Ce 11 mars marque le 15e anniversaire de la catastrophe de Fukushima, au Japon. C’est un moment important pour commémorer les nombreuses victimes du séisme et du tsunami de 2011. Les pensées de Greenpeace Belgique vont vers les victimes et leurs familles, qui subissent encore aujourd’hui les conséquences de cette catastrophe.

Greenpeace activists protest against nuclear power in advance of the March 11 memorial for the Fukushima Daiichi disaster.

15 ans après, les conséquences de la catastrophe nucléaire se font toujours sentir

La double catastrophe naturelle a été suivie d’une grave catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima Daiichi. Le combustible de trois réacteurs a fondu à travers le fond de la cuve (meltdown) et les bâtiments des réacteurs ont été détruits. Cela a entraîné la dispersion de grandes quantités de matières radioactives, ce qui a non seulement compliqué l’évacuation et l’aide aux victimes du séisme et du tsunami, mais a également rendu une vaste zone inhabitable jusqu’à aujourd’hui.

Quinze ans plus tard, cette catastrophe nucléaire est toujours d’actualité. Plus d’un million de mètres cubes d’eau contaminée par la radioactivité sont stockés sur le site de la centrale, et sur les quelque 880 000 kilogrammes de matières hautement radioactives (barres de combustible fondues mélangées entre autres à de l’acier et du béton), seuls 0,9 gramme ont été retirés. La promesse du gouvernement japonais de démanteler complètement la centrale d’ici 2050 est de toute évidence totalement irréalisable.

L’énergie nucléaire représente le comble de l’irresponsabilité

Pourtant, les gouvernements japonais successifs s’efforcent depuis des années de revenir à l’énergie nucléaire.Pour Sam Annesley, le directeur de Greenpeace Japon, ce choix est le  “comble de l’irresponsabilité” . “Nous devons changer fondamentalement ce système énergétique à l’origine de tant de souffrances et de pertes. L’énergie nucléaire dépend à 100 % de l’uranium importé, elle est vulnérable aux attaques physiques ou cybernétiques, et il n’existe aucune stratégie pour le stockage définitif de tous les déchets nucléaires.”

Les problèmes liés à l’énergie nucléaire sont bien connus chez nous aussi, en Belgique. Comme le pétrole et le gaz, l’uranium nécessaire à notre pays pour le nucléaire doit être importé. Et comme pour le pétrole et le gaz, la Russie et les États-Unis sont les principaux fournisseurs. Et si la Belgique ne dispose pas de matières premières, elle dispose en revanche à la pelle de déchets nucléaires, qui resteront dangereux pendant des dizaines de milliers d’années. A ce jour, plus de 50 ans après le démarrage des premiers réacteurs nucléaires belges, il n’existe toujours pas de plan concret pour gérer cette montagne de déchets qui continue de grandir.

L’urgence de développer l’énergie éolienne en mer

Entre-temps, les velléités nucléaires de nos responsables politiques retardent le déploiement des énergies renouvelables. EnergyVille/Vito a récemment calculé que le retard de 5 ans déjà accumulé dans la construction de nouveaux parcs éoliens en mer pourrait ajouter 400 millions d’euros par an à notre facture d’électricité. L’achat d’énergie renouvelable à l’étranger pour combler notre propre déficit pourrait coûter 100 millions d’euros supplémentaires par an. L’économiste Koen Schoors qualifie ce retard politique de « l’une des décisions économiques les plus stupides de ce siècle ».

Notre ministre de l’Énergie, Mathieu Bihet donne la priorité à la prolongation de l’exploitation d’anciennes centrales nucléaires, ou à la construction très hypothétique de nouveaux réacteurs. Se faisant, il néglige les énergies renouvelables. Ses priorités ne semblent donc pas être nos factures, ou le climat. 

Le point de départ de notre politique devrait pourtant se concentrer sur les seules énergies renouvelables. Produites localement, sans dépendance coûteuse à des importations d’uranium, elles sont stables, bon-marché, elles n’émettent pas de CO2, ni ne produisent de déchets nucléaires.

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