Kinshasa, le 23 août 2019 – Suite au premier forum sur l’énergie électrique organisé en RDC du 20 au 22 août à Matadi, où le président de la République, Félix Tshisekedi, s’est montré préoccupé par l’avenir des forêts congolaises, Greenpeace Afrique rappelle que des travaux similaires sur le secteur de l’énergie ont été réalisés dans le passé, permettant au pays de se doter notamment d’un agenda d’action à l’horizon 2030, avec le soutien de plusieurs partenaires techniques et financiers de la RDC. Depuis lors, aucun changement ne s’est produit concrètement. Il est temps d’aller au delà des discours et de passer à des actions concrètes.

Greenpeace Afrique souligne également que la question énergétique, bien qu’importante, n’est pas la seule menace sur les forêts congolaises pour lesquelles le Président de la République doit prendre des mesures urgentes. 

Il est aussi important de souligner que les forêts congolaises sont exposées à l’exploitation industrielle illégale sous le regard impuissant de l’Etat et en complicité avec certains officiels. Depuis janvier 2009, plus de 20 contrats de concession forestière industrielle en RDC, couvrant plus de 4 millions d’hectares, sont nuls et non avenus, car leurs concessionnaires n’ont pas obtenu l’approbation de leur plan d’aménagement dans les délais légaux, ou n’ont jamais déposé des plans d’aménagement. D’autres encore sont attribués en violation du moratoire en place depuis 2002.

Près de 2 millions d’hectares des blocs pétroliers attribués à DIG Oil et à CoMiCo en RDC, soit la superficie de la Slovénie, chevauchent avec le plus grand complexe de tourbières tropicales au monde contenant quelques 30 milliards de tonnes de carbone – l’équivalent de près de 3 années d’émissions mondiales de CO₂. Ces blocs pétroliers menacent aussi l’intégrité physique du parc National de la Salonga, classé patrimoine mondial de l’UNESCO.

La protection des forêts congolaises et du grand complexe des tourbières nécessite des actions concrètes au sommet de l’Etat congolais car des milliers des congolais en dépendent pour leur survie et la planète entière pour sa stabilité climatique et son immense biodiversité qui doit être protégée. Il est grand temps que le Président de la République Félix Tshisekedi les inscrivent en top de ses priorités à exécuter au cours de son mandat.

Greenpeace Afrique réitère encore une fois de plus sa demande au président de la RDC, Félix Tshisekedi, d’annuler tous les blocs pétroliers de DIG Oil et de CoMiCo, afin de garantir les limites actuelles du parc de la Salonga et des Virunga, ainsi que de mettre fin à la corruption généralisée dans la gestion des ressources naturelles en RDC.

Contact :

Afy Malungu, Chargée de communication pour la campagne forêt du bassin du Congo, amalungu@greenpeace.org, +243 991 521 250