magazine / novembre 2013

A quand une véritable politique énergétique?

La Belgique doit faire la part belle aux énergies renouvelables

La Belgique doit faire la part belle aux énergies renouvelables

Greenpeace

Si certains de nos voisins ont les idées claires au moment d’évoquer l’avenir de leur politique énergétique, chez nous, le flou est total… ou presque. Voyez plutôt.

Passez à l'électricité verte


En matière énergétique, il n’est pas nécessaire d’"avaler" les kilomètres pour trouver de bons élèves. L’Allemagne prend ses responsabilités. D’ici 2022, le pays vise à fermer son parc nucléaire, composé de 17 réacteurs. Avec des solutions très concrètes pour compenser les 22% de la demande énergétique actuellement satisfaits par le nucléaire : le développement des énergies alternatives et la diminution de la consommation.

Eh oui, Outre-Rhin, on table plus que jamais sur le renouvelable, l’efficacité énergétique et… les coopératives énergétiques, qui permettent aux citoyens de participer à la production d’énergies renouvelables. Le marché de l'électricité allemand propose un tout autre visage puisque 40% de la production renouvelable y est détenue par des particuliers ! De plus, 160 régions ou villes du pays visent à devenir «100% renouvelable».

Que les éoliennes tournent aux Pays-Bas

Après six mois de pourpalers, les Pays-Bas ont conclu un accord sur un approvisionnement énergétique plus « propre ». Objectif : tendre vers une production d’énergie durable de 16% en 2023, contre 4% à peine aujourd’hui. Comment ? En revoyant le mix énergétique, au profit, notamment, de l’éolien. A elles seules, les éoliennes à terre devraient permettre d’alimenter en énergie l’ensemble des ménages néerlandais. De beaux chantiers en perspective, avec de nouveaux emplois à la clé ! Les cinq centrales au charbon les plus polluantes du pays cesseront quant à elles leurs activités d’ici 2017. Soyons clairs, si tout n’est pas rose dans les décisions prises par les Néerlandais, aux moins disposent-ils d’un vrai plan concerté pour l’avenir énergétique de leur pays…

Quid de la Belgique ?

Et chez nous alors ? C’est là que les choses se corsent. Notre pays dispose bel et bien d’une série de plans régionaux mais lorsqu’il s’agit de définir son approvisionnement énergétique en tenant compte de la fermeture annoncée des centrales nucléaires, la Belgique manque cruellement de vision nationale.

La loi de sortie du nucléaire prévoit l’arrêt, d’ici 2025, des sept réacteurs nucléaires du pays, qui totalisent près de 60% de la production électrique. Autrement dit : deux réacteurs (Doel 1 et 2) fermeront en 2015 alors que les cinq autres, répartis sur Doel et Tihange, seront arrêtés entre 2022 et 2025. Il faudrait donc prévoir, dès aujourd'hui, le remplacement de 1.000 MW de capacité de production électrique d’ici 2015 et 6.000 autres MW d’ici 2025.

Le gouvernement fédéral développe en ce moment un plan pour les 1.000 premiers MW. Ce « plan Wathelet », qui devrait être voté d’ici la fin de l’année, vise à garantir notre approvisionnement électrique jusqu’en 2017, c’est-à-dire après la fermeture des deux premiers réacteurs. Il prévoit notamment l’octroi de subventions à de nouvelles capacités au gaz et un soutien aux capacités au gaz existantes.

Après 2017, c’est le flou !

Mais qu’en est-il pour la période allant de 2017 à 2025 ? La Belgique ne devrait-elle pas déjà avoir défini un paquet de mesures visant à compenser progressivement la fermeture des cinq autres réacteurs nucléaires ? Malheureusement, nous n’en savons encore rien.

Ne pas agir, c’est jouer à la roulette russe...

Pour Greenpeace, il est urgent de se mettre autour de la table afin de développer une vision de la politique énergétique couvrant cette période post-2017. Il est essentiel que ce plan fasse, enfin, la part belle à l’efficacité énergétique qui a été systématiquement ignorée ou minimisée dans ce fameux « plan Wathelet ». Un potentiel gigantesque, qui ne nuit pas à la qualité de vie, est à exploiter. Qu’attend-on ?

Et bien sûr, pas question d’oublier les énergies renouvelables : tout ce qu’on sait pour l’instant, c’est que la Belgique s’est engagée à respecter un objectif de 13% de consommation d’énergie renouvelable d’ici 2020. Mais qui fera quoi, on ne le sait pas. Pour la petite histoire, un sondage mettait dernièrement en lumière que 95% des francophones en Belgique sont favorables au renouvelable…

Ne pas agir équivaut à se mettre la tête dans le sable. C’est aussi esquiver la recherche de vraies solutions pour compenser la fermeture de nos centrales nucléaires vieillissantes.