magazine / mars 2012

Facebook vire au vert

Action devant les bâtiments Facebook à Dublin.

Action devant les bâtiments Facebook à Dublin.

Kim Haughton

VICTOIRE - La bonne nouvelle tombe le 15 décembre dernier : Facebook annonce sa décision d'alimenter son centre de données de l'Oregon, dans l'Ouest des Etats-Unis, grâce aux énergies renouvelables. Retour en arrière sur cette incroyable victoire.

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Il était une fois, dans l'Oregon...
L'Oregon... C'est là, dans un gigantesque complexe de Prineville, que Facebook choisit, en janvier 2010, d'installer son centre de données. Ce centre stocke les millions de photos et de vidéos que s'échangent tous les mois pas moins de 840 millions d'utilisateurs Facebook. Très vite, Greenpeace reproche à Mark Zuckerberg, président de Facebook, de ne pas assez se soucier de la provenance de son électricité. Et pour cause : le centre devait à l'origine être alimenté par des centrales au charbon.

Aujourd'hui, Facebook a rejoint la [R]évolution énergétique... On aime !

Se passer le mot

Dès le mois de février 2010, Greenpeace réagit en créant sur Facebook un groupe We want Facebook to use 100% renewable energy. Au fil des mois, le groupe s'étoffe, jusqu'à atteindre près de 700.000 membres. D'ailleurs, c'est la mobilisation tous azimuts qui enfle, aux quatre coins du monde, avec des milliers de personnes postant directement sur Facebook des messages à Mark Zuckerberg pour lui demander de verdir le réseau social qu'elles affectionnent tant.

En septembre 2010, à quelques jours de la sortie en salle du film « The Social Network », qui retrace le parcours de Mark Zuckerberg et les étapes de la création de Facebook, Greenpeace lance sa propre version du film : « The So Coal Network », qui met en avant liens qui unissent Facebook et le charbon. 

Ingrédients pour faire plier Facebook

  • 20 mois de mobilisation et de négociation ;
  • des actions sur le terrain en Inde, en Italie, au Texas, en Suède, en Irlande, menées par des bénévoles de Greenpeace, des étudiants... ;
  • 700.0000 sympathisants en ligne ;
  • un record mondial du plus grand nombre de commentaires en 24 h sur une page Facebook ;
  • un rapport scientifique de Greenpeace mettant en avant les choix énergétiques du secteur de l'IT.

A la même époque, Kumi Naidoo, directeur général de Greenpeace International, interpelle Mark Zuckerberg dans une lettre, arguant de la nécessité pour l’entreprise, qui connecte des millions de gens, d’avoir un comportement exemplaire : « Aucun chef d’une entreprise mondiale, et surtout pas celui qui arrive à connecter autant de personnes chaque jour, ne peut nier qu’aujourd’hui, c’est à la fois une menace pour la réputation de l’entreprise et un risque pour sa santé financière que d’ignorer les impacts environnementaux de ses activités. » 

 

Nouveau record mondial

En avril, c'est bingo avec l'établissement d'un nouveau record mondial du plus grand nombre de commentaires (80.000 !) affichés en 24 heures sur une page Facebook. Tous lui demandent d’adopter une attitude plus respectueuse de l'environnement. Et cela, dans 11 langues. 

C'est de la détermination sans faille d'un groupe de citoyens qu'est née cette extraordinaire mobilisation internationale. Mobilisation qui a d'ailleurs fini par porter ses fruits en décembre dernier avec la décision de Facebook de virer au vert. Cette campagne montre une nouvelle fois qu'ensemble, nous pouvons agir et faire la différence. Que l'heure de la mobilisation citoyenne a sonné.