Mer du Nord

Page - 19 novembre, 2009
La mer du Nord est l’un des écosystèmes les plus productifs au monde. Cette mer ne représente que 0,002% de la surface marine de la planète, mais environ 4% des poissons pêchés dans le monde proviennent de la Mer du Nord.

De nombreuses populations de poissons diminuent de façon inquiétante. Certaines espèces, de grande taille et à longue durée de vie, sont aujourd'hui menacées de disparition à cause de la surpêche.

La mer du Nord est une mer bordière peu profonde de l'Océan atlantique. Auparavant, un cinquième de sa superficie se composait de vastes bancs d'huîtres qui filtraient l'eau. Elle héberge de très nombreuses espèces animales, comme les éponges, les oursins, les crustacés, les marsouins, les dauphins à bec blanc.

La majorité de l'année, quelque dix millions d'oiseaux marins y vivent, comme les macareux moines, les guillemots de Troïl, les fous de Bassan. Environ 230 espèces de poissons vivent en mer du Nord.

Poisson menacé

Après la Seconde Guerre Mondiale, la pêche a considérablement augmenté. L'introduction de nouvelles technologies, d'appareillages de pêche plus grands et plus efficaces, de techniques de détection très efficientes des poissons et de bateaux de pêche plus nombreux et plus grands a entraîné une surpêche massive.

De nombreuses populations de poissons diminuent de façon inquiétante. Certaines espèces, de grande  taille et à longue durée de vie,  sont aujourd'hui menacées de disparition à cause de la surpêche. La raie, par exemple, a quasiment disparu. Les chaluts de fond ont également ravagé le plancher maritime et les grands bancs d'huîtres ont disparu.

La situation est beaucoup plus grave que certains ne le pensent. Les scientifiques de l'International Council for the Exploration of the Seas (ICES) recommandent depuis 7 ans déjà de cesser totalement la pêche du cabillaud en mer du Nord. Seules des mesures drastiques peuvent donner à la population de cabillauds une chance de se restaurer. Mais le monde politique ne tient pas compte de ces avertissements, et ce n'est pas sans conséquence: le risque de voir s'effondrer les populations de poissons, et en conséquence l'industrie de la pêche également, est réel.

En mer du Nord, par exemple, les populations de cabillauds, d'églefins, de merlans, de plies et de soles ont été tellement surpêchées qu'elles approchent dangereusement du seuil du minimum biologique raisonnable. Parfois, ce seuil est même déjà atteint... Cela signifie que cette espèce ne sera bientôt plus capable de se maintenir.

Richesse perdue...

A cause des pratiques humaines polluantes et trop intensives, seule une infime partie de la richesse originale de la mer du Nord subsiste encore. Jusqu'au siècle passé, de grands esturgeons nageaient et frayaient dans les rivières. Les bancs de harengs, de cabillauds et de maquereaux étaient tellement abondants, que les pêcheurs écossais, avec leurs petits bateaux et filets, en capturaient chaque année 750 millions par espèce. Et jusqu'au milieu des années 1960, on trouvait encore des grands thons en mer du Nord.

Il est donc grand temps de reconnaître la menace qui pèse sur la mer du Nord et de lui permettre de se reconstituer. Si nous ne faisons rien, notre mer du Nord deviendra un désert sous-marin sans vie, dont les méduses seront les dernières habitantes.

Solutions

Les solutions pour contrer les menaces pesant sur la mer du Nord existent : réserves marines et gestion durable. Il n'est pas trop tard. Les réserves marines sont comparables aux parcs naturels à terre. Toute activité nuisible y est interdite, qu'il s'agisse de la pêche, de l'extraction de sable et de gravier... La vie marine y bénéficie alors de la tranquillité nécessaire pour se rétablir.

Greenpeace propose de donner à 40% de la mer du Nord le statut de réserve naturelle. Pour les 60% qui restent, il faut prévoir une gestion durable: moins de pêche et des alternatives aux méthodes de pêche destructrices.

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