magazine / octobre 2012

Amazonie : nouveau pas en avant

L'Amazonie, des paysages à couper le souffle.

L'Amazonie, des paysages à couper le souffle.

© Greenpeace / Daniel Beltrá

Cap sur le Maranhao, l’un des Etats de la région de Carajas, au nord-est du Brésil. C’est là que, au mois d’août dernier, Greenpeace a remporté une belle victoire : désormais, la fabrication de « fonte brute » ne devrait plus être synonyme de déforestation.

L’histoire commence par la publication, au mois de mai, d'un rapport réalisé au terme de deux années d'investigations en Amazonie. Il révèle un scandale qui démarre au cœur de la forêt et qui se termine dans les showrooms de voitures, en passant par la fonte brute et le charbon de bois !

Quid de la fonte brute ?

La fonte brute est un matériau produit au cœur de l'Amazonie puis exporté principalement vers les Etats-Unis où il sert à la production d'acier nécessaire à la fabrication de voitures. Sa fabrication passe par plusieurs étapes.

Première étape : des hommes peu scrupuleux rasent illégalement les arbres et les transportent vers des camps pour être transformés en charbon de bois.

Deuxième étape : le charbon est utilisé comme combustible pour transformer en fonte brute le minerai de fer extrait de la 2ème plus grande mine de fer au monde, appartenant à la compagnie Vale et située à quelques kilomètres de là.

Troisième étape : 90% de la fonte brute prend le chemin des Etats-Unis.

Conditions inhumaines

Chez nous, le charbon de bois évoque les barbecues. Au Brésil, il est majoritairement utilisé pour la production de fonte brute et d'acier. Les camps où le bois est transformé en charbon de bois fleurissent dans le nord-est de l'Amazonie. En les apercevant, on a l'impression de remonter le temps tant ces camps dégagent de la fumée émise lorsque le bois est brûlé pour être transformé en charbon. Les conditions de travail sont difficiles. Un ouvrier témoigne : « Je dors sous tente, à même le sol. Je me suis arrangé avec le chef pour quitter le camp tous les 30 jours mais il m'a dit que c'était à moi de payer le trajet. Je n'ai toujours pas reçu de salaire. Je travaille tous les jours, même les dimanches lorsque le rendement de la semaine a été insuffisant. » 

De l'action à la victoire

Nos collègues de Greenpeace Brésil organisent une action audacieuse : ils bloquent un cargo, le Clipper Hope, en s’attachant à la chaîne de l’ancre. Ce paquebot avait jeté l'ancre à l'embouchure du fleuve Amazone à Sao Luis, capitale de l'Etat du Maranhao, et s'apprêtait à remplir ses cales avec de la fonte brute avant de remettre le cap sur les Etats-Unis. Suite à cette action qui aura paralysé le bateau pendant plus de dix jours, le vice-gouverneur de l'Etat du Maranhao invite l'industrie de la fonte brute et la société civile à se mettre autour de la table. Une initiative qui portera ses fruits : les sept fabricants de fonte brute de la région signent un accord dans lequel ils s’engagent à éliminer de leur chaîne d'approvisionnement tout produit issu de la déforestation, de l'invasion de terres indigènes et d'esclavage. Une véritable bouffée d'oxygène pour la forêt et ses habitants !

Cet accord montre aussi que de plus en plus d'entreprises reconnaissent la nécessité de mettre un terme à la déforestation. Un pas de plus vers notre objectif « Zéro Déforestation » en 2015 ? Oui, même si le travail ne manque pas :  Greenpeace œuvre aujourd’hui pour obtenir un engagement similaire dans d'autres Etats brésiliens comme celui de Para. Et bien sûr, nous continuons à mener campagne pour éviter que l'Amazonie ne soit encore davantage sacrifiée au profit de vastes plantations de soja et de pâtures.

Découvrez en direct l'action menée contre le navire Clipper Hope (en anglais).