magazine / septembre 2013

Cap sur le Nord!

Action à l'encontre du géant russe du pétrole, Rosneft, en mer de Barents

Action à l'encontre du géant russe du pétrole, Rosneft, en mer de Barents

Rose/Greenpeace

Birgitte Lesanner, 37 ans, chapeaute le service Communication de Greenpeace Nordic. Rencontre.

Agissez ! en faveur de l'Arctique

Comment fonctionne Greenpeace Nordic ?

Nous avons des bureaux en Norvège, en Finlande, au Danemark et en Suède. Pour tous ces bureaux, nous avons un seul directeur général, un seul directeur financier, un seul département IT… Les responsables de campagne sont par contre présents dans tous les pays, même s’il n’y a qu’un seul coordinateur par campagne. Le coordinateur « Arctique » est en Finlande alors que son homologue « Climat » est en Suède. Pour ma part, je chapeaute la cellule « Communication » depuis le Danemark. Bien sûr, cela demande des efforts importants, il faut notamment se concerter très régulièrement…

Birgitte Lesanner

Nom :

Birgitte Lesanner

Age :

37 ans

Profession :

responsable Communication de Greenpeace Nordic

Cette structure a-t-elle fait ses preuves ?

Oui, elle  nous permet de faire des économies importantes et donc, d’injecter davantage de fonds dans nos campagnes. C’est avant tout un choix logique aussi, nos pays ont énormément de points communs : nous pouvons unir nos efforts pour la protection de l’Arctique ; combattre la surpêche qui sévit dans les mers et océans qui nous entourent ;  la Finlande et la Suède peuvent unir leurs efforts pour combattre le nucléaire… Et bien sûr, nous travaillons au Groenland et en Islande lorsque l’urgence environnementale nous l’impose.

Quelles sont les principales problématiques environnementales dans vos contrées ?

Clairement l’Arctique ! Cette région est soumise à très rude épreuve en raison des changements climatiques. 75% de la banquise a déjà disparu. C’est un énorme problème pour toute la vie sur place, qu’il s’agisse des espèces animales et des populations locales.
Un autre problème important est celui de notre addiction aux combustibles fossiles. Le Danemark et la Norvège sont des pays qui exploitent quantités de pétrole, de la mer du Nord principalement.  La Suède et la Finlande ont quant à elles jeté leur dévolu sur l’énergie nucléaire et projettent la construction de nouvelles centrales.

Vous êtes aux portes de l’Arctique, cela influence-t-il votre approche du problème ?

Oui, nous sommes essentiellement actifs au Groenland, même si nous n’avons pas de bureau sur place. Avec 56.000 habitants, c’est le pays le moins densément peuplé au monde ! Cela explique peut-être le fait qu’au Groenland, ce sont les mêmes responsables politiques qui s’occupent à la fois d’attirer l’industrie pétrolière et d’élaborer les législations environnementales. Cela ne tient simplement pas la route et nous sommes parvenus à ce que le gouvernement scinde ces deux fonctions. Espérons que cela compliquera la tâche des compagnies pétrolières comme Shell qui, si elles ne procèdent pas à des forages pétroliers pour l’instant, sont déjà en train de préparer le terrain !
En Norvège, en Finlande, en Suède et au Danemark, nous faisons un travail de lobby important puisque nous représentons quatre des huit Etats membres du Conseil de l’Arctique, un organe qui œuvre à une meilleure protection de l’environnement au pôle Nord. Pour le reste, notre travail est plus comparable à celui qui se fait en Belgique par exemple. Nous sensibilisons les citoyens et agissons à l’encontre des compagnies pétrolières.

Notre priorité ? Préserver l'Arctique !

Comment Greenpeace est-elle perçue par la population nordique ?

Très bien ! Nous sommes d’ailleurs l’ONG la plus connue de la région. Il ressort d’un sondage récent que 50 % de la population serait prête à nous soutenir. Plus de 80% est favorable au développement des énergies renouvelables, à la création de réserves marines, à la sauvegarde des forêts… Nous comptons aujourd’hui 150.000 donateurs. C’est une bonne chose d’autant plus que ces personnes nous soutiennent souvent de longue date et que bon nombre d’entre elles contribuent directement à nos campagnes, en signant nos pétitions par exemple. Mais il est sûr que nous comptons accroitre le nombre de nos donateurs à l’avenir ! Soyons clairs, pour réclamer des changements en profondeur, il est essentiel que nos revendications soient soutenues et défendues par un nombre important de citoyens. Revenons-en un instant à la question du nucléaire en Suède. Il n’y a pas très longtemps, les Suédois étaient plutôt favorables à cette source d’énergie. Il était difficile de mener campagne sans le soutien massif de la population. Aujourd’hui, la donne a changé et nombreux sont les Suédois qui estiment que le nucléaire est dangereux. Ce revirement sera tout bénéfice pour nos campagnes…