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Le 13 juillet 2021, Kinshasa – Greenpeace Africa, la Rainforest Foundation UK et la Rainforest Foundation Norway s’inquiètent d’un plan annoncé par la ministre de l’Environnement de la République démocratique du Congo (RDC) Eve Bazaiba visant à lever l’interdiction des nouvelles concessions d’exploitation forestière dans la deuxième plus grande forêt tropicale du monde.

Le moratoire national, en vigueur depuis 2002 face au chaos généralisé dans l’industrie forestière, a été constamment violé. Sa levée permettrait cependant davantage une braderie massive du territoire national, mettrait en péril les communautés locales et exacerberait les crises climatiques et de biodiversité.

L’adoption du plan par le Conseil des ministres vendredi dernier fait suite à un mois de silence assourdissant du ministère de l’Environnement sur l’attribution illégale l’an dernier de 1,4 million d’hectares de concessions dites « de conservation » à des intérêts miniers. Au total, le prédécesseur de Mme Bazaiba, Claude Nyamugabo, a attribué plus de quatre millions d’hectares de concessions illégales – une superficie supérieure à environ quatre fois la ville de Kinshasa.

Irène Wabiwa Betoko, cheffe de la campagne Greenpeace Afrique pour la forêt du Bassin du Congo déclare: « L’effort de la ministre de déguiser la levée de l’interdiction en une mesure de ‘bonne gouvernance’ ne trompe personne. C’est un plan cynique qui ne ferait que céder encore plus du territoire de la RDC à des entreprises étrangères désireuses de saccager la forêt, ouvrant un nouveau boulevard aux forestiers.

« Avec le chaos actuel dans le secteur forestier et l’absence de planification de l’utilisation des terres, cette mesure est une menace à la fois pour les personnes et la nature. Au lieu d’éclairer de nouvelles voies de destruction, la RDC a besoin d’un plan de protection permanente de la forêt, y compris la gestion par les communautés qui y vivent et en dépendent », a poursuivi Mme Betoko.

Cette décision intervient alors que la RDC se prépare à soumettre sa contribution révisée déterminée au niveau national (CDN) à l’accord de Paris sur le climat et est engagée dans des négociations avec la communauté internationale sur un soutien financier pour protéger sa forêt.

Joe Eisen, directeur exécutif de la Rainforest Foundation UK, a déclaré : « Face à l’urgence climatique croissante et aux problèmes chroniques liés aux titres d’exploitation forestière existants en RDC, l’accent doit sûrement être mis sur la réduction de l’industrie, et non sur son expansion.

Pour Kévin Sasia, Directeur pays de la Rainforest Foundation Norway en RDC, “Enoncer la levée du moratoire comme un objectif en soit, sans en préciser ni les contours ni les modalités, est une approche qui nous interpelle. La levée du moratoire entraînera nécessairement des défis et des risques majeurs qui doivent être anticipés et contre lesquels le pays doit se prémunir pour son développement durable, pour la préservation de ses forêts intactes et pour garantir le bien-être de ses populations en sécurisant leurs terres et leurs ressources. En particulier, la conduite d’un aménagement du territoire cohérent avec les ambitions et objectifs du pays en matière climatique et de développement durable doit être un préalable absolu. A l’heure actuelle, une levée du moratoire est inenvisageable”.

Une levée du moratoire contredirait l’engagement  du président Félix Tshisekedi de réduire les émissions de gaz à effet de serre de la RDC de 17% et de restaurer sa couverture forestière à 63,5% d’ici 2030. Nous appelons à nouveau le président Tshisekedi à renforcer le décret présidentiel de 2005 prorogeant le moratoire.

FIN

La forêt du bassin du Congo :

La forêt du bassin du Congo abrite des millions de personnes et une des biodiversités les plus importantes au monde. La protection des forêts tropicales est un impératif des droits de l’homme et de l’environnement, ainsi qu’une priorité en matière de santé : le maintien des dernières forêts tropicales peut aider à prévenir les pandémies.

Contact pour interviews et plus d’information: 

  • Irène Wabiwa Betoko, Cheffe de la campagne Greenpeace Afrique pour la forêt du Bassin du Congo : + 243 976 756 102, [email protected]
  • Tal Harris, Coordinateur international de la communication Greenpeace Afrique , +221-785 36 62 70, [email protected] / [email protected]
  • Joe Eisen, Directeur exécutif de la Rainforest Foundation UK, +44 207 485 0193, [email protected]  

Kévin Sasia, Directeur pays de la Rainforest Foundation Norway en RDC, +24381 42 63 352, [email protected]nforest.no.