Kinshasa, le 18 septembre 2026 – Greenpeace Afrique et le Mouvement pour la Justice Climate (MJC)  publient aujourd’hui une lettre ouverte adressée au Président de la République démocratique du Congo (RDC), Son Excellence  Monsieur Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, l’appelant à prendre des mesures concrètes pour protéger l’intégrité du Couloir Vert Kivu-Kinshasa (CVKK) face à l’expansion de nouveaux  projets pétroliers, gaziers et miniers.

Cet appel  intervient à l’approche de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies et de Climate Week NYC, alors que la RDC s’apprête une nouvelle fois à défendre sur la scène internationale son ambition de « Pays-Solution » face aux crises climatique et environnementale. Pour Greenpeace Afrique, cette ambition doit se traduire par une cohérence entre les engagements internationaux du pays et leurs matérialisations effectives sur terrain.

Créé par le décret n°25/01 du 15 janvier 2025, le Couloir Vert Kivu-Kinshasa constitue l’une des initiatives phares de la RDC en matière de conservation et de développement durable. Pourtant, notre analyse publiée en juillet 2026 révèle une importante superposition entre cet espace destiné à la conservation et des activités extractives.

Les permis miniers couvrent ainsi 12,3 millions d’hectares, soit 23 % de la superficie du Couloir Vert, mettant selon l’analyse 3,4 millions d’hectares d’aires protégées à risque. Par ailleurs, 72 % du Couloir Vert est couvert par 28 blocs pétroliers. Cette pression concerne également des écosystèmes sensibles, notamment les forêts primaires, les tourbières, les forêts des communautés locales et les territoires traditionnels des Peuples Autochtones 

« Le Couloir Vert ne peut pas porter une ambition de conservation tout en restant exposé à l’expansion de nouveaux projets extractifs. La RDC a aujourd’hui une occasion historique de démontrer que son leadership climatique international se traduit également par des décisions fortes à l’intérieur du pays. Protéger le Couloir Vert, c’est protéger nos forêts, nos tourbières, la biodiversité et les droits des communautés qui en dépendent. » a déclaré le Professeur Georges Milumbu, Directeur Pays de Greenpeace Afrique en RDC

De l’ambition internationale aux décisions nationales

Dans sa lettre ouverte, Greenpeace Afrique appelle le Président  de la République, Félix Tshisekedi à instaurer un moratoire sur les nouveaux projets pétroliers, gaziers et miniers dans le Couloir Vert Kivu-Kinshasa.

Les organisations  demandent aussi d’exclure les activités extractives des forêts primaires, des tourbières, des aires protégées, des terres communautaires et des territoires traditionnels des Peuples Autochtones et communautés locales. Appellent  également  à une gouvernance inclusive garantissant leur participation effective, le respect de leurs droits fonciers et leur consentement libre, préalable et éclairé. Enfin, demandent  une cohérence entre les politiques de conservation de la RDC, ses engagements climatiques et de biodiversité, et les décisions relatives à l’exploitation des ressources naturelles.

« Il ne s’agit pas de remettre en cause l’ambition du Couloir Vert. Au contraire, nous voulons contribuer à lui donner toute la crédibilité qu’une initiative de cette importance mérite. Le Couloir Vert peut devenir un symbole mondial du leadership environnemental de la RDC, mais sa vocation doit être protégée contre les contradictions susceptibles de la compromettre. » poursuit Toussaint Molenge le Coordonnateur régional forêts et biodiversité.

À l’occasion des grands rendez-vous internationaux de septembre, Greenpeace Afrique et ses partenaires (MJC) appellent ainsi le Président de la République à porter un message sans ambiguïté : la vision du Couloir Vert Kivu-Kinshasa ne peut être compatible avec l’expansion de nouveaux projets extractifs.

FIN

Notes aux éditeurs :
La lettre ouverte de Greenpeace Afrique au Président de la République a été publiée le 18 septembre 2026. Elle fait suite à la note d’orientation rendue publique par Greenpeace Afrique en juillet 2026 sur les défis de gouvernance et la superposition des droits et usages au sein du Couloir Vert Kivu-Kinshasa.

Contact médias :

Raphael Mavambu, Communication & Storytelling Manager, [email protected], Greenpeace Afrique