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Six activistes de Greenpeace ont été arrêtés ce matin par le capitaine d’un tanker géant alors qu’ils abordaient pacifiquement ce cargo transportant de l’huile de palme de Wilmar International. Ce dernier, le plus gros négociant d’huile de palme au monde, s’approvisionne toujours auprès de producteurs responsables de déforestation. Les activistes protestaient ainsi pacifiquement contre la destruction des forêts tropicales.

Action contre « Stolt Tenacity »

Six activistes de Greenpeace montent à bord du cargo « Stolt Tenacity », chargé d’huile de palme venant d’Indonésie à destination de l’Europe, afin de manifester pacifiquement contre la destruction de forêts tropicales. © Jeremy Sutton-Hibbert / Greenpeace


Le cargo « Stolt Tenacity », long de 185 mètres, chargé d’huile de palme venant d’Indonésie à destination de l’Europe, a été escaladé en toute sécurité par des activistes de Greenpeace, originaires d’Indonésie, de France, d’Allemagne, du Royaume-Uni et des Etats-Unis. L’abordage a eu lieu à proximité de l’Espagne, dans le Golfe de Cadiz.
Avant d’être arrêtés, ils ont déployé des banderoles indiquant « Destructeurs des forêts tropicales » et « Stop à l’huile de palme destructrice ». Le capitaine du bateau a été informé par Greenpeace via radio VHF de la nature non-violente et pacifique de l’opération. Cependant, il a décidé de détenir  les grimpeurs et les grimpeuses dans l’une des cabines du cargo.
« Nous avons des contacts radio limités avec nos activistes et avons demandé au capitaine du bateau de les libérer, afin qu’ils puissent continuer à protester pacifiquement contre des entreprises comme Wilmar, qui inondent nos supermarchés et nos foyers d’huile de palme issue de la déforestation », déclare Hannah Martin, chargée de campagne à bord du bateau de Greenpeace, l’Esperanza, qui suit le « Stolt Tenacity » depuis plusieurs jours.
Wilmar est un des principaux fournisseurs du géant de l’alimentaire Mondelez, qui est lui-même un des plus gros acheteurs mondiaux d’huile de palme, qu’il utilise dans nombre de ses produits, comme les biscuits Oreo (1). Une enquête de Greenpeace International publiée en début de semaine a révélé que les fournisseurs d’huile de palme de Mondelez avaient détruit 70 000 hectares de forêts tropicales en Asie du Sud-Est en deux ans. Greenpeace a également trouvé des preuves que ces producteurs font travailler des enfants, exploitent leurs employé-e-s, provoquent des feux de forêts ou s’accaparent des terres (2).

« L’huile de palme peut être produite sans détruire les forêts. Plus d’un million de personnes dans le monde ont demandé à Mondelez que les choses changent. Il est grand temps pour Mondelez et les autres multinationales agroalimentaires et cosmétiques de les écouter et de ne plus commercer avec Wilmar, jusqu’à ce que ce négociant puisse prouver que son huile de palme n’a pas contribué à la déforestation »,  explique Kiki Taufik, responsable de la campagne Forêts pour Greenpeace Indonésie, à bord de l’Esperanza.

Le cargo « Stolt Tenacity » transporte de l’huile de palme en provenance d’une des raffineries de Wilmar à Dumai ou les deux, sur l’île indonésienne de Sumatra (3). Selon Wilmar, ces raffineries sont approvisionnées en huile de palme produite par des producteurs qui détruisent les forêts, notamment Bumitama, Djarum, la famille Fangiono et Gama (4).

« Je viens d’Indonésie. J’ai été témoin de l’impact dévastateur de la déforestation due à la production d’huile de palme et j’ai vu nos villes suffoquer sous les fumées provoquées par les feux de forêt. Je suis ici pour envoyer un message à Mondelez : l’huile de palme destructrice menace nos familles et nous n’en voulons pas dans nos supermarchés », explique Waya Maweru, une activiste venu de Sulawesi en Indonésie.

La destruction des forêts tropicales produit plus d’émissions de gaz à effet de serre chaque année que l’Union européenne dans son ensemble, dépassant tous les pays à l’exception des Etats-Unis et de la Chine. En octobre 2018, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a appelé à un arrêt immédiat de la déforestation pour limiter la hausse des températures planétaires à 1,5 °C.

Notes

(1) En 2017, Mondelez a utilisé 306 554 tonnes d’huile de palme et dérivés et, en 2016, Mondelez a utilisé 312 266 tonnes d’huile de palme. Basé sur l’analyse des listes d’ingrédients. Des variations de fabrication signifient que de l’huile de palme, de colza ou de soja peut être utilisée suivant les régions ou les usines.

(2) De par la nature du commerce de l’huile de palme (et des actions de l’entreprise), certains des 22 producteurs qui déforestent pourraient ne pas approvisionner actuellement Mondelez en huile de palme, bien qu’ils étaient tous des fournisseurs de la multinationale entre 2015 et 2017, quand les actes de déforestation ont eu lieu.

(3) Wilmar possède deux raffineries près de Dumai – une à Pelingtung et une à Dumai même. Toutes les deux sont appelées PT Wilmar Nabati Indonesia.

(4) En septembre 2018, Greenpeace International a publié une enquête portant sur 25 des producteurs d’huile de palme les plus destructeurs en Asie du Sud-Est. Wilmar a confirmé qu’elle s’approvisionnait auprès de 18 d’entre eux. En conséquence, elle a cessé de s’approvisionner auprès de certains de ces producteurs.

Selon les dernières données de Wilmar sur sa chaîne d’approvisionnement, qui couvrent la période allant de juillet 2017 à juillet 2018, au moins six de ces producteurs approvisionnaient les raffineries de Wilmar à Dumai, notamment Anglo-Eastern, Bumitama, Djarum, la famille Fangiono, Gama et Trurich (une entreprise associée à Felda-LTH).

PT Wilmar Nabati Indonesia – Pelintung: http://www.wilmar-international.com/sustainability/wp-content/uploads/2018/10/181026_WINA-PLT_L2.pdf

PT Wilmar Nabati Indonesia – Dumai: http://www.wilmar-international.com/sustainability/wp-content/uploads/2018/10/181026_WINA-DMI_L2.pdf

Article Source : Greenpeace France