Une série de blogue pour vous guider vers une alimentation plus résiliente en temps de crise sanitaire… et environnementale

Le confinement forcé par la crise du coronavirus amène plusieurs d’entre nous à repenser et modifier notre alimentation. Que ce soit parce que nous disposons de plus de temps pour cuisiner ou en raison des questionnements entourant nos systèmes alimentaires que la crise fait émerger, l’alimentation s’est hissée en tête des sujets abordés dernièrement. 

Vous avez certainement vu sur les réseaux sociaux ces derniers temps vos ami·es publier à propos de leurs semis, et peut-être que cela vous a donné envie de vous y mettre aussi. Voici un petit guide de démarrage en autosuffisance alimentaire que vous pouvez mettre en pratique chez vous, seul·e ou avec vos proches. Même les enfants peuvent expérimenter avec vous! Comme quoi on peut profiter du temps dont on dispose durant cette crise pour redéfinir notre alimentation et la rendre plus résiliente, individuellement et collectivement.

Avant de débuter votre lecture, vous pouvez demander à votre maire·sse de se joindre à votre communauté pour construire une ville où l’alimentation est saine et locale.

Faire ses semis

Faire ses semis chez soi, c’est bien plus simple qu’on pourrait le penser! Cela prend évidemment un peu d’espace et d’éclairage (qui peut être naturel), quelques contenants, des semences et le tour est joué. Ensuite, à nous le plaisir de voir croître chaque jour sous nos yeux nos petites plantes! Voici quelques étapes pour démarrer votre projet de jardin maison:

Tout d’abord, si vous n’avez pas de contenants de jardinage, vous pouvez transformer des contenants puisés dans le bac de recyclage comme des cartons de lait, des boîtes d’oeufs, et autres trouvailles inspirantes que vous pouvez convertir en contenants à semis.

Les matières dans le bac de récupération peuvent devenir des contenants à semis.
(Photos MJ Béliveau)

Ensuite, plusieurs tutoriels sont disponibles sur le web pour vous indiquer la marche à suivre pour la plantation. Par exemple, Ismael Hautecoeur propose une série de vidéos facilement compréhensible, intitulée Semis d’urgence pour lutter contre l’isolement végétal.

Si vous n’avez pas de semences à disposition, l’initiative Un jardin pour la vie, recense plusieurs semenciers québécois et il est possible de faire ses achats en ligne. Nous recommandons de préférer les semences issues de techniques biologiques et traditionnelles, comme celles de Terre Promise et Le Noyau.

Prenez le soin de choisir des semences convenant à vos besoin et à votre espace. (Photo MJ Béliveau)

La croissance des semis est facile. Nous vous recommandons toutefois de prévenir la maladie de la fonte des semis en portant un soin particulier à la composition du terreau et en adaptant l’arrosage pour limiter l’humidité. Pour les dates préférentielles des semis, on peut expérimenter ou consulter un calendrier de semis. À noter que les dates varient selon les régions géographiques. Finalement, vous pouvez disposez vos plants dans un endroit aéré permettant une belle luminosité pour vos petites pousses. Pour ma part, j’ai transformé un meuble (ma desserte de cuisine) en mini serre. De toute façon, on s’entend que par les temps qui courent, je ne reçois que très peu… 😉

Un fois que vos plants ont atteints une certaine hauteur, vous pouvez les diviser et les replanter dans des contenants leur offrant un peu plus d’espace. Certaines plantes peuvent facilement demeurer en pot dans votre cuisine ou sur votre balcon, notamment les fines herbes et les fleurs comestibles. D’autres, telles que les légumes, apprécieront une mise en terre lorsque le temps sera clément, en juin. À noter que certaines semences se plantent généralement directement en terre, telles que les haricots et les laitues. Vérifier les indications spécifiées par le semencier.

Les sachets de semences affichent souvent les indications de plantations.

Pour aller plus loin… 

À la fin de la saison de jardinage, vous pourriez expérimenter de recueillir et déshydrater certaines semences que vous aurez produites, pour les replanter l’an prochain! Vous pouvez par exemple, suivre les conseils du Jardinier paresseux qui vous montre comment faire ce tour de magie complètement naturel! 

Récolter ses semences est un geste écologique et économique. En quelques étapes simples, vous pouvez produire des centaines de plantes en partir de quelques unes, ce qui permet des grandes économies. En plus de participer au magnifique cercle de la vie et d’accroître votre autonomie, récolter ses semences est facile et la conservation des semences prend très peu d’espace. En autant qu’elles soient dans un endroit sec et à l’abri de la lumière, vos petites graines germeront aisément l’an prochain.

Cultiver sur un balcon ou une terrasse

Qui a dit qu’il était nécessaire d’avoir accès à un jardin pour profiter des bienfaits de l’agriculture?! Il est possible de jardiner sur un balcon ou une terrasse, pourvu qu’il y ait au moins quatre heures de soleil par jour. Vous y trouverez même des avantages, comme une récolte à portée de main et des légumes qui ont tendance à mûrir plus vite sur un balcon bien ensoleillé! 

Presque tous les légumes peuvent se cultiver en contenant! Certains ne sont pas très appropriés par contre. Le maïs par exemple est à éviter, car il nécessite trop d’espace. Toutefois, les légumes grimpants, comme les concombres, les pois et les haricots, sont particulièrement propices à la culture sur balcon, car ils occupent moins d’espace qu’un légume qui a besoin de s’étaler. N’hésitez pas à utiliser des contenants récupérés et si l’espace manque, pourquoi ne pas expérimenter des jardins suspendus ou verticaux, en récupérant des palettes de bois par exemple. 

Vous pouvez commencer à préparer votre jardin urbain quand les nuits commencent à dépasser 10 °C. Un potager sur balcon pousse très rapidement, vous serez vite prêt·es à déguster les fruits de votre labeur! 

La centaurée : une belle fleur comestible qui plait aux abeilles et aux papillons. (Photo MJ Béliveau)

Cultiver son jardin intérieur 

En plus des semis extérieurs qui peuvent fournir de nombreux aliments, il est possible  d’agrémenter votre assiette en essayant quelques autres plantations intérieures faciles d’entretien. En effet, lorsqu’il fait trop froid dehors pour cultiver son potager, on peut se tourner vers le jardinage intérieur.

Les pousses et micros pousses permettent d’avoir dans vos assiettes de la verdure fraîche à l’année et d’ajouter de la texture et du goût aux sandwichs, salades et autres plats. On distingue trois types de culture: les germinations, les jeunes pousses et les bébés verdures. Les cultiver soi-même est facile et amusant, éducatif pour les enfants, en plus de réduire le transport et l’emballage de vos aliments. Cela évite aussi qu’ils perdent leurs nutriments pendant leur transport. 

La germination a énormément de bienfaits méconnus. Elle a pour effet de multiplier la teneur en vitamines et en enzymes des aliments et sont riches en antioxydants. La germination rend aussi les graines plus faciles à digérer puisqu’en germant, ces dernières transforment les glucides, les protéines et les lipides qu’elles contiennent. Puis, certains nutriments, notamment le fer, sont mieux absorbés par le corps lorsqu’ils proviennent d’aliments germés. Elle est donc un plus pour la santé!

Pour procéder, on peut s’équiper de contenants spécifiques, tels ceux vendus en ligne par Mano Verde, ou, tout simplement, utiliser des pots massons

Pour aller plus loin…

Le temps du confinement peut aussi être un moment pour expérimenter et faire soi-même son tofu, son lait d’avoine ou encore son kombucha maison. Adoptez une maman kombucha disponible dans votre entourage, ou trouvez la en ligne, par exemple chez Révolution Fermentation. Vous pouvez aussi lui donner vie grâce à des recettes simples, telle que celles de Food La Vie.

La révolution dans votre assiette

La crise sanitaire que nous traversons et les impacts qu’elle a sur nos systèmes alimentaires que ce soit au niveaux local ou global, peuvent être une opportunité de repenser notre lien à l’alimentation et de développer notre résilience alimentaire. Expérimenter des façons  de produire soi-même des aliments est une belle occasion d’améliorer son autonomie alimentaire personnelle. Peut-être que la révolution débutera dans notre assiette après tout ! 

Et surtout, en ces temps difficiles, continuez à bien prendre soin de vous !