leur inexistence juridique, alors même qu’elles jouent un rôle clé dans la sécurité alimentaire et l’économie locale.
Dans un contexte marqué par la raréfaction des ressources halieutiques, les conditions de vie et de travail des femmes transformatrices se dégradent fortement. Chaque jour, elles constatent des marchés de plus en plus vides, des revenus en baisse et une précarité grandissante.
Derrière cette précarité, les causes sont bien identifiées. Elle est le résultat de la surexploitation des ressources halieutiques, notamment par des flottes industrielles dont une grande partie des captures est destinée à l’exportation vers les marchés étrangers. Elle est également aggravée par la concurrence des usines de farine et d’huile de poisson, qui détournent des ressources essentielles à l’alimentation locale, ainsi que par les menaces croissantes liées au développement des projets pétroliers et gaziers le long des côtes sénégalaises.
Pourtant, malgré leur contribution essentielle, ces femmes ne disposent d’aucun statut légal reconnu, les excluant de fait des processus de prise de décision et des mécanismes de protection sociale.
“Nous travaillons chaque jour pour nourrir nos familles et le pays, mais juridiquement, nous n’existons pas. Sans statut, nous n’avons ni protection, ni voix dans les décisions qui nous concernent,” déclare Diaba Diop, Présidente du REFEPAS.
À travers cette mobilisation, le collectif appelle le gouvernement du Sénégal à prendre des mesures concrètes et urgentes :
- La reconnaissance officielle du métier de femme transformatrice de produits halieutiques
- L’intégration effective des femmes dans les instances de gouvernance du secteur de la pêche
- Une plus grande transparence dans la gestion des ressources halieutiques
Le REFEPAS rappelle que la pêche artisanale constitue un pilier de la sécurité alimentaire nationale et que les femmes en sont des actrices incontournables. Leur marginalisation représente non seulement une injustice sociale, mais aussi une menace directe pour la résilience des communautés côtières et l’accès à une alimentation durable.
En cette journée de célébration, leur message est clair : sans reconnaissance et sans protection des femmes transformatrices, c’est toute une chaîne alimentaire qui est menacée.


