Être impliqué

Ces dernières semaines, nous avons vu les gouvernements mobiliser ressources et fonds publics pour lutter contre la pandémie de la COVID-19. Le rythme auquel ces changements se sont mis en place et l’approche collaborative qui a été adoptée pour tenter “d’aplanir la courbe” sont des signes encourageants qui montrent de quoi nos sociétés sont capables pour répondre à un enjeu de taille. 

Maintenant que la récession semble s’installer et que nos gouvernements en sont à parler de relance, de nombreuses voix se font entendre et proposent de garder ce même esprit de coopération et d’entraide afin de penser le monde de demain et de tracer une nouvelle voie : celle d’une relance juste et verte.

Une question s’impose donc : comment notre société de consommation, sa culture du jetable et ses tonnes de déchets plastiques à usage unique qui polluent chaque recoin de la planète, s’intègre-t-elle dans cet avenir? 

La réponse courte est que tout est à revoir.

Mettre fin au gaspillage 

Nous savons depuis longtemps maintenant qu’il nous faut mettre fin à notre dépendance aux combustibles fossiles. Cela ne concerne pas seulement le carburant que nous mettons dans nos voitures, ou l’électricité produites par des centrales au charbon qui génèrent des quantités astronomiques de gaz à effet de serre (GES). Il s’agit aussi des produits issus de la pétrochimie, dérivés du pétrole et du gaz, comme les engrais chimiques, et… les plastiques.

Pour nous émanciper des combustibles fossiles, du plastique et de notre économie linéaire basée sur un modèle extraction – production – consommation – création de déchets, nous connaissons les solutions : réduire et réutiliser. L’économie de demain se doit d’être véritablement circulaire et renouvelable. Nous avons besoin d’un nouveau mode de fonctionnement dans lequel ce que nous fabriquons et utilisons est conçu dans le respect des ressources et des limites de notre planète. Un système où la surconsommation et l’obsolescence programmée, génératrices de gaspillage et de déchets, n’ont plus lieu d’être. Une façon de faire où les modèles coopératifs et circulaires sont la norme, et où nous laissons à la nature le temps de se régénérer.

Pour atteindre cet idéal, nous allons devoir travailler ensemble, prioriser les êtres humains plutôt que le profit, la résilience des communautés plutôt que la croissance économique sans fin, les emplois respectueux de l’humain, de l’animal et de l’environnement plutôt que le statu quo destructeur.

Sept pistes de réflexion pour les gouvernements

Greenpeace a déjà commencé à réfléchir aux mesures clés sur lesquelles les gouvernements et les industries doivent s’entendre pour créer des plans de relance porteurs de changements positifs. Dans les jours et les semaines à venir, nous continuerons de nous pencher plus en profondeur sur ce qu’une relance juste et verte doit et devrait impliquer.

L’explosion récente de la demande de plastique à usage unique fait craindre un recul des mesures de réduction censées répondre à une autre crise de taille, celle de la pollution plastique.

Cette crise nous montre la nécessité d’accélérer la transition pour garantir un avenir sain, durable et juste, notamment en ce qui concerne nos modes de consommation. Nous proposons ici nos réflexions sur ce que les gouvernements et les entreprises devraient envisager alors que la crise sanitaire en cours nous force à faire une pause et à remettre en question le modèle établi :

  • Écouter la science, encourager la recherche sur les impacts de la pollution plastique sur la santé, et travailler avec les autorités sanitaires pour modifier et moderniser les réglementations concernant l’emballage et la distribution de produits de consommation courante.
  • Planifier la transition en priorisant les investissements dans la recherche et le développement de modèles axés sur le réutilisable, et en encourageant les initiatives zéro déchet qui ont le potentiel de créer des systèmes réellement circulaires d’offre de biens et de services.
  • Privilégier une relance verte en mettant fin aux incitations financières qui perpétuent un modèle de production linéaire, en cessant les subventions et les investissements à l’industrie pétrochimique et plastique, et en assurant une juste reconversion pour les travailleuses et travailleurs de cette industrie.
  • Développer une stratégie réellement circulaire à travers la mise en place d’un plan d’action concret visant à réduire puis éliminer tous les produits et emballages à usage unique non-essentiels, pour les remplacer par des modèles axés sur le réutilisable et la consigne. Ce plan doit également inclure des objectifs de réduction, accompagnés d’échéanciers, portant sur la production de plastique vierge, directement issue de l’exploitation pétrolière et gazière.
  • Interdire les exportations de déchets et de déchets recyclables vers les pays du Sud.
  • Rendre les entreprises responsables du cycle de vie complet de leurs produits et emballages, et de leurs opérations afin de stimuler l’innovation vers des modèles de distribution circulaires moins générateurs de déchets.

Que peuvent faire les entreprises?

Cette transition vers un nouveau système circulaire ne se fera pas du jour au lendemain et il sera bien sûr nécessaire d’améliorer l’efficacité de nos filières de recyclage afin de réduire le recours à l’enfouissement et à l’incinération. Néanmoins, pour faciliter ces transformations, les entreprises vont aussi avoir un grand rôle à jouer, en commençant par repenser complètement leur modèle: 

  • Réduire à la source : si la distribution ou la livraison de produits ou de services reposent uniquement sur l’usage d’emballages jetables, il est temps pour les entreprises d’innover et d’imaginer des systèmes alternatifs qui ne génèrent pas ou peu de déchets. 
  • Miser sur la consigne : le réutilisable tel qu’il est conçu par certaines entreprises repose en grande partie sur les consommatrices et consommateurs, comme le fait d’autoriser sa clientèle à apporter tasses, contenants ou sacs réutilisables. Cette mesure d’ouverture montre ses limites en ce moment en raison des risques présumés de contamination. Pourtant, il existe des modèles alternatifs qui permettent de garantir les mesures d’hygiène les plus strictes sans compromettre la santé. Pour en savoir plus sur ces modèles, cliquez ici.
  • Suivre la vague : la révolution du réutilisable et la transition vers une économie véritablement circulaire sont déjà en marche et la nécessité de réduire notre empreinte carbone doit s’appliquer à tous les niveaux. Plutôt que de bloquer le progrès, les entreprises peuvent avoir un impact réellement positif à l’échelle de leur communauté et collaborer à améliorer les modes de consommation en s’éloignant de la culture du jetable. En bref, faire passer la planète et les gens avant les profits.

Dans les mois à venir, nos classes dirigeantes, qu’elles soient politiques ou du monde de l’entreprise, auront un choix à faire. Profiteront-elles de ce moment pour reconnaître que notre système actuel ne bénéficie ni à nous ni à notre planète, particulièrement à la lumière de cette crise sanitaire et de la crise environnementale en cours? Sauront-elles discerner que le moment est venu de prendre un virage pour assurer un avenir et un environnement sain au plus grand nombre?

N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires, restez à l’écoute pour le prochain et dernier article de cette série sur la santé et le zéro-déchet, et d’ici là restez chez vous et en santé! <3

Note : votre meilleure source d’information pour protéger votre santé et celle des autres contre la COVID-19 reste les sources officielles, telles que ces ressources de sensibilisation à la santé publique du gouvernement du Canada.