Les terres devraient nous unir, pas nous opposer !

Le 5 août 2017, quatre jours avant la célébration du 10e anniversaire de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, j’ai été profondément troublé par les nouvelles des affrontements mortels entre les communautés Bantou[1] et les peuples autochtones (Pygmées) dans la province du Tanganyika, en Démocratique République du Congo.

 Indigenous Woman sitting next to a hut.

La violence, issue de la discrimination ethnique entre les communautés ethniques susmentionnées, me laisse un goût amer. Et davantage, d’autant qu’à l’origine, il y a des contestations liées à l’attribution et à la répartition des terres entre les communautés Bantou et peuples autochtones.

Je ne vais pas verser dans la controverse sur le bilan de ces affrontements. Un décompte faisant état des dizaines de morts a été évoqué, mais non confirmé des sources officielles. J’ai cependant noté une convergence de vues sur la cause de ces affrontements, à savoir un conflit foncier.

La cohabitation entre les deux communautés est difficile dans certaines régions de la RDC. Arrivés par plusieurs vagues lors des flux migratoires, il y a des dizaines d’années, les Bantous, majoritaires, se considèrent comme maîtres des terres. Ce, face à des populations autochtones (pygmées), connues pour leurs liens avec les terres ancestrales, mais confrontées à un défi majeur : la reconnaissance de leurs droits les plus fondamentaux sur leur espace traditionnel et ses ressources naturelles.

Indigenous People Dancing

La défense de ces droits débouche souvent sur des heurts violents, à l’image de ceux qui ont eu lieu dans la province du Tanganyika. Beaucoup de solutions ont été testées pour mettre fin à ces tensions. C’est le cas des clauses sociales qui exigent aux exploitants industriels de réaliser certains projets de développement local. Mais cela s’est avéré inefficace, surtout dans le contexte d’une exploitation industrielle mal encadrée.

Pour ma part, je reste convaincu que la foresterie communautaire constitue une solution alternative qui pourrait contribuer directement à désamorcer les tensions. Premièrement, en les aidant à garantir leurs droits traditionnels et à détenir légalement des concessions forestières communautaires. Ce qui devrait mettre fin à toute forme de confusion.

En vertu de la réglementation sur les forêts communautaires locales, Greenpeace Arica met en œuvre un projet pilote en RDC, dans deux sites du nord du pays : Bikoro dans la province de l’Équateur et Lisala dans la province de Mongala.

 DRC Provinces

Outre les droits fonciers des populations autochtones et des communautés locales, l’autre objectif du projet consiste à en former les bénéficiaires les moyens de gérer durablement leurs forêts et de générer des revenus afin d’améliorer leurs moyens de subsistance. Environ 900 personnes seront directement concernées par ce projet pilote.

J’estime donc qu’il est crucial que le gouvernement congolais et les donateurs, en particulier ceux de l’Initiative des forêts d’Afrique centrale (CAFI), un partenariat visant à réduire les émissions de carbone provenant de la déforestation lancé par l’ONU et le gouvernement norvégien, allouent des fonds nécessaires aux projets communautaires.

Chers partenaires, l’efficacité de vos interventions dépendra aussi de la capacité des fonds que vous injectez à contribuer à une cohabitation pacifique entre les communautés.

Réajustez le tir, agissons maintenant !


[1] Le terme Bantou se réfère à une communauté linguistique qui couvre la majeure partie de l’Afrique centrale et australe avec quelque 400 langues apparentées, connues sous le nom de langues bantou. Ils représentent 80% de la population de la RDC

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