21 novembre 2018 (MONTRÉAL) — Plus de 27 000 Canadien·ne·s ont participé à la consultation publique nationale intitulée « Direction : zéro déchet de plastique au Canada » [1], par le biais de la page d’action de Greenpeace Canada, lançant ainsi un message clair à la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna. Cette participation démontre que les Canadien·ne·s s’attendent à de l’action de la part du gouvernement fédéral – que ce soit par l’élimination progressive des plastiques à usage unique, la mise en place de réglementations et d’interdictions pour réduire la production des plastiques inutiles à la source, par des sanctions aux multinationales pour leurs impacts environnementaux et sociaux et par des investissements dans des solutions durables.

Le gouvernement fédéral aura la chance de faire preuve de leadership ce vendredi, lors de la réunion annuelle du Conseil canadien des ministres de l’environnement (CCME) où la stratégie nationale de lutte contre la pollution plastique est à l’agenda. Les lignes directrices de la stratégie devrait être publiées suite à la réunion.

« Tout comme le rétablissement de la couche d’ozone nécessitait l’interdiction de certains produits chimiques destructeurs, bannir les plastiques à usage unique est nécessaire pour lutter contre la pollution plastiques à la source, en limitant considérablement les déchets qui se déversent dans notre environnement et étouffent nos océans, dit la responsable de la campagne Océans et Plastiques à Greenpeace Canada, Sarah King. D’autres pays et villes à travers le monde interdisent déjà les articles en plastique jetables les plus inutiles et les plus problématiques. Le Canada doit joindre ce mouvement grandissant si nous espérons que notre stratégie nationale aie un impact significatif et fasse face à ce problème important. »

Rappelons qu’en octobre dernier, le Parlement européen a voté en faveur de l’interdiction d’une gamme de produits de plastique à usage unique, notamment des cotons-tiges, des pailles, des couverts et des contenants pour aliments et boissons en polystyrène expansé, ainsi que de diverses autres mesures visant à réduire les déchets plastiques et la pollution. Quelques semaines auparavant, Mme McKenna avait également annoncé que le gouvernement fédéral abandonnerait certains produits de plastique à usage unique, tels que les pailles, les couverts, les emballages, les gobelets et les bouteilles, dans le cadre de ses propres activités, et ce d’ici 2030. Par contre, le gouvernement n’a publié aucun projet d’interdiction nationale du plastique à usage unique.

« En s’engageant à éliminer l’utilisation des plastiques à usage unique dans les opérations fédérales, le gouvernement fédéral a reconnu que les interdictions sont des outils efficaces pour réduire les déchets plastiques, a conclu madame King. Il est maintenant temps que la ministre McKenna bonifie cet engagement et mette en place des réglementations similaires à l’échelle nationale pour mettre un terme aux millions de tonnes de déchets plastiques produites chaque année au Canada. Étant donné l’étendue du plastique déjà présent dans notre environnement, le recyclage et l’augmentation du pourcentage du contenu recyclé dans nos produits ne résoudront pas la situation. Nous avons besoin d’une stratégie gouvernementale à la hauteur du problème.”

Par le biais de multiples pétitions, un nombre croissant de Canadiens font appel à la ministre de l’Environnement et du Changement climatique afin qu’elle interdise les plastiques à usage unique à travers tout le pays. Un sondage panoramique commandé par Greenpeace et d’autres groupes environnementaux a révélé que 65% des Canadiens interrogés souhaitent que le gouvernement agisse rapidement pour interdire les plastiques à usage unique. À travers le pays, diverses municipalités ont déjà pris l’initiative et ont interdit certains produits à usage unique tels que les sacs en plastique et les pailles. Greenpeace demande au gouvernement fédéral de prendre des mesures rapides et constructives pour mettre fin au problème du plastique à la source et de soutenir de nouveaux systèmes de livraison de produits plus durables.

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Notes à l’éditeur

[1] Le rapport final sur la consultation publique « Direction : zéro déchet de plastique au Canada » indique que plus de 1 900 commentaires et courriels et 12 000 lettres de campagne ont été soumis. Toutefois, selon les calculs de Greenpeace Canada, se serait plus de 27 000 personnes qui auraient présenté des commentaires et des e-mails via un lien créé spécifiquement pour encourager la participation à la consultation publique. Cet écart est préoccupant, car l’opinion de 27 000 personnes ayant pris le temps de s’exprimer semblent avoir été ignorées dans l’analyse finale.

[2] Grâce aux opérations nettoyages et aux enquêtes de marque menées sur le terrain par Greenpeace et ses alliés en septembre 2018, nous avons constaté que les déchets des multinationales Nestlé, Tim Hortons, PepsiCo., The Coca-Cola Company and McDonald’s représentent 46% du total ramassés. De meilleures infrastructures et plus de recyclage comme le proposent ces multinationales ne peuvent pas contrer la production et la consommation massive de plastique jetable. De plus, aucune d’entre-elles n’a de plan de réduction de sa production ou de modification de son marketing des plastiques à usage unique. Nestlé, Tim Hortons, PepsiCo., The Coca-Cola Company, McDonald’s et tant d’autres contribuent à la crise de la pollution plastique.

[3] Compte tenu de la gravité de la pollution plastique dans les océans et l’environnement, il est clair que le recyclage ne règlera pas le problème. Au Canada, les données démontrent que seulement 10 à 12% des matières plastiques sont recyclées et les faits démontrent que le recyclage n’est pas suffisant pour empêcher les déchets plastiques de se retrouver dans l’environnement. Plus de 90% de tous les plastique produits n’ont pas été recyclé. L’ampleur et le volume de la production de plastique, qui devrait quadrupler d’ici 2050, montrent clairement que nous ne résoudrons pas cette crise par des efforts de recyclage et des accords volontaires. L’augmentation du contenu recyclé et l’amélioration des systèmes de recyclage ne devraient être considérées que comme une mesure provisoire alors que nous travaillons à l’élimination totale des plastiques à usage unique.

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Philippa Duchastel de Montrouge, Conseillère aux communications, Greenpeace Canada,
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