Dakar, 7 septembre. Greenpeace Afrique condamne l’ouverture d’une nouvelle usine de farine de poisson à Sandiara, la deuxième de l’année après celle de Cayar, et ce, malgré l’engagement du ministère chargé des pêches de ne plus accorder de nouvelles autorisations.

« L’usine de farine et d’huile de poisson dénommée BARNA est érigée dans une zone d’habitation avec des conséquences terribles sur la santé et le cadre de vie des populations. En effet, depuis que l’usine a commencé ses activités, une odeur nauséabonde empeste toute la commune et les localités environnantes et des maladies mystérieuses ont fait leur apparition au sein de la population, » dit Mor Mbengue du collectif Takhawou Cayar.

La principale contradiction relevée est que le Ministère chargé du secteur de la pêche a confirmé en juillet le gel de la délivrance d’agrément pour l’installation de nouvelles usines de farine de poisson au Sénégal. Pour rappel, ce gel fait partie des recommandations issues des concertations nationales sur les usines de farine et d’huile de poisson qu’il a lui-même organisées pour réglementer ce secteur. [1]

« Une gestion durable et des mesures de gestion courageuses devraient être prises par nos autorités pour permettre aux communautés de pêcheurs de continuer à vivre de leur profession» dit Meissa Ndaw, pêcheur basé à Mbour qui s’offusque à son tour de l’implantation de l’usine de farine de poisson de Sandiara dans un contexte marqué par la rareté des ressources de petits pélagiques. « Si l’implantation des usines de farine et d’huile de poisson se poursuit, beaucoup de métiers de la pêche artisanale vont disparaître d’ici quelques années », a-t-il ajouté.

Le secteur de la pêche sénégalaise fait face au cours de ces dernières années à une crise économique, sociale et environnementale sans précédent avec des conséquences désastreuses sur les pêcheurs, les mareyeurs et les femmes transformatrices.

En effet, nous assistons à une croissance incontrôlée du nombre d’usines de farine et d’huile de poisson au Sénégal et les campagnes de pêche à Cayar, Saint-Louis, Joal ou Kafountine, jadis fructueuses, deviennent laborieuses et moins rentables, au grand dam des pêcheurs et de leurs familles, de plus en plus gagnés par le désespoir.

L’une des principales causes de cette crise est sans doute liée à la mauvaise gestion des ressources halieutiques au Sénégal.

Greenpeace Afrique réaffirme son soutien aux communautés de pêcheurs et demande à l’Etat du Sénégal de :

  • Mettre en œuvre les recommandations issues de la concertation nationale sur les usines de farine et d’huile de poisson, notamment le gel des autorisations d’implantation de nouvelles usines au Sénégal ;
  • Interdire l’utilisation du poisson frais par les usines de farine et d’huile de poisson, et limiter leur production à l’utilisation des résidus issus des usines et sites de transformation des produits de la pêche;
  • Diligenter la signature du décret de reconnaissance des métiers de la transformation artisanale des produits de la pêche;
  • Publier la liste des navires autorisés à pêcher dans les eaux sénégalaises pour plus de transparence dans la gestion des ressources halieutiques.

[1] “Alioune Ndoye confirme le gel de l’installation de nouvelle usines de farine de poisson” 

FIN

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Dr Aliou BA
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