Kinshasa, le 30 août 2019 – Greenpeace Afrique avait documenté, en août 2016, une exploitation frauduleuse à grande échelle du bois de mukula en République Démocratique du Congo. Aujourd’hui, le statut de protection du mukula attribué par la CITES [1] fait renaitre l’espoir quant à la préservation de la forêt de Miombo.

“Après le mukula, de nombreux animaux et plantes menacés attendent d’être protégés», a déclaré Raoul Monsembula, Coordonnateur Régional pour l’Afrique Centrale chez Greenpeace Afrique. « Le nouveau gouvernement du président Tshisekedi a la possibilité et la responsabilité de faire respecter la protection de nos trésors naturels au niveau national », a-t-il ajouté.

À la veille de la décision de la CITES, l’Agence d’investigation environnementale (EIA) a publié un rapport dévastateur révélant que, depuis son accession à la présidence, des mukula illégaux d’origine congolaise traversaient à nouveau la Zambie: “Les réseaux dormants de trafic se sont soudainement réveillés; moins d’une semaine après que le premier conteneur de mukula de la RDC ait franchi la frontière zambienne en avril 2019, des sources de l’EIA ont observé le chargement nocturne d’un convoi clandestin gardé par des individus portant l’uniforme de l’armée congolaise “.

Le mukula est une essence rare de bois d’œuvre, à croissance lente et qui est endémique des forêts du Miombo, un écosystème unique de garrigues et de savane au sud du bassin du Congo. On sait qu’il joue un rôle important pour diverses espèces, notamment les abeilles, les primates, les éléphants et les rongeurs; il est également vital pour la préservation des sols et d’autres services écosystémiques.

Bien que l’inscription de mukula à l’annexe II de la CITES soit positive, Il est nécessaire  de maintenir une vigilance maximale, compte tenu des antécédents de la RDC avec la CITES. En 2014, le Secrétariat de la CITES avait informé les Parties de l’existence d’un grand nombre de faux permis [d’exportation] ou falsifiés des Afrormosia inscrits à l’Annexe II, et « apparemment délivrés par la République Démocratique du Congo ».

La corruption massive et la forte demande dans l’industrie du meuble chinois poussent l’exploitation forestière illégale de mukula dans le sud de la RDC et en Zambie.

“Pendant plus d’un mois en 2016, Greenpeace Afrique a documenté les opérations d’abattage de mukula. En 2017-2018, une exposition intitulée «Blood Wood» a eu lieu à la galerie Beaugeste de Shanghai, en Chine. Tous les pays doivent jouer un rôle en soutenant les efforts de conservation pour l’avenir de notre planète “, a conclu Raoul Monsembula. 

FIN

 

Contact :

 

  • Afy Malungu, chargée de communication de Greenpeace Africa en RDC,

Mobile: +243 991 521 250, Email: amalungu@greenpeace.org 

 

  • Tal Harris, coordinateur des communications internationales de Greenpeace Africa, Portable: +221 776 73 04 96, Email: tal.harris@greenpeace.org 

 

  • Dr. Raoul Monsembula, Coordonnateur régional pour l’Afrique centrale, Greenpeace Africa, Mobile: +243999010900, Email: rmonsemb@greenpeace.org 

 

[1] La CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) est un accord international entre gouvernements. Son objectif est de faire en sorte que le commerce international de spécimens d’animaux et de plantes sauvages ne menace pas leur survie. Le 28 août 2019, le mukula a été ajouté à « l’annexe II » de la CITES, une décision destinée à renforcer la réglementation et le contrôle. www.cites.org/eng