Why gene editing is not the answer to the EUʼs environmental challenges

en français ci-dessous

In this briefing, Greenpeace warns that the use of so-called gene (or genome) editing techniques like CRISPR-Cas could not only exacerbate the negative effects of industrial farming on nature, animals and people, but it could effectively turn both nature and ourselves (through the food we eat) into a gigantic genetic engineering experiment with unknown, potentially irrevocable outcomes.

Gene editing is a set of new genetic engineering techniques that is both powerful and easy to use. It can be applied in medicine and in various industries, including agriculture, as much as by hobby scientists (biohackers) and the military.

This paper focuses on the environmental release of gene-edited organisms for agricultural purposes. In farming, the use of gene editing could extend far beyond the scope of old-style genetic modification (GM) technology. Potential applications are not limited to agricultural crops and farm animals, but extend to a wide range of wild species. Gene editing also makes it possible to transfer the genetic engineering process from controlled laboratory conditions to open fields and nonagricultural landscapes, essentially converting the environment into
the laboratory.

Proponents of GM technology want the EU to give a pass to most gene-edited organisms by excluding them from Europe’s regulations governing genetically modified organisms (GMOs). This would mean that farmers, retailers and consumers would no longer be able to reject GM products and opt for GM-free choices. It would leave the fate of our food and nature in the hands of a few corporations that have shown to have little regard for peopleʼs health and the environment.

However, new GMOs are indeed subject to existing EU GMO law pursuant to a July 2018 ruling by the European Court of Justice (ECJ). The EU Commission and Member States have a duty to fully apply and enforce EU GMO law, while fixing weaknesses in the areas of risk assessment, labeling and democratic oversight. The EU must make it a priority to adopt and implement policies that change the predominant chemical-based farming system towards ecological agriculture that works with, not against, nature.

Read the full briefing in English here.

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Dans cette note, Greenpeace met en garde contre l’utilisation de ce que l’on appelle les techniques d’édition génomique (ou du génome) telles que CRISPR-Cas, qui pourraient non seulement exacerber les conséquences négatives de l’agriculture intensive sur l’environnement, les animaux et les êtres humains, mais aussi transformer la nature et les populations (par le biais de notre alimentation) en laboratoire
géant d’expérimentation du génie génétique, entraînant des résultats incertains et potentiellement irréversibles.

Lʼédition génomique propose une palette de nouvelles techniques d’ingénierie génétique, à la fois efficaces et faciles à utiliser. Cellesci trouvent des applications en médecine et dans différents secteurs, notamment l’agriculture, mais séduisent aussi les apprentis scientifiques (biohackers) et l’armée.

Ce document se penche sur la libération dans l’environnement d’organismes au génome modifié à des fins agricoles. Dans ce secteur, l’utilisation de l’édition génomique pourrait avoir une portée bien
plus vaste que les technologies de modification génétique classiques. En effet, ses applications potentielles ne se limitent pas aux cultures et aux animaux d’élevage, mais touchent aussi à une grande variété
d’espèces sauvages. L’édition génomique permet en outre, avec le forçage génétique, au processus d’ingénierie génétique de sortir du contrôle des laboratoires pour s’appliquer sur les terres agricoles et non agricoles, transformant la nature dans sa globalité en laboratoire géant.

Les adeptes de ces nouvelles technologies souhaitent que l’Union européenne (UE) laisse le champ libre à la plupart des organismes au génome édité en les excluant des réglementations européennes qui
régissent les organismes génétiquement modifiés (OGM). Cela signifie que les agriculteurs, la grande distribution et les consommateurs ne seraient plus en mesure de choisir d’acheter des produits sans OGM.
Le sort de notre alimentation et de la nature serait ainsi entre les mains d’une poignée de multinationales qui ont déjà montré le peu de cas qu’elles font de la santé humaine et de l’environnement.

Pourtant, les nouveaux OGM sont en fait soumis à la législation européenne sur les OGM comme l’a statué en 2018 la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE). La Commission européenne et les
Etats membres ont le devoir de faire appliquer et mettre en oeuvre pleinement la législation existante sur les OGM et remédier à ses lacunes en matière d’évaluation des risques, d’étiquetage et de contrôle
démocratique. La priorité de l’UE doit être d’adopter et mettre en place des politiques qui permettent la transition d’un système agricole dépendant aux produits chimiques vers une agriculture écologique
qui travaille en accord avec la nature, et non contre elle.

La note complète disponible en français ici.