
À Mbandaka, certaines réalités ne s’expliquent pas, elles se vivent. La forêt est partout. Dans les paysages, dans les moyens de subsistance, dans les équilibres fragiles qui structurent le quotidien. Et pourtant, cette même forêt est de plus en plus menacée.
Ces dernières semaines, j’ai vu une autre dynamique émerger. Une dynamique plus discrète, mais essentielle. Elle commence dans les écoles.Dans le cadre de la mini-campagne « Gardiens du Climat : la voix des enfants pour protéger la forêt du Bassin du Congo », nous avons organisé, avec les volontaires de Greenpeace Afrique, une session d’orientation à Mbandaka. Une trentaine d’enseignants et de membres du personnel administratif de trois écoles primaires — EDAP-ISP, Liziba et Bosawa — y ont participé.

Une étape clé pour ancrer le programme
Accueillie à l’école primaire EDAP-ISP, cette rencontre a permis de poser les bases du programme. L’objectif était clair : partager la vision, expliquer les activités et surtout clarifier le rôle des écoles. Mais très vite, la discussion a dépassé le cadre prévu. On ne parlait plus seulement de changement climatique ou de biodiversité comme de notions théoriques. Les enseignants ont évoqué ce qu’ils observent déjà : les saisons qui changent, les ressources qui se raréfient, les difficultés des familles.
À ce moment-là, une évidence s’est imposée : l’école a un rôle central à jouer.

Une jeunesse prête à agir
Prenant la parole au nom des volontaires, Jarrys Bosenge, leader du groupe local de Mbandaka, a rappelé le sens de cette initiative : « Nous croyons que la protection de la forêt du Bassin du Congo commence aussi dans les salles de classe. Former les enfants aujourd’hui, c’est protéger notre avenir commun demain. »
Il a aussi insisté sur le rôle des enseignants :
« Les enseignants sont des acteurs essentiels du changement. Avec leur accompagnement, les enfants peuvent devenir de véritables ambassadeurs de l’environnement dans leurs familles et leurs communautés. »
En l’écoutant, je me suis dit que c’était exactement cela. Ce programme ne repose pas seulement sur des activités. Il repose sur des relais humains.

Quand l’école s’approprie l’initiative
L’accueil de l’école hôte a confirmé cette dynamique. Monsieur Jean-Pierre Iyola, conseiller pédagogique primaire de l’EP EDAP-ISP, a exprimé son soutien à l’initiative : « Nous sommes honorés d’accueillir cette rencontre. L’école a pour mission de transmettre le savoir, mais aussi de former des citoyens responsables. »
Puis il a ajouté :
« Si nos élèves apprennent dès maintenant à protéger la nature, ils deviendront demain des leaders conscients et utiles à la société. »
Ces mots ont donné du poids à ce que nous étions en train de construire.
Les enfants comme porte-paroles de la forêt
Ce qui change avec cette initiative, c’est la place donnée aux élèves. Ils ne seront pas de simples bénéficiaires. Ils seront formés comme « Gardiens du Climat », capables de sensibiliser leurs camarades, leurs familles et leurs communautés.
Concrètement, le programme prévoit :
- l’encadrement de 25 Gardiens du Climat déjà identifiés ;
- la mise en place de champs-écoles ;
- des sessions éducatives interactives ;
- des activités pratiques sur l’environnement ;
- et la production d’un manifeste des enfants pour défendre la forêt du Bassin du Congo.
Ce sont des actions simples, mais qui peuvent créer un vrai changement si elles s’inscrivent dans la durée.
Une mobilisation qui part du terrain
Ce qui me semble important, en tant que volontaire, c’est que cette initiative est née ici. Elle est portée par des volontaires basés à Mbandaka, qui connaissent les réalités locales et les défis des communautés. Cela change la manière de travailler. On ne cherche pas à imposer une solution, mais à construire quelque chose qui a du sens pour les écoles et pour les enfants. En mobilisant enseignants et élèves, nous contribuons à faire émerger une génération plus consciente et plus engagée.
Et pour la suite ?
Cette première étape était importante. Mais le plus décisif commence maintenant.
Avec la clôture de cette phase d’orientation, le programme entre dans une nouvelle étape : celle des actions concrètes avec les élèves.
C’est là que tout va se jouer. Dans les classes. Sur le terrain. Dans la manière dont ces enfants vont s’approprier ces enjeux et les partager autour d’eux.
À Mbandaka, quelque chose de grand est en train de germer.
Car « Gardiens du Climat », c’est bien plus qu’un slogan. C’est un pari sur l’avenir. Et ce pari est déjà en marche.


