Le problème

Depuis longtemps, le Canada considère la nature comme un ressource à exploiter plutôt que comme une richesse à protéger

Cette politique d’extraction sans retenue dévaste les populations de saumon, détruit les dernières forêts anciennes de la Colombie-Britannique et augmente nos émissions annuelles de gaz à effet de serre.

Mais considérer la nature comme une entité distincte qui peut être continuellement pillée pour le profit est une grave erreur. Les forêts, les rivières et les océans qui alimentent la biodiversité du Canada sont essentiels pour nous aussi. Ils filtrent l’eau que nous buvons, éliminent le carbone de l’air et nourrissent les pollinisateurs qui aident nos cultures agricoles à pousser.

Ces écosystèmes sont également le territoire des peuples autochtones, qui veillent à leur santé depuis des temps immémoriaux et qui sont trop souvent criminalisés pour les avoir défendus. Le respect des droits des peuples autochtones et la protection de la biodiversité sont les deux faces d’une même médaille

Entre-temps, le gouvernement fédéral n’a pas respecté son engagement de protéger 17 % des terres et des eaux douces du Canada en vertu de la Convention sur la diversité biologique. De puissants lobbies industriels nient l’existence d’un problème afin de retarder l’action. Et les rares politiques en matière de biodiversité qui existent au Canada sont un méli-mélo fragmenté de lois provinciales, fédérales et territoriales qui subit d’interminables retards.

Ce contexte juridique signifie que les gouvernements priorisent systématiquement les grandes entreprises plutôt que les droits des peuples autochtones et un environnement sain, ce qui accélère le changement climatique et la perte de biodiversité à grande échelle.

La solution

Le Canada a besoin d’une loi solide sur la biodiversité qui protège la nature partout au pays – des forêts les plus imposantes aux brins d’herbes marins les plus petits – car chaque élément d’un système naturel contribue au bon fonctionnement de l’ensemble.

Cette loi devrait être élaborée en partenariat étroit avec les peuples autochtones, dont les droits et les connaissances sont essentiels à la régénération et à la protection des terres volées. Elle devrait soustraire le pouvoir accordé aux grandes entreprises afin de le remettre aux communautés les plus durement touchées par la dégradation de l’environnement. Et elle devrait établir des objectifs fermes en matière de protection de la biodiversité, assortis de rapports annuels à l’intention du public, afin de garantir la transparence et la reddition de comptes.

Enfin, si les objectifs et les rapports sont importants, la loi sur la protection de la biodiversité doit insuffler un changement de valeurs au sein de nos gouvernements afin de favoriser l’intégration de la crise écologique, du savoir autochtone et du rétablissement de notre lien avec la nature à tous les niveaux du processus décisionnel.