magazine / juin 2013

Indignez-vous !

Edith : "Nous courons droit à la catastrophe. Je pense notamment à la problématique des abeilles..."

Edith : "Nous courons droit à la catastrophe. Je pense notamment à la problématique des abeilles..."

Tim Dirven

Edith, l'une de nos fidèles sympathisantes, a 80 ans. Elle jette un regard critique sur le monde d'hier et d'aujourd'hui.

Vous avez 80 ans. Quel événement vous a pour la première fois fait prendre conscience de la nécessité de protéger l’environnement ?

Cela remonte aux années 1960, lorsqu’on a décidé de faire de l’énergie au départ du nucléaire. La guerre était encore bien présente dans ma mémoire, avec notamment le largage de la bombe atomique. On connaissait déjà très bien à l’époque les risques liés à l’atome. J’ai senti à ce moment-là que le bon sens n’existait plus. Il y a aussi eu le hasard de certaines rencontres, qui m’ont permis de prendre conscience de la nécessité de protéger l’environnement. J’avais une trentaine d’années à ce moment-là.

Cette prise de conscience était-elle déjà présente autour de vous ou aviez-vous l’impression d’être un peu isolée ?

C’était le début des grandes manifestations anti-nucléaires. Les gens descendaient dans la rue. Mais pour le reste, je pense qu’ils se souciaient peu – ou pas – de l’environnement.

« Je suis une fervente adepte du web »

Cette prise de conscience s’est-elle traduite en des actes concrets ?

Non, pas vraiment, pour la simple et bonne raison que j’ai toujours mené une vie assez simple. Je n’avais de ce fait pas grand-chose à changer ! Par contre, j’ai changé dans ma façon de penser. Et plus tard, je suis devenue sympathisante de Greenpeace. C’était dans les années 1990.

En 80 ans, avez-vous vu le monde changer autour de vous ?

Je trouve que nous courons droit à la catastrophe. Je pense aux abeilles. Elles sont détruites par les substances toxiques. Or, nous avons besoin des abeilles, elles sont en quelque sorte les gardiennes de nos ressources alimentaires. Cette histoire est pour moi une autre preuve que le bon sens n’existe plus. Il y a bien sûr aussi la disparition des poissons par la pêche intensive, les changements climatiques et les organismes génétiquement modifiés. Les paysans sont obligés de s’endetter pour acheter les semences OGM ! Pour moi, en tant qu'éco-féministe, la consommation infinie, c’est un mythe.

Edith Rubinstein

Nom :

Edith Rubinstein

Age :

80 ans

Profession :

retraitée

Hobbys :

l'éco-féminisme

Et les gens autour de vous, ont-ils changé selon vous ?

Mon sentiment est partagé : les gens sont davantage mobilisés mais en même temps, j’ai l’impression qu’ils ne maîtrisent plus les dossiers environnementaux. Pour moi, cela est dû en partie au fait que les médias, du moins certains d’entre eux, développent de moins en moins de dossiers de fond. Et puis, je vois comment les choses se passent dans la famille de mon fils, qui a 50 ans. L’environnement reste important, mais les valeurs ont changé. Les questions financières prennent de plus en plus d’importance et cela peut tout à fait se comprendre. Je pense que cette situation est révélatrice de ce qui se passe dans de nombreuses familles. J’ai l’impression que lorsque j’avais l’âge de mon fils, les valeurs étaient plus profondes.

Lisez-vous souvent ce magazine ?

Je suis surtout une fervente adepte du web ! Je m’informe énormément en ligne. Et bien sûr, cela me permet de signer de temps à autre les pétitions que Greenpeace envoie !

Beaucoup de sympathisants plus jeunes que vous lisent ce magazine. Que souhaiteriez-vous leur dire ?

Allez-y et surtout, indignez-vous !