Le traité des Nations Unies sur la haute mer entrera en vigueur le 17 janvier. Cela marque le début d’une nouvelle ère pour la protection de l’océan. Après plus de vingt ans de négociations diplomatiques et de pression de la société civile partout dans le monde, les pays qui ont ratifié la convention sont désormais légalement tenus de prendre des mesures pour protéger efficacement les écosystèmes vulnérables dans les eaux internationales. Greenpeace appelle ces pays à créer dès que possible des réserves marines et recommande cinq zones prioritaires à protéger.
En septembre dernier, le traité sur la haute mer a atteint le cap des soixante ratifications. Cela lui permet aujourd’hui, soit 120 jours plus tard, d’entrer officiellement en vigueur. À l’heure actuelle, 81 pays ont ratifié la convention, dont la Belgique, et 145 pays l’ont signée.
« Nous célébrons aujourd’hui l’aboutissement de deux décennies d’efforts constants pour protéger la haute mer, habitat de millions d’espèces et d’écosystèmes essentiels », se réjouit Ruth-Marie Henckes, chargée de campagne océan chez Greenpeace Belgique. « À l’heure actuelle, moins de 1 % de l’océan est protégé. Ce chiffre doit passer à 30 % d’ici 2030. Notre message aux gouvernements est clair : il faut travailler rapidement à la création des premières réserves marines et limiter le pouvoir des entreprises qui exploitent l’océan. Chaque mois de retard cause des dommages supplémentaires à la vie marine, si belle et si fragile. »
Le traité sert de cadre juridique à la création de réserves marines à grande échelle dans les eaux internationales, où l’océan sera protégé contre la pollution et la pêche industrielle, entre autres. Ces réserves marines contribueront à lutter contre la crise climatique, à enrayer la perte de biodiversité et à protéger la sécurité alimentaire de milliards de personnes.

Sur la base des propositions des scientifiques, Greenpeace établit cinq zones prioritaires pour la création de réserves marines protégées. Ces zones abritent une biodiversité exceptionnelle, avec de nombreuses espèces rares et menacées. Elles sont également soumises à une forte pression due à la pêche industrielle, à la pollution plastique et à la crise climatique.
Vous trouverez plus d’informations sur ces zones, notamment leurs caractéristiques uniques, les menaces qui pèsent sur elles et leurs espèces emblématiques, dans notre briefing média.
Bruxelles, candidate pour accueillir le secrétariat du traité
La Belgique est candidate pour accueillir le secrétariat du traité sur la haute mer. Notre pays mise pour cela sur la grande accessibilité de Bruxelles et le rôle de carrefour diplomatique joué par notre capitale. Mais un important problème persiste sur le fond, qui la place en position de faiblesse : la Belgique continue de soutenir l’exploitation minière en eaux profondes, une industrie qui menace directement l’océan. C’est pourquoi des pays comme la France soutiennent la candidature du Chili, qui plaide lui en faveur d’une interdiction de l’exploitation minière en eaux profondes.
« La Belgique aime se présenter sur la scène internationale comme un leader en matière d’océans, mais elle doit encore tenir ses promesses », conclut Ruth-Marie Henckes. « Nous attendons d’elle qu’elle joue un rôle actif dans l’identification rapide de réserves marines prioritaires. En outre, la Belgique doit soutenir le moratoire sur l’exploitation minière en eaux profondes. On ne peut pas être un leader en matière d’océans en organisant la destruction des grands fonds marins. »
À la suite de l’entrée en vigueur du Traité sur les océans, 44 organisations de la société civile belges et internationales ont adressé une lettre aux ministres Prévot, Verlinden et Clarinval, appelant elles aussi à un moratoire sur l’exploitation minière des grands fonds marins.
Vous trouverez plus d’informations sur les réserves marines prioritaires et le contenu du traité de l’ONU sur la haute mer dans ce briefing média.

