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Dans de nombreux pays il existe un système de gestion des déchets qui prétend vendre, incinérer ou recycler les déchets plastiques collectés. Mais, en réalité, la majorité des déchets plastiques générés par les pays à haut niveau de revenu sont transportés vers des pays à revenu modeste ou moyen, où ces déchets plastiques sont importés pour être recyclés ou transformés. En janvier 2018, les pays à haut niveau de revenu ont perdu leur principal importateur lorsque la Chine a interdit l’importation de la plupart des déchets plastiques. Les pays d’Asie du Sud-Est ont immédiatement tenté de prendre le relais, la Malaisie se positionnant en tant que leader régional en important près de 500.000 tonnes entre janvier et juillet 2018 [1]. Un système de commerce international, basé sur des accords multilatéraux, est supposé réguler l’achat, la vente, l’importation et l’exportation de déchets plastiques recyclables. Une enquête récente de Greenpeace Malaisie a mis en évidence les failles de ce système de commerce international.

Les déchets importés ne sont souvent pas correctement transformés mais simplement jetés dans des décharges sauvages ou brûlés essentiellement de façon non-régulée, et ceci en violation des accords internationaux. De plus, des organisations criminelles du Sud-Est asiatique ont profité du manque de moyens des opérateurs légaux et des difficultés des autorités à faire face à l’augmentation des importations pour gagner beaucoup d’argent sale rapidement. Après les protestations d’activistes malaisiens et un certain nombre de nouveaux articles décriant comment des opérateurs illégaux semblent avoir jeté des déchets dans des endroits qui n’étaient pas prévus à cet effet ou les avoir brûlés sans précaution, le gouvernement malaysien, ainsi que d’autres pays, a pris des mesures visant à faire face à ce problème en imposant des interdictions temporaires d’importation des déchets plastiques. Cette interdiction est récemment devenue permanente pour les débris plastiques. Cependant, la définition légale de ces débris plastiques demeure vague.

Par ailleurs, la Malaisie a indiqué ne vouloir supprimer totalement les importations de déchets plastiques qu’au cours des 3 années à venir [2]. Pendant son enquête, Greenpeace a été choqué par l’étendue de la pollution environnementale et ses conséquences sanitaires induites par les incinérations illégales et le déversement des déchets plastiques importés. L’interdiction temporaire d’importation en Malaisie n’a pas permis d’endiguer les incinérations et déversements illégaux ou mal régulés. Ces derniers se poursuivent. Le contrôle existant et l’application des lois et règlements en Malaisie ne suffiront pas à faire cesser ces activités.

Greenpeace recommande fortement une application stricte et régulière de toutes les lois pertinentes ainsi que la fermeture des installations illégales ou non réglementées en Malaisie. Les autorités doivent enquêter et réprimer le(s) réseau(x) d’opérateurs non-autorisés, conduire des études complètes d’impacts environnementaux (air, eau, sol) et sanitaires sur les communautés locales ainsi que sur les sites concernés, mettre en place des mécanismes permettant d’assurer la transparence et la responsabilité du commerce de déchets plastiques. Les décharges illégales de déchets plastiques doivent être nettoyées pour éviter des dommages durables sur les populations, l’environnement et les moyens de subsistance des populations. Au niveau international, les pays exportateurs doivent identifier les cas de fraudes potentielles et de pratiques illégales de leurs industries. Le projet de retrait de la Malaisie du marché international ne doit pas conduire à un accroissement de ce type d’activités illégales ou non-régulées dans les autres pays d’Asie du Sud-Est comme la Thaïlande et l’Indonésie, qui peinent d’ores et déjà à faire face à l’augmentation de leurs importations. Enfin, une forte volonté des législateurs des pays importateurs et exportateurs sera nécessaire pour déconstruire le mythe du recyclage et réparer le système défectueux de recyclage des plastiques avant que le monde ne se noie sous la masse des déchets.

Références :
[1] A. Ananthalakshmi and E. Chow, “Swamped with plastic waste: Malaysia struggles as global scrap piles up,” October 25th, 2018. [Online]. (Lien) [Accessed: 08-Nov-2018].
[2] J. Kaos, “Import of plastic waste banned – Nation | The Star Online,” Oct 27th 2018. [Online]. (Lien) [Accessed: 01-Nov-2018].