magazine / juin 2013

Le gouvernement traduit en justice !

Eloi Glorieux : rouvrir des réacteurs fissurés est inadmissible !

Eloi Glorieux : rouvrir des réacteurs fissurés est inadmissible !

Tim Dirven

Notre gouvernement a donné son feu vert, mi-mai, pour la rouverture des réacteurs fissurés de Doel 3 et de Tihange 2. C'est la goutte qui a fait déborder le vase et qui a incité Greenpeace à traduire le gouvernement en justice.

Eloi Glorieux : "La Belgique figure parmi les pays les plus nucléarisés au monde. Elle compte pas moins de 21 réacteurs nucléaires à l’intérieur et/ou à proximité de ses frontières. Tous sont situés à proximité de grands centres urbains.

On pourrait logiquement penser que notre gouvernement a tout prévu pour protéger au mieux sa population contre « l’impensable », à savoir une catastrophe nucléaire. La réalité est tout autre. Les plans d’intervention et d’urgence nucléaires existants sont dépassés et n’offrent aucune réponse satisfaisante à l’évacuation, l’accueil et le relogement des centaines de milliers de familles vivant à proximité des centrales nucléaires.

D’aucune façon le gouvernement n’a tiré les leçons de l’expérience dramatique de Fukushima. Et pourtant, il est bien difficile de continuer à se cacher derrière le mirage d’une catastrophe nucléaire impensable dans une centrale de type occidental. L’Institut allemand Max Planck estime que la probabilité d’une catastrophe nucléaire est 200 fois supérieure aux estimations faites avant Fukushima. Une catastrophe pourrait survenir tous les 10 à 20 ans et ce, vu le nombre de réacteurs nucléaires existants actuellement au monde.

Et malgré ces chiffres, les plans d’urgence dans notre pays laissent totalement à désirer. Pour répondre à cette négligence coupable, Greenpeace a mis, en avril dernier, le gouvernement belge en demeure. Motif ? Négligence vis-à-vis de la population.

Nous avions d'ailleurs lancé un avertissement au gouvernement : si vous ne rectifiez pas rapidement le tir ou pire, si vous prenez des mesures pour encore augmenter le risque d’accident nucléaire – en décidant par exemple de redémarrer les réacteurs fissurés de Doel 3 et de Tihange 2  – nous n'hésiterons pas à vous poursuivre en justice..."

 

DERNIERES ACTUALITES

Les plans d'urgence nucléaire n'ont pas été peaufinés. Ce n'est pas tout...

Le 17 mai dernier, l’AFCN, l’agence fédérale de contrôle nucléaire, remettait au gouvernement ses conclusions finales et recommandations concernant Tihange 2 et Doel 3. Sur base de ces documents, le gouvernement a donné le feu vert au redémarrage des deux réacteurs. Pour Greenpeace, cette décision est totalement injustifiée. Car après plus d’un an d’études, de tests et d’évaluations, il n’y a aucun consensus scientifique quant à la question de savoir s’il est pertinent ou non de rouvrir les réacteurs en question. Contrairement à l'avis de l'AFCN, d'autres experts de renom ont ouvertement plaidé pour la fermeture définitive des réacteurs fissurés. Dans une telle situation, le gouvernement n'aurait dû prendre aucun risque : il aurait dû donner la priorité à la sécurité de la population et donc, fermer les réacteurs défaillants.

Pour toutes ces raisons, Greenpeace poursuit aujourd'hui le gouvernement en justice. Nous demandons au juge de contraindre le gouvernement à actualiser les plans d'urgence nucléaire, en tenant compte des leçons de Fukushima.