Un jugement définitif a été officiellement rendu dans le cadre du procès intenté contre Greenpeace par la grande compagnie pétrolière Energy Transfer.
Près d’un an après qu’un jury du Dakota du Nord ait décidé que trois entités de Greenpeace étaient redevables de plus de 660 millions de dollars de dommages et intérêts, la Cour a accordé 345 millions de dollars à Energy Transfer.
Mais ce n’est pas la fin de l’affaire, ni celle de Greenpeace USA.
Greenpeace va demander un nouveau procès et, si nécessaire, faire appel de la décision de la Cour suprême du Dakota du Nord. La loi est de notre côté, et nous avons foi en nos arguments.
Alors que s’ouvre un nouveau chapitre de cette saga judiciaire qui dure depuis maintenant huit ans, nous tenons à remercier toutes celles et ceux qui ont soutenu notre organisation. Votre engagement et votre préoccupation commune face à la menace que représente ce procès pour le travail de tant d’organisations et d’individus nous ont permis d’aller de l’avant.
Ensemble, nous montrerons aux Supermajors qu’ils ne nous détruiront pas par des procès.
L’héritage de Greenpeace USA de plus de cinquante ans d’actions directes non violentes, de manifestations pacifiques et de dénonciation des atteintes à l’environnement perdurera.

« Elles payeront pour ça. »
Ce sont les mots de Kelcy Warren, président du conseil d’administration d’Energy Transfer, en 2017, après que son entreprise ait poursuivi en justice les entités de Greenpeace pour avoir soutenu la résistance menée par les autochtones à Standing Rock.
Lors de sa plaidoirie finale lors du procès, l’avocat d’Energy Transfer a confirmé que leur mission restait inchangée. Il a déclaré au jury que les termes « solidarité » et « leadership autochtone » étaient en réalité des « mots codés trompeurs » et que statuer en faveur d’Energy Transfer allait « au-delà de cette affaire ».
Ce procès a toujours été mené par les grandes compagnies pétrolières qui cherchent à faire « payer » les manifestations contre le Dakota Access Pipeline, à effacer la souveraineté autochtone et à affaiblir le mouvement pour le climat.
Les Supermajors ont peur de ce qu’il s’est passé à Standing Rock. Ils ont vu une manifestation populaire menée par les autochtones dans le Dakota du Nord se transformer naturellement en un mouvement de résistance international qui a mobilisé des millions de personnes.
Ils ont vu à quel point le mouvement climatique peut être puissant. Energy Transfer a réclamé des « dommages et intérêts exemplaires » sans précédent, car l’entreprise espère que cette affaire serve de mise en garde à toute personne ou organisation qui envisagerait d’exercer son droit à la liberté d’expression ou à manifester pacifiquement.
Avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, le message est le même partout : obéissez et taisez-vous ou bien votre institution sera détruite.
Ce n’est pas un hasard si Energy Transfer et Kelcy Warren sont les plus grands donateurs de Trump dans le secteur des énergies fossiles. Et ce n’est pas un hasard si tout cela arrive alors que le monde est à court de temps pour atteindre ses objectifs climatiques.
S’il reste possible (et économiquement viable) pour l’humanité de réduire la pollution climatique à l’échelle nécessaire, cela ne se fera plus par des changements progressifs. Ce dont nous avons besoin nécessite la mobilisation massive d’un mouvement global.
Mais depuis les manifestations de Standing Rock, les lois anti-manifestations se sont multipliées aux États-Unis et à travers le monde. La liberté d’expression et le droit de manifester, deux des progrès les plus importants de l’histoire de l’humanité, n’ont jamais été aussi menacés.
Nous devons défendre ces droits. Notre avenir en dépend.
Nous ne laisserons pas les plus grandes compagnies pétrolières nous empêcher de vivre selon nos valeurs et de construire un monde meilleur.
Si les raisons de s’inquiéter sont nombreuses, elles le sont encore plus d’espérer. Nous avons beaucoup de travail devant nous, mais nous sommes toutes et tous dans le même bateau.
Ensemble, nous allons contraindre les entreprises du secteur des énergies fossiles à engager leur responsabilité financière pour des dommages qu’elles ont causés.
Ensemble, nous allons protéger nos océans et interdire l’exploitation minière en eaux profondes.
Ensemble, nous allons parvenir à un traité mondial sur les plastiques.
Ensemble, nous allons défendre la démocratie contre le fascisme.
Notre travail continue.


