L'UE balaye les obstacles à la révolution solaire, mais l'objectif pour les énergies renouvelables est loin d'être suffisant | Greenpeace Luxembourg

L'UE balaye les obstacles à la révolution solaire, mais l'objectif pour les énergies renouvelables est loin d'être suffisant

Communiqués de presse - juin 14, 2018
L'UE encourage une révolution solaire sur nos toits, mais les objectifs en matière d'énergies renouvelables sont insuffisants pour entreprendre une action climatique sérieuse.

Bruxelles, le 14 juin 2018 – D’après une déclaration de Greenpeace, les panneaux solaires pourraient bientôt couvrir des millions de toits en Europe, suite à l’accord conclu par l'UE mercredi dernier afin de faciliter la participation des ménages à la transition énergétique renouvelable.

Parallèlement, les gouvernements européens ont freiné les efforts du Parlement afin d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le système énergétique de l'UE, avec un réexamen de l'objectif en 2023, et ont rejeté d'importantes garanties contre les effets nocifs de la bioénergie et des biocarburants.  

Sebastian Mang, conseiller européen en matière de politique énergétique chez Greenpeace, a déclaré : "Cet accord reconnaît pour la première fois le droit des citoyens de participer à la révolution énergétique européenne et renverse de très grandes barrières face à la lutte contre le changement climatique. Il donne aux personnes et aux communautés un plus grand contrôle sur leur consommation d'énergie, leur permettant d'accélérer le développement des énergies renouvelables et de défier les géants de l'énergie à travers le continent. Mais un objectif en énergies renouvelables de 32% est bien trop bas et laisse aux compagnies d'électricité de la possibilité de s'accrocher aux combustibles fossiles et aux fausses solutions."  

Action à Luxembourg pour les énergies renouvelables

L'accord entre le Parlement européen et les gouvernements européens établit le droit des citoyens européens, des autorités locales, des petites entreprises et des coopératives à produire, consommer, stocker et vendre leur propre énergie renouvelable, sans être soumis à des taxes punitives ou des formalités administratives excessives. Il met fin aux sanctions que certains pays avaient introduites afin d’empêcher leurs citoyens de participer à la transition énergétique, à l’instar de l'obligation pour les citoyens roumains de créer une entité juridique et de  se plier aux exigences fiscales avant de pouvoir vendre au réseau l'énergie qu'ils produisent. Un autre exemple, la « taxe solaire » espagnole entrave la production d'énergie renouvelable à petite échelle avec des taxes élevées et des obstacles administratifs. Mettre fin aux mesures punitives était l'une des principales revendications du Parlement européen pendant des négociations avec les gouvernements européens.

Pour la première fois, le droit de l'UE reconnaît le rôle joué par les coopératives contrôlées démocratiquement dans la transition énergétique, facilitant ainsi la mise en place de projets d'énergie renouvelable à l’échelle citoyenne et instaurant des garanties pour les protéger des grandes entreprises. Selon une étude récente, les projets appartenant à des coopératives apportent huit fois plus de revenus à l'économie locale qu'un projet d'une grande société d'électricité.

Greenpeace prévient également que cet objectif minimal de 32% d'énergie renouvelable pour 2030 est dangereusement en dessous du palier nécessaire à la prévention d’un changement climatique catastrophique. L'accord permettra également aux pays et aux entreprises de continuer à étiqueter la bioénergie nocive en tant qu'énergie renouvelable, ouvrant la voie à l’usage intensif du bois et à la déforestation des forêts tropicales en faveur des cultures de biocarburants afin d’alimenter les centrales électriques, les usines et les voitures. Les négociateurs ont convenu de geler au niveau actuel l'utilisation des biocarburants qui nuisent considérablement à la biodiversité, comme l'huile de palme, de les éliminer graduellement d'ici 2030 et de mettre fin à l'obligation actuelle des pays de l'UE d'inclure les biocarburants agricoles dans leurs mélanges de transport.

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