#Biodiversité #Pollution

Écrivons un futur sans plastique

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Jennifer Morgan (directrice exécutive de Greenpeace International) a prononcé un discours à la 152ème Assemblée Générale des actionnaires de Nestlé.

Jennifer Morgan (directrice exécutive de Greenpeace International) a prononcé un discours à la 152ème Assemblée Générale des actionnaires de Nestlé. © Greenpeace

Bonjour, vous connaissez toutes et tous les images de la réalité – des emballages plastiques étranglant des tortues marines, piégeant des oiseaux et remplissant les estomacs de baleines mortes.

Le plastique étouffe nos rivières et nos océans, remplit les décharges, émet des fumées toxiques lorsqu’on le brule, transforme nos lieux de vie en décharges, ce qui est particulièrement visible en Asie du Sud-Est.

La pollution par le plastique est un désastre environnemental. Cela montre que quelque chose est cassé. C’est un signal que notre actuel système économique du prêt-à-jeter, basé sur une consommation sans fin à tout prix, ne peut pas continuer.

En septembre dernier, avec nos alliés du mouvement Break Free From Plastic nous avons identifié Nestlé comme une des principales entreprises dont les emballages plastiques polluent les plages, les cours d’eau et les lieux de vie sur tous les continents.

Nous savons où le plastique finit, nous pouvons le voir nous-mêmes. Des millions de personnes sur toute la planète réalisent d’où en vient une grande partie – de Nestlé.

Le plastique commence sous forme de produits pétrochimiques et il se trouve déjà dans nos aliments, notre eau et nos corps. Des scientifiques publient des études sur la menace pour la santé publique que constitue le plastique et commencent à en comprendre les massives implications. Mais la population exige que ce problème soit résolu, maintenant, sans retard.

L’année dernière, Nestlé a produit 1.7 million de tonnes de plastique – 13% de plus que l’année d’avant.

Nestlé devrait se préoccuper de l’inquiétude publique croissante sur la pollution plastique qu’elle génère, car de plus en plus de gens comprennent son rôle dans cette crise.

C’est l’occasion de montrer du leadership en faisant face à cette catastrophe planétaire, quelque chose que vous avez déclaré être votre objectif – être leader dans ce domaine.

Le leadership ne signifie toutefois pas de remplacer le plastique par un autre matériau à usage unique comme le papier ou du bioplastique ; cela ne ferait que déplacer les effets destructeurs de la culture du prêt-à-jeter sur les forêts et les terres agricoles, et perpétuer le mythe que le recyclage peut résoudre le désastre du plastique.

Le vrai leadership signifie faire face à la culture du prêt-à-jeter qui souligne l’actuel modèle d’affaire de Nestlé.

Cela signifie passer à des solutions d’emballage vraiment durables – des systèmes de distribution focalisés sur la recharge et la réutilisation.

Cela signifie être transparent sur votre empreinte plastique. Cela signifie s’engager immédiatement à réduire la production et l’utilisation de plastique à usage unique et établir des objectifs de réduction de toutes les unités d’emballage à usage unique comme principal objectif de votre stratégie.

Il est tout simplement inacceptable qu’une entreprise produise des centaines de milliards d’objets en plastique chaque année qui sont utilisés pendant quelques secondes puis laissés à empoisonner les lieux de vie, les chaînes alimentaires et les écosystèmes pendant des générations.

La question est simple. Nestlé prendra-t-elle vraiment le leadership ou se contentera-t-elle de protéger un modèle d’affaires dépassé et destructeur qui a des conséquences négatives pour nous toutes et tous ?

Greenpeace continuera à faire pression pour que vous preniez vos responsabilités dans le changement de système complet qui est nécessaire, que vous investissiez dans l’innovation et montriez la voie vers un avenir plus juste et plus durable.

Le monde vous regarde.

 

Discours prononcé par Jennifer Morgan (directrice exécutive de Greenpeace International) à la 152ème Assemblée Générale des actionnaires de Nestlé.

Lausanne, le 11 avril 2019

Article Source : Greenpeace Suisse