magazine / septembre 2013

Pour une pêche respectueuse

La réforme de la pêche sera tout bénéfice pour ces pêcheurs artisanaux de Sicile.

La réforme de la pêche sera tout bénéfice pour ces pêcheurs artisanaux de Sicile.

Greenpeace/Moscia

L'Europe est déterminée à rétablir la santé des océans. A la fin du mois de mai, les instances européennes se sont effectivement accordées sur une politique commune de la pêche. Une réforme qui devrait entrer en vigueur l'année prochaine et favoriser une pêche plus durable.

La décision d'assainir nos mers correspond avec une tournée organisée par Greenpeace en mai dernier dans les principaux ports européens.

La présidence irlandaise de l'Union européenne en avait fait l'une de ses priorités : elle tenait à céder le témoin à la Lituanie en ayant conclu un accord sur une politique commune de la pêche. Objectif atteint à la fin du mois de mai lorsque gouvernements, Commission et Parlement européens ont trouvé le compromis espéré. Une avancée significative qui vise à rapidement reconstituer la présence poissonnière au sein des eaux européennes, même si - et c'est un bémol - aucune date butoir n'a été fixée pour atteindre des niveaux de stock durables.

« Il s’agit d’un compromis entre la position forte et progressive du Parlement européen et l’engagement beaucoup plus faible que les ministres de la pêche désiraient consentir. Mais, dans l’ensemble, les nouvelles règles définies sont synonymes de réels progrès », commente Saskia Richartz, experte politique pour la pêche au sein de la cellule européenne de Greenpeace.

Principaux axes de la réforme

Les nouvelles règles visent prioritairement à mettre un terme à la surpêche en Union européenne : aujourd'hui, 80% des stocks de poissons en Méditerranée et 47% des stocks de l'Atlantique font l'objet d'une surpêche. Des quotas de pêche durable, tenant compte de critères environnementaux, sociaux et économiques devront donc être établis par les Etats membres, et ce à partir de 2015.

Autre axe important, l'interdiction des rejets en mer, qui représentent près d'un quart des captures de l'Union européenne. Ces poissons remis à l'eau en raison de leur espèce ou de leur taille ne survivent généralement pas. Un terrible gaspillage que les membres de l'UE devront éviter en obligeant les pêcheurs à débarquer au moins 95 % de leurs prises, selon des dates spécifiques pour les différents types de pêche. Même si elles sont non-commercialisables, les espèces seront par conséquent bel et bien ramenées à quai pour être utilisées à d'autres fins que la consommation humaine, en farine animale par exemple.

 

Le combat n'est certainement pas terminé

« A travers ces mesures, l’Union européenne a indéniablement fait un pas de plus vers la fin de la surpêche. Les gouvernements vont pouvoir accorder des mesures incitatives aux pêcheurs qui délaissent les pratiques destructrices comme le chalutage de fond pour favoriser les techniques plus sélectives et plus respectueuses de l'environnement », ajoute Saskia Richartz qui, en compagnie des sympathisants de Greenpeace, d'autres ONG et de pêcheurs, a maintenu la pression durant quatre ans pour que cette réforme voie le jour. «Deux ans de négociations politiques à Bruxelles ont été nécessaires. Espérons que cette série de modifications pousse les gouvernements à se montrer plus sensibles à la protection des poissons et de leur environnement. Mais aussi à renforcer les règles qui régissent les activités des pêcheurs et des bateaux de pêche.»

La lutte pour une pêche durable se poursuit !

La situation évolue dans le bon sens mais le travail n'est pas terminé pour autant : reste à confirmer l'accord politique et à résoudre quelques détails techniques pour assurer l'entrée en vigueur de la réforme l'an prochain. C'est désormais la présidence lituanienne qui sera chargée de poursuivre cette dynamique favorable aux océans d'ici le 1er janvier 2014. L’État balte a, à l'image de son prédécesseur irlandais, réservé une place de choix dans son agenda à la ratification d'un accord final pour la nouvelle politique commune de la pêche. « Les règles sont là mais il ne s'agit certainement pas d'une fin en soi, conclut Saskia Richartz. Nous allons dorénavant tout mettre en œuvre pour que les gouvernements respectent leurs engagements. La lutte pour une pêche durable se poursuit ! » Le consommateur, qui se verra proposer des produits de qualité dans le respect de l'environnement, peut déjà se réjouir...