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#Alimentation #Autochtones #Climat #Forêts #Santé Doug Ford : stoppez la « pluie de la mort »

Envoyez un courriel à Doug Ford pour lui demander de mettre fin à la pulvérisation de glyphosate. Protégez l'environnement, les droits des Autochtones et la…

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Tout commence par une coupe à blanc.

Puis, alors que la forêt commence à repousser, les hélicoptères survolent la région afin d’y pulvériser du glyphosate – un ingrédient clé du pesticide Roundup de Monsanto.

Ce produit chimique empoisonne et détruit les arbres, les arbustes et les plantes qui repoussent. Il reste présent dans l’écosystème pendant des années [1].

Enfin, lorsque les arbres sont morts, l’industrie forestière revient pour replanter seulement une poignée d’espèces d’arbres les plus profitables pour l’exploitation. Grâce à « l’aide » du glyphosate, la forêt naturelle a effectivement été remplacée par une quasi monoculture de pins et d’épinettes.

Et cela se produit chaque été dans les forêts de l’Ontario. Les connaissances scientifiques autochtones, les observations des personnes vivant dans les environs et un nouveau corpus scientifique occidental confirment tous que les impacts de cette pratique sont catastrophiques.

Bouleaux morts après pulvérisation aérienne de glyphosate. Photo: Joel Theriault

Le groupe TEK Elders de la rive nord du lac Huron, en Ontario, font état de répercussions importantes sur l’ensemble de l’écosystème : « Nous croyons que le glyphosate et les additifs qui renforcent sa puissance nuisent à la santé et au bien-être de l’eau, du sol, des oiseaux, des plantes, des poissons, des amphibiens, des invertébrés, des humains et des autres mammifères [2] ». Ses membres mettent en garde contre la chute drastique du nombre d’animaux sauvages tels les castors, les porcs-épics, les mouffettes, les oiseaux et les abeilles. [3]

Les plantes qui survivent à la pulvérisation de glyphosate initiale présentent d’étranges mutations. De petites quantités de ce produit chimique ont été détectées des années plus tard dans leurs feuilles, leurs fruits, leurs fleurs et leurs racines [4], qui sont des sources de nourriture pour une grande variété d’animaux sauvages.

La forêt de conifères plantée après la pulvérisation de glyphosate ne peut pas abriter la même gamme d’habitats qu’une forêt mixte [5]. Elle est plus chaude et plus sèche, et plus sujette aux incendies de forêt dévastateurs [6]. De plus, elle absorbe et stocke moins de carbone [7].

À mesure que notre planète se réchauffe, nous pouvons nous attendre à une augmentation dévastatrice des phénomènes météorologiques exacerbés par le climat. Les spécialistes des feux de forêt prévoient que l’indice forêt-météo augmentera de 50 % dans l’Ouest canadien et de 300 % dans l’Est du pays d’ici la fin du siècle [8].

Nous devons préserver les forêts mixtes, qui constituent des ressources naturelles essentielles permettant d’atténuer l’impact des feux de forêt.

Malgré les efforts de Monsanto [9], un nombre croissant de preuves scientifiques ont établi un lien entre le glyphosate et de très graves problèmes de santé chez les humains. On a remarqué qu’une forte exposition au glyphosate entraîne une hausse significative de certains types de cancer [10]. La consommation d’aliments contenant des niveaux soi-disant « sûrs » de glyphosate tue les bactéries intestinales bénéfiques, ce qui peut entraîner un large éventail de problèmes de santé, dont des maladies chroniques et des troubles de santé mentale [11]. Le glyphosate agit comme un perturbateur endocrinien (hormonal) et est lié à un risque plus élevé de malformations congénitales, d’avortement spontané et d’une multitude de problèmes reproductifs et de fertilité au sein de l’ensemble de la population[12].

Panneau d’avertissement dans la zone avec pulvérisation de glyphosate.Photo: Joel Theriault

Pourtant, le gouvernement fédéral soutient que « les produits contenant du glyphosate ne présentent pas de risques inacceptables pour la santé humaine ou l’environnement lorsqu’ils sont utilisés conformément au mode d’emploi révisé de l’étiquette du produit [13]. » Et les gouvernements provinciaux, comme celui de Doug Ford en Ontario, utilisent cette position comme justification pour continuer à autoriser la pulvérisation aérienne de glyphosate au dessus de nos forêts [14].

Les Premières Nations du Nord de l’Ontario se battent depuis des décennies pour mettre fin à la pulvérisation aérienne de glyphosate sur leurs terres. Elles voient les impacts directs de la « pluie de la mort », comme de nombreux membres l’appellent. Cette pratique viole les droits fondamentaux des peuples autochtone en matière de santé et de sécurité, et en ce qui concerne la récolte de leurs aliments et médicaments traditionnels ainsi que le consentement aux activités sur leurs terres.

En février, les leaders des Premières Nations ont de nouveau demandé au premier ministre Ford d’agir[15], mais il a refusé.

Interdire le glyphosate en foresterie est incroyablement simple, et cela a déjà été fait. Le Québec a interdit l’utilisation du glyphosate et de tout autre herbicide en foresterie en 2001. À la place, la province utilise des méthodes manuelles pour gérer la repousse forestière, ce qui crée en fait plus d’emplois [16]. Cela coûte peut-être un peu plus cher aux entreprises forestières, mais elles ont réussi à rester en affaires sans problème.

Le mouvement populaire visant à mettre fin à la pulvérisation de glyphosate gagne en ampleur partout au Canada. L’année dernière, des manifestant·es ont mis fin à la pulvérisation en Nouvelle-Écosse [17]. D’autres mouvements populaires au Nouveau-Brunswick [18] et en Colombie-Britannique [19] visent également l’interdiction de l’utilisation de cet herbicide.

Maintenant, mettons fin à la pulvérisation de glyphosate dans les forêts ontariennes.

Doug Ford privilégie une fois de plus les intérêts d’une poignée de grandes entreprises au détriment des droits des Autochtones, de la science, de la santé et de la sécurité des Ontarien·nes, et de l’environnement.

Nous ne pouvons pas nous résigner au statu quo. Il est temps de soutenir la lutte des Premières Nations et d’exiger que Doug Ford interdise la pulvérisation de glyphosate dans les forêts de l’Ontario avant que d’autres forêts ne soient empoisonnées à leur tour!

Et si nous pouvons gagner en Ontario, nous pourrons alimenter les luttes de première ligne visant à interdire le glyphosate dans les autres provinces du Canada.


Les Références

  1. Wood, Lisa, conférence à l’UNBC en 2020, ‘Let’s talk about herbicide residues in forest communities: what are they doing?’.(anglais seulement)
  2. Site web des TEK Elders, ‘Our Position on the Proposed Re-evaluation Decision for Glyphosate’. (anglais seulement)
  3. APTN News, 2019, ‘Poison on our Landet le site web de TEK Elders (anglais seulement)
  4. Wood, Lisa, 2020 et 2019, ‘The presence of glyphosate in forest plants with different life strategies one year after application’, Canadian Journal of Forest Research. (anglais seulement)
  5. Herb Hammond, citation tirée d’un article de rabble.ca publié en 2021, ‘Stopping the ‘rain of death’ on Canada’s forests’.(anglais seulement)
  6. Lori Daniels citation tirée d’un article de la CBC publié en 2019, ‘Grooming forests could be making fires worse, researchers warn’.(anglais seulement)
  7. Herb Hammond dans Rabble.ca 2021
  8. L’Atlas climatique du Canada, https://atlasclimatique.ca/les-incendies-de-foret-et-le-changement-climatique
  9. Voir “The Monsanto Papers” or “The Monsanto Secret Documents” publiés par le cabinet d’avocats Baum Hedlund Aristei & Goldman. (anglais seulement)
  10. Zhang, Luoping et al., 2019, ‘Exposure to glyphosate-based herbicides and risk for non-Hodgkin lymphoma: A meta-analysis and supporting evidence’, Mutation Research/Reviews in Mutation Research. (anglais seulement)
  11. Barnett, Jacqueline A. & Deanna L. Gibson, 2020, ‘Separating the Empirical Wheat From the Pseudoscientific Chaff: A Critical Review of the Literature Surrounding Glyphosate, Dysbiosis and Wheat-Sensitivity’, Frontiers in Microbiology. (anglais seulement)
  12. Muñoz, Juan P. et al, 2020, ‘Glyphosate and the key characteristics of an endocrine disruptor: A review’, Chemosphere. (anglais seulement)
  13. L’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada, 2017, Re-evaluation Decision RVD2017-01, Glyphosate.
  14. CBC, 2019 ‘Governments say glyphosate is safe, but some say ‘poison’ is being sprayed on northern forests.(anglais seulement)
  15. Les chefs signataires du traité Robinson-Huron par le biais d’une déclaration conjointe écrite en date du 24 février. Source : APTN, 2021, ‘Greens get behind Great Lakes Anishinaabeg in fights against controversial herbicide, Enbridge Line 5.(anglais seulement)
  16. Roy, Vincent et al, 2003, ‘Integrated Forest Vegetation Management in Québec (Canada): An Effective Alternative to Herbicides’, Direction de la recherche forestière, Ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs du Québec. (anglais seulement)
  17. CBC, 2020 https://www.cbc.ca/news/canada/nova-scotia/herbicide-spraying-glyphosate-annapolis-county-protests-occupy-land-cancel-1.5728775 (anglais seulement)
  18. Stop Spraying New Brunswick, http://www.stopsprayingnb.ca/?page_id=118 (anglais seulement)
  19. Stop the Spray BC, http://stopthespraybc.com/ (anglais seulement)