New York — Malgré d’importants progrès réalisés au cours des dernières 48 heures, les négociations entourant le Traité sur les océans des Nations Unies n’ont pas permis de parvenir à un accord permettant de protéger au minimum 30 % des océans d’ici à 2030. 

Les pays réunis au sein de la Commission de la Haute Ambition n’ont pas fait leurs devoirs à temps, et ont accepté bien trop tard des compromis sur des enjeux critiques, notamment celui  portant sur le financement, mettant en péril tous les autres progrès réalisés lors de cette ronde de négociations. En conséquence, et à moins que les ministres ne convoquent une réunion d’urgence, l’engagement pris par la Coalition de la Haute Ambition et par d’autres pays comme les États-Unis ─ à savoir conclure ces négociations en 2022 ─ n’a pas été respecté.

Les discussions sont maintenant suspendues. Leur reprise nécessitera l’organisation d’une nouvelle ronde de négociations. Le temps presse pourtant pour finaliser un traité permettant de protéger 30 % des océans de la planète d’ici à 2030 à travers la création de sanctuaires océaniques. Pour respecter les délais que la communauté scientifique estime nécessaire, une superficie de 11 millions de kilomètres carrés située en haute mer doit être mise hors de portée des activités humaines chaque année d’ici à 2030. Pour cela, un Traité mondial sur les océans doit être adopté sans délai cette année.

Sarah King, responsable de la campagne Océans et Plastiques de Greenpeace Canada, a déclaré :

« Les promesses de conclure un traité mondial sur les océans n’ont pas été tenues. Alors que le momentum s’est renforcé dans les dernières heures, ce fut trop peu trop tard. Et maintenant, les discussions sont bloquées jusqu’à ce que la volonté politique s’intensifie. Apparemment, deux décennies de discussions et de pertes catastrophiques dans les chaînes alimentaires marines, les écosystèmes et les communautés en première ligne ne suffisent pas à motiver les gouvernements à s’entendre sur un plan de protection des océans. 

Où était le leadership canadien lors de ces pourparlers, lorsque les promesses et l’ambition devaient se traduire en actions ? Il est difficile d’accepter un tel mépris, inexcusable considérant cette occasion historique de protéger la moitié de la planète. Nos océans sont en crise totale du fait de la libre circulation des industries destructrices et de la faiblesse des mesures de protection mises en œuvre, quand elles ne sont pas tout bonnement inefficaces ou inexistantes.  »

Laura Meller, porte-parole de la campagne « Protéger les océans » de Greenpeace, a également déclaré :

« Les océans soutiennent toute la vie sur Terre, mais ces deux dernières semaines, la coalition autoproclamée « de la Haute Ambition » n’a fait preuve de suffisamment d’ambition ou de dynamisme qu’aux dernières heures des négociations. En conséquence, elle n’a pas réussi à finaliser un Traité mondial sur les océans capable de protéger la haute mer. Les pays réunis au sein de cette commission ont promis un traité en 2022, et ce délai est pratiquement écoulé. La responsabilité ne leur incombe pas entièrement, d’autres pays ont délibérément fait obstruction, mais cet échec met en péril les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire de milliards de personnes dans le monde.

Si des progrès ont été réalisés, notamment concernant les sanctuaires océaniques, les membres de la Coalition de la Haute Ambition et des pays comme les États-Unis ont trop tardé à trouver des compromis, et ce, malgré leurs engagements. Le temps est compté. Tout retard supplémentaire entraînera la destruction des océans. Nous ressentons de la tristesse et de la déception. Tant que les pays en resteront aux discussions, les océans et toutes celles et ceux qui en dépendent vont souffrir. »

Alors que certaines coalitions, comme le groupe des îles du Pacifique et des Caraïbes, ont fait pression pour que le traité franchisse la ligne d’arrivée, les pays du Nord ont seulement commencé à négocier des compromis au cours des derniers jours, après avoir été informés  jeudi matin que les pourparlers étaient sur le point d’échouer.

La Russie a également joué un rôle clé dans le blocage des négociations, refusant de s’engager dans le processus du traité lui-même ou de tenter de trouver un compromis avec l’Union européenne et de nombreux autres États sur un large éventail de questions.

Sans l’organisation d’une session extraordinaire d’urgence pour conclure les négociations du Traité mondial sur les océans avant la fin de l’année 2022, il sera difficile de protéger 30 % des océans du monde d’ici à 2030 ─ l’objectif 30×30 qui, selon les scientifiques, est la cible minimum nécessaire qui donnera une chance aux océans de se rétablir. 

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