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Les océans de l'Afrique de l'Ouest

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Dakar, Sénégal, 08 Mars 2020 A l’occasion de la Journée internationale de la femme, les femmes activistes et militantes influentes du continent, et Greenpeace s’unissent au mouvement des femmes transformatrices de poisson en Afrique de l’Ouest. Les femmes transformatrices de poisson appellent les femmes du monde entier à se joindre à leur appel urgent pour la fermeture des usines de farine et d’huile de poisson qui menacent les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire de près de 40 millions de personnes en Afrique de l’Ouest [1].

« L’État doit forcer les usines de farine et d’huile de poisson à ne pas acheter du poisson destiné à être transformé pour l’aquaculture industrielle et l’alimentation du bétail. Ce poisson est indispensable pour ceux qui vivent au Sénégal et dans la région de l’Afrique de l’Ouest comme source de protéine et moyens de subsistance », a déclaré Fatou Samba, la présidente des femmes transformatrices de poisson du site de transformation Khelcom à Bargny, au Sénégal. Elle s’est efforcée de demander au gouvernement de mettre un terme à l’expansion des industries de la farine et de l’huile de poisson.

« Avec une communauté autour de 40 millions de personnes en Afrique de l’Ouest, les femmes transformatrices de poisson sont au premier rang de la lutte pour les droits fondamentaux comme l’accès à la nourriture, à l’emploi et aux ressources maritimes. Aujourd’hui, à l’occasion de la journée internationale de la femme, nous lançons un appel aux populations du monde entier pour qu’elles soutiennent nos efforts », a déclaré Diaba Diop, Présidente du groupement des femmes transformatrices du site de Thiaroye au Sénégal.

L’industrie de la farine et de l’huile de poisson, en pleine expansion en Afrique de l’Ouest, absorbe et traite d’énormes volumes de poisson frais, dont le produit fini est expédié en Europe et en Asie pour alimenter l’industrie de l’aquaculture, ainsi que la volaille, les porcs et même les animaux de compagnie. Le poisson est une source de protéines vitale pour les populations d’Afrique de l’Ouest et les usines de farine et d’huile de poisson perturbent cette importante source alimentaire. Il faut noter que la proportion de protéines provenant du poisson est extrêmement élevée au Sénégal [2].

« Avant l’usine de farine de poisson, nous nous en sortions très bien. Maintenant, nous n’avons plus de poisson. Nous travaillons dur, mais nous ne nous en sortons pas. Nous ne pouvons pas faire face  à une compétition aussi rude avec les usines de farine de poisson », a déclaré Maimouna Sabaly, transformatrice de poisson à Joal, au Sénégal.

La protection de la profession de transformatrices est importante au vu du rôle,  que ces femmes jouent dans l’éducation des enfants, la stabilité sociale des familles, la santé de la population, la sécurité alimentaire et la création d’emplois. Abdoulaye Ndiaye chargé de campagne à Greenpeace Afrique appelle donc le gouvernement sénégalais à cesser d’accorder des permis pour de nouvelles usines de farine de poisson et à prendre des mesures pour fermer les usines existantes.

Au cours de  ces dernières décennies, les stocks de poissons en Afrique de l’Ouest ont été surexploités [3]. Malgré cette situation, les gouvernements de la région ont favorisé l’implantation et le développement de l’industrie de la farine et de l’huile de poisson, qui privent les consommateurs du poisson, une situation qui entraîne la surpêche et une augmentation des prix du poisson sur les marchés locaux. Par conséquent, le poisson est devenu encore plus rare, et un grand nombre de femmes transformatrices de poisson commence à perdre leur emploi à cause de cette concurrence déloyale et intenable  avec cette industrie.

« La priorité des gouvernements et des autorités de la pêche d’ Afrique de l’Ouest ne devrait pas être l’industrie de la farine et de l’huile de poisson, mais la professionnalisation du sous secteur de la transformation artisanale du poisson. Il faudrait notamment introduire un statut professionnel et aider les femmes transformatrices de poisson à améliorer leurs produits afin d’obtenir un accès aux marchés les plus porteurs », a ajouté Diaba Diop Présidente des femmes transformatrices de Thiaroye.

Ces dernières années, les usines de farine et d’huile de poisson se sont développées dans tout le Sénégal, notamment dans les villes de Gandiole, Cayar, Mbour, Joal, Kafountine et autres. Selon les populations locales, ces usines sont à l’origine d’un grand nombre de problèmes environnementaux graves tels que la pollution maritime, la destruction des terres agricoles et des pâturages,  et sont également la source d’odeurs insupportables qui, selon les communautés locales vivant à proximité des usines, nuisent à leur santé.

« Il est temps pour les gouvernements d’Afrique de l’Ouest de mettre un terme aux usines de farine et d’huile de poisson qui absorbent d’énormes volumes de poissons frais mettant ainsi en danger la durabilité des stocks de poissons, la sécurité alimentaire et les emplois de millions de personnes dans la région », a conclu Abdoulaye  Ndiaye chargée de campagne à Greenpeace Afrique..

References:

[1]Globally, International Women’s Day is celebrating women all over the world. To celebrate and strengthen West African female fish processors in their fight against fishmeal and fish oil factories, Greenpeace launched a global act of solidarity and asked for the World to Stand 4 Women in West Africa.

[2] file:///Users/afr-sen-cmps02/Desktop/FAO%20consommation%20poisson.pdf

[3] https://www.odi.org/sites/odi.org.uk/files/resource-documents/10665.pdf

Contact  Media:

Tal Harris  International Communications Coordinator, Greenpeace Africa, Email: [email protected] , portable: +221 774643195
Abdoulaye NDIAYE  chargée de campagne à Greenpeace Afrique. Email: [email protected], portable:  +221 77 632 76 94