Le bureau de Montréal de Greenpeace Canada, en collaboration avec Wapikoni Mobile et Amplifier Films, a organisé la semaine dernière, le 28 janvier, une projection de film et une discussion sur le thème de la protection de nos forêts, en soutien aux défenseurs des terres autochtones, aux groupes locaux et aux militants qui luttent contre le projet de loi 97 de réforme forestière du gouvernement du Québec.

Photo crédit: Esmé James

En septembre 2025, le gouvernement de la Coalition Avenir Québec a abandonné le projet de loi 97 lorsqu’il s’est vu confronté aux critiques croissantes des chefs des Premières Nations, des groupes environnementaux, des militants et d’autres personnes qui jugeaient la réformehautement exploiteuse et trompeuse. Ce projet de loi visait à diviser l’étendue forestière provinciale en trois zones : une privilégiant la conservation, une axée sur la production du bois et une troisième à usages multiples. Or, dans les faits, il a donné lieu à une vision de la gestion forestière qui, selon certains, aurait pu mener à un écocide et à un génocide culturel contre les peuples autochtones.

Malgré le retrait du projet de loi 97, les entreprises forestières, motivées par le profit, continuent de ravager les forêts, la biodiversité et les terres volées en toute impunité pour produire du bois d’œuvre destiné à l’exportation. Greenpeace a récemment publié un rapport en deux parties intitulé« Quand papier rime avec opacité », qui dénonce les actions de Domtar, anciennement Paper Excellence, la plus grande usine de pâtes et papiers du Canada. Elle gère 22 millions d’hectares de forêts à travers le pays et est liée à un conglomérat mondial connu pour la destruction des forêts à l’échelle de la planète ainsi qu’à des conflits avec les communautés autochtones. Aujourd’hui, elle s’empare rapidement de nos forêts.

Photo: Amplifier films

À la lumière de ces découvertes, nous avons collaboré avec Wapikoni Mobile, un organisme à but non lucratif qui soutient les cinéastes autochtones partout au Canada, et Amplifier Films, une organisation de cinéastes et d’activistes qui filment la déforestation illégale depuis plus de cinq ans à Nitaskinan, en territoire atikamekw.

Six films ont été présentés au cours de la soirée. Ils ont non seulement capturé la résistance contre l’industrie extractive et d’autres projets d’« intérêt national », mais ils nous ont aussi réconforté et fait réfléchir à notre lien avec la terre, à notre responsabilité et à notre rôle de gardiens, notamment lors d’ (Un message de la Terre Mère) de la poétesse et écrivaine Denise Larocque et C’est moi, Landon de Landon Moise.

Photo credit: Esmé James

Après la projection des films, nous avons invité nos conférenciers à monter sur scène et à partager leurs expériences et leurs pratiques sur le sujet. Nous avons eu l’honneur pour cette soirée d’accueillir Robert Echequan, chef de la défense du territoire atikamekw. Robert est à l’avant-garde du mouvement de résistance au Camp Souveraineté 134 km, principal point de contrôle contre l’exploitation forestière illégale.

« Je mourrai ici en défendant mon territoire. Je ne renoncerai pas au combat », a-t-il déclaré après avoir dénoncé les injustices subies par sa région et l’inaction du gouvernement face à la déforestation illégale perpétrée par les entreprises du secteur.

Tout au long de la réunion, les membres du Front de Résistance Autochtone Populaire (FRAP) et du Front de Résistance Écologique et de Défense Autochtone (FREDA) ont manifesté leur soutien en ligne, appelant le public à soutenir les camps en créant davantage de barrages contre les activités forestières et minières sur le territoire Atikamekw. Ils ont également souligné l’importance majeure du soutien financier pour le maintien en activité des camps et ont lancé un appel aux dons.

De plus, notre panéliste invité, Nicolas Mainville, directeur conservation et climat à la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec), a partagé son point de vue sur les incertitudes actuelles du gouvernement de la CAQ, le manque de leadership et ses doutes quant à la transparence réelle du processus qui serait créé par la révision du projet de loi pour les groupes environnementaux et les mouvements autochtones.

Photo crédit: Esmé James

Prochaines étapes

Il est évident que le gouvernement provincial et ses bailleurs de fonds industriels doivent être tenus responsables de l’exploitation forestière industrielle intensive qui se poursuit, de la perte de biodiversité et des changements climatiques rapides.

Dans le cadre de notre travail continu chez Greenpeace, nous savons que les forêts canadiennes ne sont pas de simples actifs abstraits inscrits au bilan. Ce sont des écosystèmes vivants, des sources d’air et d’eau pures, des habitats pour la faune et des lieux essentiels à la vie et à la culture des populations. Lorsque des milliards de dollars de fonds publics sont liés à leur destruction, les Canadiens et Canadiennes méritent des réponses.

À cette fin, Greenpeace Canada a lancé deux pétitions pour demander au gouvernement d’agir :

  • Protéger nos forêts : Dénonçons le géant de l’exploitation forestière qui accapare les forêts au Canada.
  • Protégez la biodiversité au Canada : Exhortez le nouveau gouvernement à faire enfin passer une loi forte sur la nature. 

Faites entendre votre voix dès maintenant pour soutenir ces importants appels à l’action !

Photo crédit: Esmé James
Photo crédit: Esmé James

Vous souhaitez vous impliquer et en apprendre davantage? Voici quelques ressources importantes :

Soutenez le Camp Souveraineté (134 km):

  • Aidez financièrement le camp à poursuivre ses activités.
  • Suivez l’actualité du camp sur ses réseaux sociaux, notamment son compte .
  • Impliquez-vous auprès du camp. Pour plus d’informations sur l’accès et les différentes façons de participer, veuillez contacter directement Checkpoint Parent à partir d’Instagram.

Films de Wapikoni Mobile :

Soutenez Wapikoni Mobile en visionnant leurs films et en soutenant leurs cinéastes. Voici la liste finale des œuvres projetée lors de notre séance :

  • C’est moi, Landon
  • A message from Mother Earth (Un message de la Terre Mère)
  • Nous nous soulèverons
  • Nimocom otaski (La forêt de mon grand-père)
  • Onactasowin
  • Djodjo aki

Amplifier Films :

  • Découvrez leur court métrage BLOCAGE!, qui dépeint cinq années de résistance sur le territoire nehirowisiw, au cœur de Nitaskinan.

Découvrez leur dernier film, Hiver Atikamekw : ce film donne la parole aux sympathisants du Camp Souveraineté ainsi qu’aux aînés présents sur le territoire, et documente les pratiques de subsistance, notamment le piégeage d’un lynx. Il montre que la culture atikamekw est bien vivante et toujours pratiquée, hors de la réserve, au cœur de la forêt.